Tony Awards 2009 : Gregory Jbara

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Gregory Jbara
Gre­go­ry Jbara © Bill Keifer

Gre­go­ry Jbara, tout d’abord, félic­i­ta­tions pour votre Tony Award du Meilleur Sec­ond rôle dans un musi­cal ! C’est incroy­able, mais il s’agis­sait pour­tant de votre pre­mière nom­i­na­tion aux Tony Awards et vous l’avez rem­porté ! Quelle a été votre réac­tion lorsque vous avez appris votre nom­i­na­tion et lorsque vous avez gagné ?
Une chose que je n’ai pas révélée dans d’autres inter­views est que lorsque j’ai envis­agé d’au­di­tion­ner pour Bil­ly Elliot, j’ai recher­ché l’his­torique des récom­pens­es con­cer­nant le rôle de Jack­ie Elliot afin de savoir si le rôle avait recueil­li des nom­i­na­tions dans le West End ou en Aus­tralie. C’é­tait un luxe que ce spec­ta­cle ait plus de qua­tre ans d’his­toire dans deux pays dif­férents avant de venir à Broad­way et que les acteurs ayant créé le rôle, que ce soit à Lon­dres ou en Aus­tralie, aient reçu des nom­i­na­tions aux Olivi­er et Help­man Awards pour leur travail.
D’un point de vue pure­ment pro­fes­sion­nel, je voy­ais là la pos­si­bil­ité de recevoir ma pre­mière nom­i­na­tion aux Tony Awards con­tre l’épreuve per­son­nelle d’être loin de ma femme et de mes fils pen­dant une bonne par­tie de l’an­née. Avec la suc­ces­sion des nom­i­na­tions aux Out­er Crit­ics Cir­cle, Dra­ma Desk et autres dis­tinc­tions, j’ai eu la cer­ti­tude d’avoir pris la bonne déci­sion professionnelle.
Evidem­ment, il n’y a jamais de garanties, alors l’ex­ci­ta­tion, le choc et la joie d’être nom­mé et de gag­n­er ensuite, c’é­tait comme vivre un rêve éveil­lé. Et j’ai tou­jours l’im­pres­sion de ne pas m’être réveillé.

Vous voici de retour à l’Im­pe­r­i­al The­atre où vous avez créé le rôle du français André Thibault dans Dirty Rot­ten Scoundrels (2005) et vous voilà main­tenant dans la peau d’un mineur anglais. Etait-ce dif­fi­cile de tra­vailler ces accents spécifiques ?
En dépit du fait que j’ai plutôt une bonne oreille pour les accents, je peux hon­nête­ment dire que réus­sir celui-là a été le plus gros défi de mon tra­vail ! Et encore, nous ne faisons pas l’ac­cent authen­tique, plus marqué…nous faisons une ver­sion très mod­érée pour que les spec­ta­teurs améri­cains puis­sent mieux com­pren­dre ce que nous dis­ons. J’ai eu très tôt con­science de l’im­por­tance de l’ac­cent dans le fait de décrocher le rôle car j’ai passé une heure avec le coach en dialecte du spec­ta­cle, William Conach­er, avant même ma pre­mière audi­tion. Nous recevoins des notes toutes les deux semaines env­i­ron de notre coach rési­dent, Ben Fury, lorsque notre accent com­mence à s’estomper.

Durant votre dis­cours de remer­ciements, vous avez dédié votre Tony Award à votre famille et plus par­ti­c­ulière­ment à votre épouse et à vos deux jeunes enfants. Com­ment avez-vous abor­dé le rôle de Jack­ie Elliot, le père de Bil­ly ? Est-ce que le fait d’être père vous a inspiré ?
Tous les par­ents qui lisent ceci con­vien­dront que quelque chose se passe quand vous devenez un époux et un par­ent : votre coeur se rem­plit d’un amour inde­scriptible, un mil­lion de fois plus grand que sa taille nor­male. Ma vie de famille bénie est, bien sûr, l’essence même qui nour­rit mon inter­pré­ta­tion de Jack­ie Elliot. Mais évidem­ment, sans les con­seils bien­veil­lants du met­teur en scène, Stephen Daldry et du met­teur en scène asso­cié, Julian Web­ber, je n’au­rais jamais atteint la com­plex­ité émo­tion­nelle de ma performance.

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Gre­go­ry Jbara avec ses enfants Aidan et Zachary en com­pag­nie de Seth Rudet­sky durant la BC/EFA Gyp­sy of the Year Com­pe­ti­tion © Dale Hopson

Quels sont vos moments favoris dans Bil­ly Elliot : The Musi­cal ?
Mon moment préféré se passe au milieu du numéro « Sol­i­dar­i­ty », qui dure plus de neuf min­utes. La police affronte les grévistes, les danseuses tournoient, et pour­tant, au milieu de ce chaos, le monde s’ar­rête lorsque Bil­ly accom­plit une « prom­e­nade atti­tude » pour la toute pre­mière fois…avec un équili­bre parfait…dans un silence absolu.
Cette séquence m’a fait pleur­er chaque jour durant les répéti­tions et me fait tou­jours pleur­er chaque fois que je la regarde des couliss­es. Un moment pur et mer­veilleux où un jeune garçon décou­vre son pro­pre accomplissement.

