Un week-end de comédies musicales au 104… et au 106 !

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Com­ment est née l’idée de cette man­i­fes­ta­tion au 104 ?
Bruno Berenguer : Compte tenu des travaux de réha­bil­i­ta­tion de la Mai­son de la Radio entraî­nant la fer­me­ture de cer­tains stu­dios publics (notam­ment la Salle Olivi­er Mes­si­aen), Radio France a dû trou­ver un lieu et imag­in­er une offre nou­velle pour pour­suiv­re ses activ­ités de con­certs de musique de chambre.
Le Cen­tqua­tre s’est rapi­de­ment imposé à nous, les for­ma­tions de Radio France y organ­isant des ser­vices de répéti­tions. Par ailleurs, il sem­blait égale­ment intéres­sant de déplac­er nos pro­duc­tions en nous éloignant des tra­di­tion­nels lieux cul­turels parisiens et autres salles his­toriques de con­cert. Ce « décalage » s’est accom­pa­g­né d’une poli­tique tar­i­faire tout à fait excep­tion­nelle : plein tarif à 5€, tarif réduit à 3€, gra­tu­it pour les — de 13 ans.
Le pro­jet artis­tique s’est rapi­de­ment imposé à nous sous la forme de ren­dez-vous réguliers de con­certs thé­ma­tiques con­cen­trés sur un week-end.
Grandes pages du réper­toire et raretés à décou­vrir ou à redé­cou­vrir, horaires atyp­iques, jeunes tal­ents et artistes con­fir­més (dont les musi­ciens des for­ma­tions de Radio France), effec­tifs var­iés, con­certs-ate­liers pour un pub­lic famil­ial, pro­jec­tions sur grand écran de con­certs his­toriques con­servés dans les archives de l’INA, ce mélange au goût nou­veau et savoureux a su trou­ver son public !

Com­ment s’est organ­isé le choix des thèmes et des artistes ?
BB : Le choix des thé­ma­tiques est sou­vent lié aux pro­grammes des for­ma­tions de Radio France afin de créer des dynamiques com­munes au cours d’une même sai­son musi­cale. Néan­moins, cer­tains week-ends se détachent de la pro­gram­ma­tion générale en pro­posant des thèmes isolés. Ain­si, con­sacr­er le dernier week-end à la comédie musi­cale nous a été dic­té par le sim­ple souhait de couron­ner notre deux­ième sai­son de manière fes­tive, en « tech­ni­col­or » et en chansons !

Lau­rent Val­ière : Pour ce week-end autour de la comédie musi­cale, nous souhaitions ten­ter de nou­velles choses ou repren­dre des pro­jets. En 2003 en par­ti­c­uli­er, René Ripert avait organ­isé au Zèbre avec Thier­ry Boulanger une soirée orig­i­nale pour faire décou­vrir les chan­sons de Stephen Sond­heim en langue française. Les adap­ta­teurs étaient notam­ment Alain Mar­cel et Stéphane Laporte. Nous avons souhaité renou­vel­er cette expéri­ence qui avait été un très beau suc­cès, main­tenant que Stephen Sond­heim est mieux con­nu du pub­lic français grâce au tra­vail du Théâtre du Châtelet. Cette fois, c’est à Raphaël Sanchez que nous avons pro­posé d’or­gan­is­er cette soirée, et il a fait entre autres appel à des adap­ta­teurs comme Christophe Miram­beau. Il nous sem­blait égale­ment judi­cieux, en rai­son de la date, de con­sacr­er le con­cert du 10 juin à Judy Gar­land qui aurait fêté ce jour-là ses 90 ans. Jeff Cohen et Jean Lacorner­ie ont imag­iné une soirée hom­mage qui tourn­era autour des chan­sons du film Une étoile est née, et grâce à Lawrence Schul­man, spé­cial­iste de la chanteuse, nous décou­vrirons même pour la pre­mière fois une chan­son inédite qui avait été com­posée par Harold Arlen mais ne fut pas con­servée dans le film.
La Maîtrise de Radio France, dirigée par Sofi Jeanin, a pour sa part décidé d’in­ter­préter une œuvre mécon­nue de Andrew Lloyd Web­ber, en français, Joseph et son man­teau mul­ti­col­ore, et plusieurs musi­ciens de l’Orchestre Phil­har­monique de Radio France inter­prèteront en for­ma­tion de cham­bre des œuvres de la généra­tion de Kurt Weill.
Enfin, chaque week-end au Cen­tqua­tre com­prend des ren­dez-vous devenus sym­bol­iques : pour la séance « Musiques à voir », nous aurons le plaisir de mon­tr­er au pub­lic des extraits des œuvres de Leslie Caron à Hol­ly­wood en sa présence, pas seule­ment dans Gigi et Un Améri­cain à Paris, mais aus­si dans Le souli­er de verre et Dad­dy longues jambes qu’elle a tourné avec Fred Astaire. Enfin, pour le con­cert « Jeune pub­lic » du same­di après-midi, nous avons trou­vé que, grâce à sa maîtrise du chant, de la comédie et de la danse, et des cla­que­ttes en par­ti­c­uli­er, Isabelle Georges serait à même de pro­pos­er une « his­toire de la comédie musi­cale ». Elle s’est prise au jeu, et créera un nou­veau spec­ta­cle où elle passera de Mary Pop­pins à Por­gy and Bess.

A titre per­son­nel, quels sont vos goûts en matière de comédie musicale ?
LV : De Jer­ry Her­man à Jule Styne, de Stephen Sond­heim à Next to Nor­mal, du moment que la musique est inté­grée à l’his­toire et rend au cen­tu­ple les émo­tions et nous emmène dans un monde à part, je suis pre­neur d’une grande var­iété de comédies musicales.

Peut-on envis­ager que cette man­i­fes­ta­tion devi­enne un ren­dez-vous régulier ?
BB : Les « Week-ends Radio France » offrent au pub­lic et aux audi­teurs une régu­lar­ité. Ils restent avant tout liés aux pro­gram­ma­tions sym­phoniques, en lien étroit avec les thé­ma­tiques d’an­tenne. L’une de nos mis­sions est d’of­frir un panora­ma le plus large pos­si­ble des réper­toires, depuis les musiques eth­niques jusqu’à la créa­tion musi­cale. La musique de cham­bre représente une offre immense et var­iée de gen­res, d’ef­fec­tifs, d’esthé­tiques. Si la régu­lar­ité demeure dans le cal­en­dri­er de nos saisons, les con­tenus quant à eux doivent se renouveler.