Vincent Heden — Tintin, c’est lui !

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Vincent Heden © Hergé/Moulinsart 2001
Vin­cent Heden © Hergé/Moulinsart 2001 

Cham­pi­on de France d’ac­cordéon clas­sique en 1993, Vin­cent Heden se per­fec­tionne au chant, à la danse et à la comédie. Fin 1996, à 18 ans, il décroche son pre­mier con­trat pro­fes­sion­nel dans Les Années Twist aux Folies Bergère puis en tournée. Il par­ticipe ensuite à plusieurs spec­ta­cles de Dis­ney­land Paris.

De Titan­ic à Tintin
En décem­bre 2000, il fait ses pre­miers pas dans une grande comédie musi­cale : Titan­ic de Mau­ry Yeston adap­tée en français par Jean-Louis Grin­da et Stéphane Laporte, à l’Opéra Roy­al de Wal­lonie de Liège. Superbe spec­ta­cle qui a été repris à l’Opéra d’Av­i­gnon en décem­bre dernier et dont on espère l’ar­rivée prochaine sur Paris. Pour Vin­cent, c’est la révéla­tion.  » J’ai décou­vert ce qu’é­tait vrai­ment la comédie musi­cale. Comme pour beau­coup de gens en France, je pen­sais que c’é­tait juste un trem­plin pour faire un album et une car­rière solo. Avec Titan­ic, je me suis ren­du compte qu’il y avait vrai­ment de belles car­rières à faire unique­ment dans cet art « . Dans le rôle de Bride, l’opéra­teur radio, Vin­cent ne passe pas inaperçu. Sa voix, sa présence et son jeu touchent le pub­lic. C’est là que la pro­duc­tion de Tintin — Le Tem­ple du soleil le remar­que.  » Ils ont pen­sé que peut-être je pour­rais cor­re­spon­dre pour le rôle de Tintin. J’ai passé l’au­di­tion comme tout le monde et j’ai eu la chance d’être retenu « .

Un coup de coeur immédiat 
Les pre­mières musiques qu’il entend le séduisent tout de suite. Puis il décou­vre le spec­ta­cle dans sa ver­sion fla­mande à Anvers et là c’est le choc.  » C’é­tait mer­veilleux ! Jusqu’à main­tenant, et pour­tant j’ai déjà vu beau­coup de comédies musi­cales à Lon­dres, c’est le plus beau spec­ta­cle que j’ai vu au niveau des chan­sons, de l’é­mo­tion, du jeu, de l’his­toire, des décors, des effets. C’est impres­sion­nant mais ça reste très humain. En sor­tant j’é­tais ent­hou­si­aste, j’avais hâte de com­mencer  » se souvient-il.
Sans être un expert, Vin­cent con­naît bien Tintin.  » Avec Astérix et Boule et Bill, ça fai­sait par­tie des BD que je lisais étant petit « . Il se sent de plus en plus proche du per­son­nage.  » Au début je pen­sais que j’en étais assez loin. Puis avec Frank Van Laecke (le met­teur en scène) et Dirk Brossé (le com­pos­i­teur), on a tra­vail­lé sur les points com­muns que j’avais avec Tintin et on en a trou­vés beau­coup : la jeunesse, le goût de l’aven­ture, la fran­chise, l’amour des autres, c’est un per­son­nage entier…c’est tout moi quoi !  » s’ex­clame-t-il en riant. Don­ner vie à un héros de bande dess­inée aus­si pop­u­laire que Tintin, ce n’est pas tou­jours évi­dent. Comme le recon­naît Vin­cent,  » c’est dif­fi­cile de se pla­quer à la BD. C’est un dessin et des bulles. J’es­saye de créer le per­son­nage sans le trahir, je pense aux tintinophiles qui vont venir voir le spec­ta­cle, mais sans non plus me trahir. On fait tout pour que ça reste crédi­ble « .

