Vincent Heden — Entretien avec un Frankenstein

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Vincent Heden dans Frankenstein Junior
Vin­cent Heden dans Franken­stein Junior — (DR) LV Show

Pou­vez-vous nous par­ler de votre personnage ?
Le doc­teur Franken­stein est plus com­plexe qu’il n’y paraît, à la fois bril­lant et com­plexé. Il porte l’héritage famil­ial comme un fardeau au départ et, une fois rat­trapé par son des­tin, comme un tré­sor. C’est un per­son­nage très attachant, entier et plein de vérité, plus manip­ulé que manip­u­la­teur et finale­ment guidé par une pas­sion intérieure sincère. Le genre de type que j’aimerais ren­con­tr­er plus sou­vent dans la vie réelle…

Pour quelle rai­son prenez-vous plaisir à jouer ce rôle ?
Ce que j’aime d’abord, c’est que ce rôle existe prin­ci­pale­ment au tra­vers de ses inter­ac­tions avec les autres pro­tag­o­nistes. Je prends un plaisir fou à évoluer au sein de cette troupe excep­tion­nelle, d’autant que j’ai l’opportunité de jouer avec tout le monde en duo, trio ou tous ensem­ble. Ensuite, il y a bien sûr la drô­lerie du per­son­nage. Elle doit beau­coup au texte adap­té en français par Stéphane Laporte, que je trou­ve excel­lent, dont les jeux de mots sont irré­sistibles et vrai­ment au même niveau que la ver­sion orig­i­nale. D’ailleurs, le pub­lic ne s’y trompe pas : il n’y a pas une scène qui ne déclenche pas des éclats de rire.

Quelle est votre réplique favorite ?
C’est quand j’appelle le mon­stre “petit bou­chon”. J’adore le décalage entre la ten­dresse de l’expression et la réal­ité de 2 mètres de chairs recom­posées. Mais il y a mille autres répliques pleines d’e­sprit dans ce spectacle.

Com­ment avez-vous tra­vail­lé avec le met­teur en scène ?
Cela fai­sait longtemps que je voulais col­la­bor­er avec Ned Gru­jic et comme l’inverse était vrai aus­si, la ren­con­tre a été naturelle. J’aime son imag­i­na­tion sans lim­ite et je suis bien en phase avec ses choix artis­tiques, notam­ment la petite touche d’expressionnisme qu’il donne au spec­ta­cle. Il avait une idée très claire de ce qu’il voulait faire et il a su créer l’adhésion autour de lui. C’é­tait comme un courant qui nous ame­nait tous vers le spec­ta­cle tel qu’il est aujourd’hui. Mal­gré la pres­sion de seule­ment qua­tre semaines de répéti­tions, il a tou­jours fait mon­tre d’enthousiasme et réus­si à préserv­er en toute occa­sion la bonne humeur ambiante. Tout le monde ne garde que de bons sou­venirs. En plus, il avait fait un cast­ing au mil­limètre, ce qui a facil­ité l’apprentissage des rôles et des choré­gra­phies. C’est très rare de vivre ça, j’ai beau­coup de chance !

Quelles sont les dif­fi­cultés du rôle ?
C’est un per­son­nage qui par­le beau­coup, donc il y a beau­coup de texte à appren­dre, dont pas mal de jar­gon sci­en­tifique car il est doc­teur. Mes sou­venirs de bac sci­en­tifique m’ont bien aidé. Il y a aus­si les choré­gra­phies, les cos­tumes et la musique pré-enreg­istrée. Même si elle est d’excellente qual­ité, réal­isée spé­ciale­ment pour ce spec­ta­cle par un vrai orchestre, c’est tou­jours plus dif­fi­cile de se caler par rap­port à une bande, sans filet. Mais au fond, encore une fois, grâce à la qual­ité du cast­ing et à la flu­id­ité de la mise en scène de Ned, tout s’est enchaîné naturelle­ment, sans dif­fi­culté particulière.

Con­naissiez-vous le film et le musical ?
Je con­nais­sais déjà le film mais je n’ai vu la comédie musi­cale que par bribes au tra­vers de vidéos glanées ça et là sur inter­net. A par­tir de ce que j’avais vu, j’avais très peur que mon per­son­nage dis­paraisse der­rière les autres qui sont plus mar­qués, plus dans la car­i­ca­ture. En fait, Ned a souhaité rester proche du film et cen­tr­er le pro­pos sur le Doc­teur Franken­stein au pre­mier acte et sur le Mon­stre au deux­ième, pour mieux les réu­nir à fin. C’est la bonne col­lab­o­ra­tion avec Ned sur tous les plans qui donne sa dimen­sion au per­son­nage, on l’a enfan­té à deux en quelque sorte.

Vous qui avez joué dans Tintin et le tem­ple du soleil, est-ce que vous irez voir le Tintin de Spiel­berg ?
Les images de syn­thèse ne m’attirent pas par­ti­c­ulière­ment, mais j’ai des attach­es par­ti­c­ulières avec ce per­son­nage que j’ai inter­prété sur scène. Il fait un peu par­tie de moi, donc je suis assez curieux de voir ce que cela peut don­ner… si j’en trou­ve le temps ces prochaines semaines !

Camille Glémet, Vin­cent Heden, Zacharie Saal et Valérie Zac­com­er dans Franken­stein Jr © Nico­la Vigilanti