Accueil Shopping The Temptations

The Temptations

0

Ce film est adap­té de Temp­ta­tions, un livre d’O­tis Williams, seul mem­bre du groupe orig­inel encore vivant. Il relate en détail la genèse, les heures de gloire et les affres qu’a con­nu ce groupe de soul music qui inter­pré­ta « My Girl » , « Get Ready » et « Papa Was A Rolling Stone ».
Détroit, 1958. A 17 ans, Otis Williams est bien décidé à vivre pour la musique et non à tra­vailler dans une chaîne de mon­tage comme son père le souhaite. Sa mère est son plus fidèle sou­tien. Le jeune homme affiche une pas­sion man­i­feste pour la musique. Dès le lycée, il monte un groupe, Otis Williams and the Siberi­ans et change son look pour ressem­bler à un chanteur. John­nie M. Matthews devient leur man­ag­er et les rebap­tise The Dis­tants. Le groupe con­nait un début dif­fi­cile. Leur pre­mier enreg­istrement s’ef­fectue dans une cave mal insonorisée. En out­re, leur man­ag­er refu­sant de leur vers­er leur pre­mier cachet, les mem­bres du groupe se sépar­ent. Seul Melvin Franklin reste avec Otis. Il a tou­jours été son plus fidèle allié, celui qui l’a soutenu dans les moments les plus pénibles de son exis­tence. Tous deux déci­dent de se join­dre à Eddy Kendricks et Paul Williams, deux anciens mem­bres des Primes. Ces derniers leur appren­nent alors à avoir un jeu de scène. Otis est ténor, Melvin basse, Eddy false­to et Paul bary­ton : leur qua­tre voix s’ac­cor­dent par­faite­ment. Ils sont enfin prêt à audi­tion­ner pour la Motown, la mai­son de disque pro­duisant des artistes de couleur et établie à Détroit. Ils ne peu­vent audi­tion­ner sans avoir un nom cor­rect : selon Paul, il faut que ce soit quelque chose d’in­ter­dit, quelque chose que tout le monde veut et que per­son­ne ne peut avoir. Il faut que ce soit sexy. Les Temp­ta­tions sont nés.
Pen­dant deux ans, le groupe n’ar­rive pas à percer. Smokey Robin­son leur écrit une très belle chan­son, « I Want A Love I Can See » , mais celle-ci n’ap­pa­raît dans aucun hit-parade. Les Temp­ta­tions ne ten­tent per­son­ne. Melvin a pour­tant l’in­time con­vic­tion qu’ils vont réus­sir. Au début de l’an­née 1964, David Ruf­fin rejoint la bande. Le groupe con­nait bien­tôt le suc­cès avec « My Girl » . Cer­tains des chanteurs, grisés par le suc­cès, brisent la cohé­sion du groupe. Ain­si, David assume mal sa notoriété et som­bre dans la cocaïne. Il n’as­siste pas aux répéti­tions, arrive en retard sur scène et finit par se quereller avec Otis. Les autres mem­bres du groupe déci­dent alors de son départ. Le chanteur des Con­tours, Den­nis Edwards, le rem­place. Le film décrit égale­ment la dis­pari­tion trag­ique de Paul devenu alcoolique et tenu éloigné de la scène par ses amis.
Ce film ne pos­sède pas de qual­ités artis­tiques qui lui don­neraient une pré­ten­tion à s’in­scrire par­mi les chefs-d’oeu­vre du sep­tième art. The Temp­ta­tions a un car­ac­tère doc­u­men­taire. Toutes les chan­sons inter­prétées par les acteurs du film sont les ver­sions orig­i­nales Motown de l’époque. Smokey Robin­son appa­raît dans son pro­pre rôle et chante « Be Care­ful What You Wish For » et « I’m Real­ly Going To Miss You ». The Temp­ta­tions révèle les rouages de l’in­dus­trie Motown. Out­re le fait que les artistes tra­vail­lent leur voix et leurs choré­gra­phies sous la houlette de pro­fesseurs con­fir­més, il exis­tait une réu­nion de con­trôle de qual­ité que Berry Gordy, le fon­da­teur de la Motown, avait emprun­té aux usines Ford dans lesquelles il avait tra­vail­lé. A chaque fois qu’un disque était enreg­istré, il réu­nis­sait les cadres supérieurs, les auteurs et les pro­duc­teurs. Ces derniers devaient vot­er en fonc­tion du poten­tiel de suc­cès du disque. Ain­si, pen­dant les pre­miers temps, les Temp­ta­tions enreg­istrèrent des albums qui ne sor­tirent jamais des locaux. Ceci souligne la recherche de l’ex­cel­lence de cette com­pag­nie, laque­lle est à méditer à une époque où bien sou­vent les dis­ques sont pro­duits très rapidement.
Ce film retrace la tra­ver­sée de plusieurs épo­ques très dif­férentes, depuis la soul music au dis­co. Il évoque la ségré­ga­tion alors en cours dans les années soix­ante. Lors de leurs pre­mières tournées, celles-ci s’ef­fec­tu­aient avec les autres artistes du label par­mi lesquels Mar­vin Gaye et The Supremes, les Temp­ta­tions se pro­duisent dans le Sud des États-Unis devant un pub­lic com­posé de blancs et de noirs mais qui sont séparés et sur­veil­lés par un représen­tant des forces de l’ordre.
Bien que le film soit tourné en couleur, cer­taines scènes sont en noir et blanc, comme si Allan Arkush, le réal­isa­teur, souhaitait soulign­er les moments forts qu’ont con­nu les Temp­ta­tions et plus par­ti­c­ulière­ment Otis Williams, le nar­ra­teur. The Temp­ta­tions célèbre le groupe et l’ami­tié qui a uni ses mem­bres en dépit des querelles et des dis­sen­sions internes, le tra­vail acharné qu’ont du fournir les mem­bres au détri­ment de leur vie de famille et de leur san­té mais récom­pen­sés par un sen­ti­ment de bon­heur éprou­vé sur scène, un état qua­si-mag­ique dont ils ne pou­vaient se passer.
Les images finales sont empruntes de nos­tal­gie, sen­ti­ment que le spec­ta­teur pour­ra éprou­ver à l’évo­ca­tion de cette époque révolue.