Yes ! (Critique)

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yesLivret : Soulaine & Pujol
Lyrics : Albert Willemetz
Avec Char­lène Duval, Emi­lien Mar­i­on, Anne-Aurore Cochet, Karine Gode­froy, Guil­laume Durand, Alexan­dre Mar­tin-Var­roy, Jeff Brous­soux, Olivi­er Podes­ta, Dorothée Thivet, Claire-Marie Systchenko, Léo­vanie Raud, Vin­cent Vantyghem.

Mise en scène : Christophe Mirambeau
Choré­gra­phies : Car­o­line Roëlands
Direc­tion musi­cale : Jean-Yves Aizic
Cos­tumes : Quentin Gianora
Pianos : Michel Ertzscheid & Nico­las Royer

Résumé : YES !

Oui à l’entrain ! Oui à l’esprit ! Oui à l’allégresse et à la fantaisie !
La bonne humeur mythique des années folles, pleine de rythmes, de dans­es et de couleurs.

Yes !, chef d’œuvre de Mau­rice Yvain — le com­pos­i­teur de Mon Homme et de tant de tubes de Mist­inguett & Mau­rice Cheva­lier —renaît dans sa ver­sion orig­i­nale pour 2 pianos façon Wiener & Doucet.

Yes ! (1928) par­ticipe de cet éclat qui définit l’Esprit de Paris. La drô­lerie des sit­u­a­tions et des dia­logues, troussés par Pierre Soulaine et René Pujol, les lyrics spir­ituels en dia­ble ciselés par Albert Willemetz, ont défini­tive­ment fait de Yes ! l’un des chefs d’oeuvre du musi­cal parisien des Années Folles : On y croise une manu­cure au des­tin inat­ten­du, un char­mant fêtard décavé et le roi des pâtes ali­men­taires, un mariage blanc qui ne l’est plus, un coif­feur qui devient vedette de music-hall, des groupies, un domes­tique presque député, une bombe vénézuéli­enne — deux heures de fan­taisie débridée et d’irrésistibles chan­sons servies par un cast étour­dis­sant de charme, d’énergie et d’éclat !

Une soirée présen­tée par Les Friv­o­lités Parisiennes.

Notre avis : Friv­o­le voire incon­séquent, remon­ter Yes ? Aucune­ment ! Décou­vrir cette œuvre est un pur plaisir. Deux pianos sur une scène élégam­ment recou­verte de dami­er, de cube où le noir le dis­pute au blanc. Mais atten­tion : l’œuvre et la manière dont elle est inter­prétée épouse toutes les nuances et per­met de ravir le pub­lic (salle comble à chaque fois) venu savour­er cette his­toire au con­tenu fort sim­ple, au développe­ment malin, servie par des chan­sons aux paroles pétil­lantes. La musique de ces deux pianos fait le reste pour gris­er le spec­ta­teur comme le ferait un bon cham­pagne. Et un mil­lésimé. Parce que tout est spir­ituel, la farce évite tou­jours la lour­deur. Serait-ce être passéiste que de dire que Yes reflète une époque où s’amuser par le biais d’une opérette n’équivalait nulle­ment à assis­ter à un spec­ta­cle lourd et démon­stratif ? Qu’en ce temps là les auteurs jouaient des mots, util­isant tout ce que la langue française pos­sède de dou­ble sens ? Peut-être… N’empêche, impos­si­ble de boud­er son plaisir. La troupe par­ticipe bien enten­du de cette réus­site, les pro­tag­o­nistes (dont aucun n’est microté) s’amusant vis­i­ble­ment de faire revivre cette opérette divine­ment désuète. Tous méri­tent d’être salués. Le seul incon­vénient de cette pro­duc­tion reste le nom­bre trop lim­ité de représentations.