Vincent Heden, ombre des Folies Bergère

0
274
Photo : © Bruno Barbazan
Pho­to : © Bruno Barbazan

Quelle est votre vision de Love Cir­cus et quel rôle y tiendrez-vous ?

Je vais y jouer « Ombre », un per­son­nage qui fait office avec « Cadette » (Lola Ces) de maître de céré­monie des Folies Bergère, « grand tem­ple de l’amour ». Ain­si com­mence le spec­ta­cle où deux thèmes se ren­con­trent : l’essence de l’amour et l’univers cir­cassien. Les numéros visuels seront mêlés au chant et inté­grés aux his­toires et aux événe­ments plus ou moins inat­ten­dus… Tout cela se déroulera dans un univers assez éton­nant, avec une atmo­sphère un petit peu grinçante et qui se veut en même temps très joyeuse, très excen­trique… Pour moi il y a un peu de Tim Bur­ton dans ce monde de Love Cir­cus.

Musi­cale­ment, à quoi ressem­blera ce spectacle ?

J’ai l’impression qu’il va y avoir une iden­tité beau­coup plus par­ti­c­ulière et mar­quée que dans les deux autres spec­ta­cles de Stéphane Jarny : ceux-ci racon­taient une époque, la musique en elle-même racon­tait déjà quelque chose et il fal­lait respecter chaque morceau. Avec Love Cir­cus on est beau­coup plus libre, le thème de l’amour bal­aie toutes les péri­odes. Para­doxale­ment c’est donc plus dif­fi­cile. Il faut se fix­er des lim­ites, tenir vrai­ment compte des textes des chan­sons… C’est un point majeur de notre tra­vail en ce moment : les chan­sons français­es racon­tent tou­jours une petite his­toire ; soit elles devi­en­nent un numéro à part entière où la petite his­toire se racon­te dans la grande, soit le titre s’inscrit com­plète­ment dans le réc­it que l’on racon­te. Finale­ment, avec plus de chan­sons français­es que dans Dis­co, Love Cir­cus sera sans doute davan­tage con­stru­it comme un musi­cal où les chan­sons font avancer l’action. D’ailleurs, con­traire­ment aux précé­dents shows, nous nous autoris­erons peut-être à adapter, détourn­er les morceaux comme on le souhaite, puisqu’il n’y a pas de référence, de repère pour le pub­lic ou d’ambiance musi­cale à respecter. Enfin, de nou­veaux arrangeurs musi­caux vont amen­er leur touche. La lib­erté est donc totale, et le résul­tat sera peut-être surprenant. 

Que vous inspire le fait d’avoir été de nou­veau choisi pour ce troisième show, après Salut les Copains et Dis­co?

C’est tout à la fois ! Un immense plaisir, une mar­que de con­fi­ance qui m’honore et la joie de tous se retrou­ver. L’esprit de famille sera sur scène, mais pas seule­ment ! Naturelle­ment il y a aus­si une part de stress : nous venons d’offrir à deux repris­es au pub­lic quelque chose qu’il a aimé, qu’il a trou­vé légitime, cela va-t-il aus­si bien se pass­er sur ce 3ème spec­ta­cle ? Va-t-on retrou­ver la même fraicheur, la même envie, va-t-on s’étonner de la même façon ? Il y a tou­jours cette petite angoisse, ces doutes mais ils sont inhérents à chaque nou­velle aven­ture… Rien de nouveau !

D’ici là, vos pas vous mènent dans le sud…

En ce moment je répète en effet à l’Opéra de Nice l’Affaire Drey­fus, le spec­ta­cle de Didi­er van Cauwe­laert et Michel Legrand. Ce pro­jet dont on par­le depuis longtemps va enfin voir le jour. C’est une créa­tion qui réu­nit à la fois des comé­di­ens, des chanteurs d’opéras, des artistes venus d’univers très dif­férents. J’ai la chance d’y jouer le cap­i­taine Drey­fus, entouré de Pierre Cassig­nard dans le rôle de Ester­hazy, de Rachel Pig­not dans celui de Lucie Drey­fus, ma femme, ou encore de Sophie Tel­li­er dans celui de Berthe Hen­ry, le tout avec l’Orchestre Phil­har­monique de Nice. Nous serons sur scène du 16 mai au 6 juin.  Et dès la ren­trée je retrou­ve les Folies Bergère, car en plus des répéti­tions et des arrange­ments de Love Cir­cus, je m’occupe en par­al­lèle des arrange­ments de Salut les Copains qui sera repris du 2 au 12 octo­bre 2014 dans cette même salle.