Zorro (Critique)

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Zor­ro au Théâtre des Var­iétés (DR)

Un spec­ta­cle d’Igor de Chail­lé et de Jean-Philippe Daguerre
Mise en scène de Jean-Claude Camors
Avec Alex Dis­di­er (Zorro/Don Diego), Pauline Cau­penne (Dolores), Jacopo Menicagli (Monas­to­rio), Yves Roux (Le Gou­verneur), Sal­va­tore Ingoglia (Ser­gent Gar­cia), Emi­lien Fab­rizio (Alvarez), Annick Cis­aruk (Dona Rosa), Antoine Guiraud (Bernar­do), Jacque­line Berces (Alba), Anto­nio Matias (Rodri­go el péon), Olivi­er Troy­on (Garde)

Trois ans après le Zor­ro musi­cal de Stage Enter­tain­ment aux Folies Bergère, le vengeur masqué reprend du ser­vice dans une pro­duc­tion plus mod­este, davan­tage des­tinée au jeune pub­lic. Con­traire­ment au précé­dent spec­ta­cle qui relatait la « nais­sance » du héros, met­tant en exer­gue la psy­cholo­gie des per­son­nages et le con­texte social, sont évo­qués ici tous les ingré­di­ents qui ont fait le suc­cès des adap­ta­tions à l’écran : le fidèle Bernar­do, le pataud ser­gent Gar­cia, le ter­ri­ble capo­ral et même Tor­na­do. De fait, le réc­it s’apparente à un épisode de la série culte et en reprend les péripéties : Zor­ro lutte con­tre le méchant, Zor­ro tente de con­quérir la belle Dolores, Zor­ro tente de s’échapper… Le spec­ta­cle est donc de fac­ture plutôt clas­sique, ne s’embarrassant guère de sec­ond degré mais offrant aux plus jeunes le Zor­ro qu’ils atten­dent. Pour ce faire, la troupe rem­plit sa mis­sion hon­nête­ment, au fil d’un réc­it rapi­de où s’intègrent quelques jolis morceaux musi­caux. Rem­por­tant les suf­frages, Antoine Guiraud inter­prète Bernar­do remar­quable­ment, met­tant son art du mime au ser­vice de son élo­quent per­son­nage. Sal­va­tore Ingoglia, campe, quant à lui, un Gar­cia généreux et attachant. En revanche, on reste un peu sur notre faim con­cer­nant le per­son­nage de Zor­ro, qui sem­ble impas­si­ble et quelque peu terne face aux autres pro­tag­o­nistes. Fort heureuse­ment, il prend de la con­sis­tance dans les scènes de com­bat, qui con­stituent le véri­ta­ble point d’orgue du spec­ta­cle. Par­faite­ment choré­graphiées, les séquences d’épée sont réussies et ryth­ment la nar­ra­tion, cap­ti­vant les jeunes spec­ta­teurs. D’ailleurs, lorsque le rideau se baisse, les enfants ne par­lent que de ça, signe que Zor­ro rem­plit tou­jours sa mission.