Une belle aventure 
Les répéti­tions ont com­mencé le 11 févri­er à Anvers avant de se pour­suiv­re à Charleroi dans une ambiance  » absol­u­ment géniale  » à en croire Vin­cent.  » Avec le cast fran­coph­o­ne, c’est une famille qui se crée, on est tous loin de chez nous pour la plu­part. On est tous liés par l’en­vie de faire un spec­ta­cle par­fait et j’adore ça. On crée cette énergie et ce lien qui doivent nous men­er du début à la fin du spec­ta­cle et qu’on retrou­vera sur scène. On a la chance d’être bien encadrés et guidés par de grands pro­fes­sion­nels qui sont aus­si ouverts à nos remar­ques et à nos inter­ro­ga­tions « . Il voue une grande affec­tion à ses parte­naires.  » Frayne McCarthy (Had­dock), c’est mon grand frère. Dès notre pre­mière ren­con­tre, on a sen­ti un lien très fort entre nous. Notre com­plic­ité sur scène est d’au­tant plus vraie et sincère. J’adore les deux Castafiore (en alter­nance), France Emond et Jacque­line Van Quaille. Franck Vin­cent et François Lan­glois (les Dupond/t) me font beau­coup rire. De manière générale, il y a vrai­ment une ten­dresse qui nous lie tous « . Tintin n’ou­blie pas son insé­para­ble et fidèle Milou incar­né sur scène en alter­nance par les deux mêmes petites chi­ennes qu’à Anvers, Zohra et Zina.  » Ca se passe très bien. On essaye d’in­stau­r­er une com­plic­ité. Ce n’est pas tou­jours évi­dent mais on y arrive à force de cro­quettes et de fro­mage !  » sourit Vincent.
Dans le spec­ta­cle, Tintin doit exé­cuter quelques cas­cades.  » Avec l’équipe qui nous encadre, on a mis au point un entraîne­ment quo­ti­di­en, salle de gym tous les jours. Des instal­la­tions en salle de répéti­tion me per­me­t­tent de simuler les cas­cades pour ne pas laiss­er de place au hasard une fois sur scène car ça com­porte tout de même quelques risques  » nous explique Vin­cent qui, mal­gré la fatigue, garde le sourire, trop con­tent de ce qui lui arrive.

Des pro­jets et… tou­jours Tintin 
Même s’il est com­plète­ment con­cen­tré sur Tintin, Vin­cent accepte néan­moins de nous dévoil­er ses pro­jets :  » une comédie musi­cale inspirée des Liaisons dan­gereuses, écrite par Stéphane Laporte et com­posée par Thier­ry Boulanger, et plus proche dans l’avenir, le prochain spec­ta­cle musi­cal d’Al­fre­do Arias, Luna Caliente, avec Cather­ine Ringer (chanteuse des Rita Mit­souko) et peut-être Nathalie Dessay au Théâtre de Chail­lot pen­dant deux mois suiv­is par qua­tre mois de tournée « . Ses choix sont clairs, d’ailleurs il le dit lui-même :  » c’est vrai­ment dans la comédie musi­cale que je m’é­panouis le plus en ce moment « . Mais il regrette que le pub­lic français, trop con­di­tion­né par les médias, n’ait l’air d’ap­préci­er que les spec­ta­cles musi­caux qu’on lui sert actuelle­ment, bien loin de la comédie musi­cale tra­di­tion­nelle. Pour que les choses évolu­ent, il avoue met­tre beau­coup d’e­spoir dans Tintin.  » J’e­spère que Tintin va pouss­er à grands coups de coude les portes des pro­duc­teurs et des théâtres français pour impos­er la comédie musi­cale en France « . Car Vin­cent espère bien que Tintin se mon­tera à Paris… et ailleurs, et tou­jours avec lui.  » Si l’aven­ture Tintin con­tin­ue, ce sera avec moi, qu’on se le dise !  » affirme-t-il avant de pré­cis­er en riant,  » et même dans les autres langues !  » comme pour bien mar­quer son attache­ment à ce spec­ta­cle et à son personnage.
En atten­dant, il fau­dra faire le déplace­ment à Charleroi.  » Ce n’est pas si loin  » pré­cise Vin­cent avant d’a­jouter  » très peu de Français ont eu la chance de voir un spec­ta­cle de cette enver­gure, un spec­ta­cle uni­versel qui touche autant les enfants que les adultes, alors… ».