
Stéphane Jacques, comment êtes-vous arrivé sur Attention mesdames et messieurs ?
Etant dans la compagnie Roger Louret, je savais depuis quelques temps qu’il était sur ce projet là, on en entendait parler. Un jour, il m’a appelé pour me demander si je voulais faire partie de cette aventure. J’ai bien sûr dit oui tout de suite. En fait, autant dire que Roger nous a imposés, Gwendoline, Thomas Boissy et moi. C’était l’une de ses conditions pour participer au projet. Il avait besoin de gens comme nous, qu’il connaissait et sur lesquels il pouvait s’appuyer.
N’avez-vous pas été gêné par le fait que le spectacle soit lié à une émission de télé réalité ?
Je n’ai rien contre la télé réalité, à partir du moment où les gens rêvent devant quelque chose, c’est très bien. Ceci dit si j’avais du passer le casting dans le cadre de cette émission, j’aurais peut-être tiqué un peu ! Le problème c’est que l’émission telle qu’on nous l’avait exposée s’apparentait plus à une sorte de documentaire sur les différentes étapes de la préparation d’un spectacle qu’à de la télé réalité, or ça n’a pas été le cas. Je crois qu’elle n’a pas correspondu à ce que la plupart des protagonistes attendaient et qu’elle n’a pas vraiment servi à la promotion du spectacle.
Avec les deux autres leaders de la troupe, vous êtes-vous impliqués dans la préparation du spectacle ?
Nous sommes depuis fin mai sur ce projet. Nous en avons suivi toutes les étapes. Nous avons assisté à tous les castings et même fait le jury sur l’un d’eux. Mais pour le reste, Roger Louret attend d’avoir toute la troupe en face de lui pour vraiment créer le spectacle.
Quels ont été les rapports au sein de la troupe entre vous, les trois rôles titre, et les autres, professionnels et amateurs ?
Ca s’est fait naturellement. Je ne dis pas que ça a été facile. Les petits jeunes commençaient un peu à paniquer, à se demander comment ça allait se passer. Il y a eu quelques petites tensions au départ. Mais dans l’ensemble ça s’est très bien passé. Le premier jour où nous avons tous été réunis, nous avons constaté que nous formions une belle troupe. C’est une troupe qui tient la route, avec des artistes qui avancent tous dans le même sens. Il n’y a que des gens qui ont envie.
Comment se sont passées les répétitions ?
Elles ont duré deux mois. Contrairement à ses précédents spectacles, Roger Louret a du composer avec des artistes qu’il ne connaissait pas ou peu, dont une grande partie n’avait pas d’expérience de la scène. Et puis avec Michel Fugain et Jean-Claude Camus à ses côtés, il ne pouvait pas créer le spectacle comme il en avait l’habitude, il a du s’adapter. Il a été un peu plus en retenue, mais c’est quand même un spectacle à la Roger Louret ! Moi j’adore. Il a une méthode de travail très particulière. Il travaille beaucoup à base d’improvisations, les comédiens participent à la création.
Comment qualifieriez-vous ce spectacle ?
C’est un spectacle qui n’a rien à voir avec les autres spectacles musicaux qu’on peut voir actuellement. C’est un spectacle populaire qui n’a pas vocation à porter un message mais simplement à divertir les gens. D’après les réactions du public, j’ai l’impression que cela fonctionne.
Que raconte-t-il ?
Ce spectacle n’a pas la prétention de raconter une histoire. C’est une évocation du parcours de Michel Fugain à partir de son répertoire : son enfance, son adolescence, l’armée, ses coups de gueule, ses coups de folie, ses amours… Thomas Boissy et moi, nous sommes les deux facettes de Michel Fugain plus jeune. On va dire que Thomas c’est le côté blanc et moi le côté noir de Michel.
Connaissiez-vous le répertoire de Michel Fugain ?
Pas tout, loin de là. Mais j’aime bien, surtout ces derniers albums depuis dix ans qui ont un côté un peu jazzy funky. Les auteurs qui collaborent avec lui font partie des plus grands. J’ai découvert de superbes chansons de lui en travaillant sur le spectacle. C’est quelqu’un que j’apprécie et que je respecte beaucoup, un très bon musicien aussi.
Pas trop impressionné de partager la scène avec lui ?
Je n’irai pas jusque là. Je vais sur scène pour prendre du plaisir et pas pour être impressionné. Mais il est vrai qu’au début ça n’a pas été très facile. Avec Gwendoline et Thomas, nous avons attaqué directement en studio avec lui pour enregistrer l’album. Il fallait qu’on se fasse accepter et qu’il apprenne à nous connaître. Il nous a mis un peu la pression. Avec le reste de la troupe au début des répétitions, il y a eu aussi une période normale d’observations de part et d’autre. Mais aujourd’hui nous sommes très complices, ça déconne pas mal !
Quels sont vos projets ?
Avant tout, je voudrais faire un album avec mon groupe, c’est mon principal objectif. D’autre part, avec Thomas et Gwendoline avec qui je ne me lasse pas de travailler, nous avons un autre projet. Maintenant à savoir s’il va se concrétiser, nous croisons les doigts !
Y’a-t-il des comédies musicales dans lesquelles vous aimeriez jouer ?
Oui, des comédies musicales qui me correspondent comme Tommy, Hair, Rocky Horror Picture Show. Et depuis que j’ai vu le DVD de Jesus Christ Superstar avec l’incroyable Jérôme Pradon, j’avoue que le rôle de Judas me plairait beaucoup.