Trois jeunes acteurs se parta­gent le rôle de Bil­ly. Est-ce que le fait d’avoir trois dif­férents parte­naires change votre jeu ?
En fait, il y a qua­tre Bil­ly (Trent Kowa­lik, David Alvarez, Kir­il Kul­ish et Tom­my Batch­e­lor) qui jouent le rôle cha­cun leur tour, deux représen­ta­tions par semaine. Cela se passe ain­si quand ils sont tous en pleine santé…Nous avons même eu Tan­ner Pflueger (qui vient du Nebras­ka et qui a joué le spec­ta­cle à Lon­dres pen­dant un an) durant six semaines pen­dant que Tom­my se remet­tait d’une opéra­tion chirur­gi­cale (qui n’avait rien à voir avec le spectacle).
Le fait qu’il y ait plusieurs acteurs jouant Bil­ly n’af­fecte pas vrai­ment la façon dont j’in­ter­prète mon rôle mais cela peut chang­er sur l’aspect physique de mon jeu. Chaque Bil­ly apporte sa pro­pre per­son­nal­ité au rôle et de fait, cha­cun a une façon dif­férente de faire cer­taines choses sur scène. Mais je dirais que la vérité du jeu vient vrai­ment d’eux, pas telle­ment de ce que je fais sur une représen­ta­tion donnée.

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Gre­go­ry Jbara et David Alvarez © David Scheinmann

Com­ment ça se passe sur scène avec tous les enfants de la troupe ?
Je peux vous dire qu’il y a beau­coup moins de jurons en couliss­es et durant les répéti­tions. Les enfants de ce spec­ta­cle sont si incroy­able­ment dévoués et pro­fes­sion­nels qu’ils main­ti­en­nent la barre très haut pour tous les mem­bres adultes de la troupe en ce qui con­cerne l’in­tégrité dans ce lieu de travail.

Vous avez une longue car­rière à la télévi­sion, au ciné­ma et à Broad­way. Préférez-vous faire des films ou être sur scène ?
J’ap­pré­cie sincère­ment de tra­vailler face à une caméra, que ce soit pour la télévi­sion, le ciné­ma, la pub­lic­ité, ou même pour des voix off ou des dou­blages de films d’an­i­ma­tion [NDLR : Gre­go­ry Jbara est notam­ment l’une des voix orig­i­nales de la série ani­mée Amer­i­can Dad et tourne actuelle­ment le film Remem­ber Me aux côtés de Robert Pat­tin­son et Pierce Bros­nan]. Je sup­pose que j’aime juste tra­vailler, point barre ! Mais mon amour est plus cer­taine­ment la scène. Il n’y a rien de com­pa­ra­ble au priv­ilège de partager une soirée où l’on racon­te une his­toire devant plus de 1 400 per­son­nes dif­férentes, huit fois par semaine. Rien au monde.

Vous avez été un étu­di­ant de la célèbre Jul­liard School of Per­form­ing Arts. Quels con­seils don­ner­iez-vous à une jeune per­son­ne qui aimerait faire ce travail ?
Voilà ce que j’ai dit chaque fois que l’on m’a posé cette ques­tion : sou­venez-vous que cette indus­trie s’ap­pelle le show BUSINESS.
Ayez la meilleure for­ma­tion pour être un acteur aus­si com­plet que possible.
Développez des méth­odes de vente impa­ra­bles. Sachez qui vous êtes, vos com­pé­tences spé­ci­fiques et com­ment les « mar­keter ». N’at­ten­dez pas après quelqu’un d’autre pour créer vos oppor­tu­nités. Sortez et AGISSEZ ! Immergez-vous com­plète­ment dans la comédie, l’écri­t­ure, la con­struc­tion des décors — ou même le fait d’être ouvreur dans un théâtre — la pein­ture, la danse, l’art, LA VIE. Jouez quand vous pou­vez et où vous pou­vez ! Faites con­naître votre nom et votre tête à chaque per­son­ne qui emploie des acteurs. Si cela ne ressem­ble pas à l’ac­tiv­ité qui doit rem­plir chaque instant de votre vie, alors changez de méti­er. Le show busi­ness en soi ne vous ren­dra pas heureux car il veut seule­ment faire du prof­it. Définis­sez ce que vous devez faire afin d’être heureux et faites le. Puisque c’est d’être heureux dont il s’ag­it. Etre comblé, stim­ulé, heureux.

Site offi­ciel du musi­cal Bil­ly Elliot : www.billyelliotthemusical.com

Regard en Coulisse vous pro­pose de redé­cou­vrir le numéro de la troupe de Bil­ly Elliot durant la céré­monie des Tony Awards 2009 :
[youtube width=« 560 » height=« 340 »]http://www.youtube.com/watch?v=1c_74VGGb6M[/youtube]

Ain­si que le dis­cours de remer­ciements de Gre­go­ry Jbara après avoir obtenu le Tony Award 2009 du Meilleur sec­ond rôle dans un musical :
[youtube width=« 560 » height=« 340 »]http://www.youtube.com/watch?v=AmEENYCRmt0[/youtube]