
Le 3 octobre dernier, débutait, au Princess of Wales Theatre de Toronto, la première nord-américaine d’une nouvelle production de The Sound of Music (Rodgers et Hammerstein), présentée par David Mirvish (Mirvish Productions), Andrew Lloyd Webber (The Phantom of the Opera) et David Ian.
De la téléréalité …
Tout comme pour la version londonienne, les producteurs ont eu la brillante idée de faire appel aux téléspectateurs canadiens pour choisir la jeune femme idéale pour le rôle de Maria, à travers l’émission « How do you solve a problem like Maria? » diffusée, l’été dernier, sur la chaîne nationale CBC. Durant l’hiver 2008, des auditions ont eu lieu dans pas moins de sept villes canadiennes. Des milliers de « Maria » ont défilé, devant des juges, pour tenter d’être parmi les 200 chanteuses choisies pour l’audition à Toronto. Celle-ci devait s’effectuer devant les juges vedettes de l’émission, à savoir John Barrowman (Miss Saigon, The Fix), Simon Lee (The Phantom of The Opera, Jesus Christ Superstar, Cats), Elaine Overholt (Hairspray, The Producers, Mamma Mia, Rent) et, pour quelques émissions, nul autre qu’Andrew Lloyd Webber, en personne, qui avait délaissé l’écriture de Phantom: Love Never Dies, pour se joindre à l’équipe canadienne.
Des 200 candidates, cinquante ont pris le chemin de la « Maria School ». Elles ont dû s’entraîner vocalement et, pratiquer la fameuse scène du début, c’est-à-dire, chanter « The Sound of Music » tout en virevoltant sur une montagne ! Après une semaine complète de formation exigeante et, surtout, d’évaluation, trente « Maria » ont été éliminées. Les vingt autres ont dû dire « adieu » au Canada et prendre le chemin de Londres, pour une prestation devant Andrew Lloyd Webber, sur la scène du Palladium Theatre. Suite à leur performance, les juges ont sélectionné les dix participantes pour l’émission « How do you solve a problem like Maria? » Et, en août dernier, après 14 épisodes, le public canadien choisissait Elicia MacKenzie pour incarner Maria. Agée de 23 ans et originaire de Surrey, en Colombie-Britannique, Elicia nous raconte : « J’étais en état de choc lorsque Gavin [NDLR : l’animateur] a lu mon nom ! Je pensais que c’était une erreur… mais je fus très heureuse de découvrir que ce ne l’était pas. »
… à la scène
Depuis son ouverture, en octobre dernier, The Sound of Music a été vu par pas moins de 80 000 spectateurs et, a reçu des critiques dithyrambiques. Il faut dire que Mirvish Productions a mis les moyens pour cette production avec une distribution impressionnante, composée de 51 interprètes. L’Américain Burke Moses (The Beauty and the Beast)reprend le rôle du Capitaine Von Trapp qu’il avait interprété, en 2003, lors d’une mini-tournée américaine. On remarquera également Elicia Mackenzie (Maria) qui a une présence unique sur scène, et la mezzo-soprano, Noëlla Huet (Mère Abbess), qui nous arrive, directement, du monde lyrique. Sa version de « Climb Ev’ry Mountain » est à couper le souffle ! À noter que Janna Polzin, la finaliste avec Elicia, joue, également, le rôle de Maria, deux fois par semaine. Elle nous raconte sa réaction : « Au moment où j’avais décidé d’aller de l’avant et de chercher d’autres options, du côté musical, j’ai reçu un appel de mon agent qui m’a demandé « Aimeriez-vous être Maria? ». Bien sûr, j’étais très heureuse et soulagée. Mon agent a dit qu’elle communiquerait avec Mirvish Productions dès le lendemain matin. Dans un moment de panique, je lui ai crié : « Ouiiiiiii! » et qu’il suffisait qu’elle leur dise oui, sans hésiter. Inutile de dire que je suis très heureuse que les producteurs aient décidé d’utiliser la popularité que j’ai acquise, lors de l’émission, pour en faire profiter la production. »
La scène où Maria chante « The Sound of Music », dans un décor époustouflant, vaut à elle seule, le déplacement. C’est un des moments favoris d’Elicia et elle explique : « Lorsque je suis suspendue sur la montagne au début du spectacle, aux premières représentations, j’avais peur d’être si haut, mais maintenant j’embrasse la sensation d’être au-dessus de tout à ce moment précis ».
La mise en scène, de Jeremy Sams (Chitty Chitty Bang Bang), est à la hauteur de son talent, tout comme les chorégraphies d’Arlene Philips (Flasdance, Grease). Les producteurs ont gardé, en grande partie, l’intégrale de 1959 mais y ont inclus deux chansons : « I Have Confidence » et « Something Good », qui avaient été écrites par Richard Rodgers, pour la version cinématographique de 1965.
The Sound of Music est une des meilleures productions à avoir vu le jour, ces dernières années, à Toronto.