Timéo (Critique)

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timeoAuteur : Jean-Jacques Thibaud.
Com­pos­i­teur : Julien Vallespi.
Met­teur en scène : Alex Goude.
Choré­graphe : Johan Nus.
Créa­teur cos­tumes : Christophe Fos­sard « Biboun ».
Créa­tion coif­fures : Jérôme Blanco-Martin.
Créa­tion maquil­lages : Anne-Céline Clé­ment & Cindy Galhac.
Avec : Simon Heulle, Djamel Mehnane, Véron­ick Sévère, Jérémy Charvet, Sébastien Lavalette, Adri­an ou Joris Con­quet, Math­ias Raumel, Ben­jamin May­traud, Flo­rence Peyrard, Syl­vain Rigault, Anako Gaudin, James Noah, Mike­lan­ge­lo Locon­te, Salomé Had­jadj, Tia­go Euse­bio, Ofélie Crispin…

Résumé : Timéo est un spec­ta­cle musi­cal nova­teur et fédéra­teur, une cir­comédie pour toute la famille. Sur un ton résol­u­ment posi­tif, tour à tour drôle, per­cu­tant et émou­vant, ce grand spec­ta­cle hors du com­mun con­te l’his­toire de Timéo. Mal­gré son hand­i­cap, ce jeune garçon en fau­teuil n’a qu’un rêve : devenir acro­bate. Lorsqu’il apprend que le cirque Dia­bo­lo et son idole Melody Swann sont en ville, Timéo prend son courage à deux mains et tente de s’in­viter aux répéti­tions. Il décou­vre alors que Melody a mys­térieuse­ment dis­paru… Timéo va prou­ver à tous qu’être dif­férent c’est nor­mal et qui sait, peut-être réalis­era-t-il son rêve au milieu de tous les artistes incroy­ables qui l’en­toureront dans cette aventure…

Notre avis : L’ob­jec­tif de la « cir­comédie musi­cale » Timéo est clair, beau et fort : faire réfléchir sur le hand­i­cap et accepter les dif­férences. Le spec­ta­cle par­le donc de Timéo, jeune ado­les­cent hand­i­capé désir­ant devenir cir­cassien et dont la volon­té est sans pareille, se retrou­vant en plein milieu des répéti­tions du cirque Dia­bo­lo où se pro­duit son idole Melody Swann. Prob­lème : celle-ci a dis­paru. L’intrigue est ain­si lancée, et les tableaux présen­tant les dif­férents artistes du cirque se suc­cè­dent avec comme trame de fond la recherche de la belle Melody. Nous décou­vrons tour à tour une dizaine de per­son­nages et là est le souci prin­ci­pal du spec­ta­cle : dix artistes, quinze chan­sons, le cal­cul est vite fait, l’histoire ne peut évoluer que via les petits moments de comédie présents entre chaque tableau. Mal­heureuse­ment, le jeu d’acteur n’est pas tou­jours au ren­dez-vous et les nom­breuses blagues ne font pas tou­jours mouche, ce qui est bien dommage.
D’un point de vue plus posi­tif, les cir­cassiens pro­fes­sion­nels peu­vent ici démon­tr­er leurs tal­ents, don­nant par­fois lieu à de très beaux tableaux comme le superbe “Danser sur le soleil” du cou­ple Tarzanov (Anako Gaudin et Syl­vain Rigault) ou encore l’amusant “Un tram­po­line dans la tête” du duo de clowns Pile et Face (Djamel Mehnane et Simon Heulle). Les musiques nav­iguent entre dif­férents styles, tan­tôt var­iété, par­fois émou­vantes, tan­tôt mod­ernes et per­cu­tantes comme « La Femme Elec­tro” inter­prétée par Dahlia (Véronique Sévère). On regret­tera toute­fois la répéti­tion exces­sive des refrains, nous don­nant l’impression que les per­son­nages n’ont, finale­ment, pas grand chose à dire. L’utilisation des écrans en tant que décor pour le cirque — décidé­ment, une véri­ta­ble mode dans les spec­ta­cles de cette année — est effi­cace et séduit. On retrou­ve l’utilisation de lasers qui n’est pas sans nous rap­pel­er une presta­tion présen­tée lors  de l’émission “La France a un Incroy­able Tal­ent” que présen­tait pen­dant quelques temps Alex Goude que nous retrou­vons à la mise en scène de Timéo. Le per­son­nage prin­ci­pal (Math­ias Raumel ou Ben­jamin May­traud), quant à lui, passe la majeure par­tie du spec­ta­cle en sim­ple spec­ta­teur sur le côté de la scène, chose assez triste pour le per­son­nage éponyme du spec­ta­cle qui, mal­gré quelques échanges justes et touchants avec la jeune Lilou (Flo­rence Peyrard),  paraît par­fois infan­til­isé et l’impact du mes­sage s’en voit ain­si amoindri.
L’idée de mélanger spec­ta­cle musi­cal et cirque était un pro­jet intéres­sant, mal­heureuse­ment la magie de Timéo ne fonc­tionne pas aus­si bien que nous l’aurions espéré.