Wolfgang Amadeus Mozart 1756 — 1791 — L’enfant chéri des dieux

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Mozart ©DR
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Wolf­gang Amadeus Mozart voit le jour en 1756 à Salzbourg. Il révèle très jeune des dons prodigieux pour la musique et son père Leopold, lui même musi­cien aver­ti, entre­prend bien vite de les cul­tiv­er. Enfant, il par­court les grandes cours d’Eu­rope, qui récla­ment le jeune pianiste sur­doué. Attiré par la com­po­si­tion, il s’at­taque à tous les gen­res musi­caux : sonates, musique de cham­bre, con­cer­tos, musique religieuse, et opéra. Ses pre­mières expéri­ences dans ce dernier domaine sont pré­co­ces et cocass­es (Appolon et Hya­cynte, La fin­ta sem­plice). En effet, il met en musique des drames et des his­toires d’amour que son esprit d’en­fant ne peut pas com­pren­dre ! Qu’im­porte, la grâce de l’écri­t­ure musi­cale est déjà là.

Un enfant prodi­ge, un adulte prodigieux 
Après avoir acquis un solide bagage musi­cal et une riche expéri­ence de com­pos­i­teur et d’in­ter­prète, il s’af­fran­chit de la pesante tutelle de son père, puis de celle son grand pro­tecteur du moment le prince-archevèque de Salzbourg, Col­lore­do, en 1782. A cette époque, un musi­cien restait attaché à une cour qui lui assure sub­sis­tance et tra­vail. Mozart brise ce car­can et entre­prend de vivre de sa musique au gré des com­man­des, en libéral, en quelque sorte.

Dans le domaine de l’opéra, il sac­ri­fie aux canons des années 1770, en par­ti­c­uli­er l’opéra seria : le grand drame avec moult per­son­nages his­toriques écrasés par le poids du des­tin. Avec Idome­neo (1781), le génie de Mozart trou­ve ses mar­ques à tra­vers une musique qui, quoi qu’il arrive, reste fraîche tout en épou­sant les con­tours psy­chologiques des protagonistes.

L’an­née de son mariage en 1782, il com­pose et fait représen­ter en présence de l’empereur Joseph d’Autriche L’en­lève­ment au sérail sur un texte en alle­mand. Il rem­porte un vif suc­cès, alors qu’à ce moment l’opéra ital­ien domine large­ment la scène lyrique. Il peut voir grand. En 1785, il fait une ren­con­tre déci­sive en la per­son­ne d’un orig­i­nal, un prêtre défro­qué vague­ment aven­turi­er : Loren­zo da Ponte. Ils s’ac­cor­dent vite à dépous­siér­er l’opéra engoncé dans des con­ven­tions pesantes. Da Ponte obtient l’ac­cord de l’Em­pereur pour adapter la sul­fureuse comédie satirique Le mariage de Figaro, sous une forme édulcorée.

Pau­vre, malade et aban­don­né de tous 
L’opéra titré Les noces de Figaro (1786), pour le dis­tinguer de la pièce de Beau­mar­chais, est un suc­cès à Vienne et surtout un tri­om­phe à Prague. Ceci vaut aux auteurs d’obtenir une nou­velle com­mande, qui devien­dra le superbe Don Gio­van­ni (1787), tiré de la vie du séduc­teur Don Juan. Hélas, suite à une cabale menée par des rivaux jaloux et aus­si parce que les goûts du pub­lic changent, Mozart cesse d’être à la mode. Il parvient néan­moins à décrocher la com­mande de Cosi fan tutte (1789), sur un sujet pré­ten­du­ment imposé par l’Em­pereur lui-même: par défi, deux fiancés se déguisent pour séduire l’aimée de l’autre. Cette comédie légère de cou­ples croisés pos­sède un par­fum trag­ique. En effet durant la com­po­si­tion de l’opéra, la sit­u­a­tion finan­cière et sociale du cmpos­i­teur ne cesse de se dégrad­er au point de men­ac­er sa san­té. Mais son génie n’est pas entamé.

Mar­gin­al­isé, Mozart vit pénible­ment d’ex­pé­di­ents et de musique. Con­tac­té par le comé­di­en de théâtre Emanuel Schick­e­nad­er, il con­sacre une grande énergie à com­pos­er le réjouis­sant La Flûte Enchan­tée, le pre­mier opéra d’essence ger­manique de Mozart et précurseur à bien des égards de l’opéra alle­mand. L’opéra est truf­fé de sym­bol­es du monde des francs-maçons pour lesquels il mon­tre une grande sym­pa­thie. Leurs idées pro­gres­sives sont aus­si les siennes. Mozart meurt pré­maturé­ment dans la pau­vreté en 1791 et son corps finit dans la fos­se commune.

Mozart a con­sacré sa vie entière à la musique et laisse un cat­a­logue d’oeu­vres con­sid­érable. L’u­na­nim­ité à le con­sacr­er comme un musi­cien génial et touche à tout se fit très vite. Sans la révo­lu­tion­ner, il a amené la musique de son époque à la per­fec­tion formelle. Ses opéras de la matu­rité sont des références incon­tourn­ables dans le cat­a­logue de l’opéra. Ils mon­trent une grande acuité psy­chologique sans se dépar­tir d’une grâce et d’une beauté qua­si-divines qui les ren­dent immortels.

Liste des grands opéras de Mozart 
1781 — Idome­neo (Idoménée). Livret de l’Ab­bé Giambat­tista Varesco
1781 — Die Ent­führung aus dem Serail (L’en­lève­ment au sérail). Livret de Got­tlieb Stéphanie
1786 — Le nozze di Figaro (Les noces de Figaro). Livret de Loren­zo da Ponte
1787 — Don Gio­van­ni. Livret de Loren­zo da Ponte
1789 — Cosi fan tutte (1789) Livret de Loren­zo da Ponte
1791 — La Clemen­za de Tito (La Clé­mence de Titus). Livret de Cateri­no Tom­ma­so Mazzola
1791 — Die Zauber­flöte (La flûte enchan­tée). Livret de Emanuel Schickenader