Songs For A New World (Critique)

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songs-for-a-new-worldAmer­i­can Musi­cal The­atre LIVE! Paris propose
SONGS FOR A NEW WORLD

Mise-en scene : Frédérique LELAURE
Direc­tion musi­cale : John FLORENCIO
Lumières : Eric CHARANSOL

Avec Miran­da CRISPIN, Franck JEUFFROY, Can­dice PARISE et Tol­gay PEKIN

A la fron­tière entre la comédie musi­cale améri­caine et le cycle de chan­sons, ce spec­ta­cle s’ar­tic­ule autour d’un thème com­mun : “Le moment de la décision.”
Une série d’histoires humaines pour une quin­zaine de per­son­nages inter­prétés par qua­tre artistes tal­entueux aux voix com­plé­men­taires et aux des­tins liés.
« It’s about one moment. It’s about hit­ting the wall and hav­ing to make a choice, or take a stand, or turn around and go back » (Jason Robert Brown, auteur-compositeur)

Notre avis :

Après Edges et The Last Five Years au print­emps dernier, l’Auguste Théâtre accueille pour la pre­mière fois à Paris, Songs For A New World, le nou­veau spec­ta­cle de la com­pag­nie Amer­i­can Musi­cal The­atre Live. Un nou­veau spec­ta­cle présen­té en ver­sion orig­i­nale, autant dire une vraie chance pour les ama­teurs de théâtre musi­cal de décou­vrir cette œuvre améri­caine que l’on doit à Jason Robert Brown.
S’ouvrant sur une superbe inter­pré­ta­tion de « The New World », elle offre ensuite une suc­ces­sion de duos ou de solos, s’articulant tous autour d’un thème : l’instant de la déci­sion, le moment clé qui des­sine un avenir dif­férent. Autant de péri­odes mag­iques, déci­sives, drôles ou frag­iles, que l’on retrou­ve au long de nos exis­tences et précè­dent un tour­nant vers « un nou­veau monde ». Miran­da Crispin et Can­dice Parise, accom­pa­g­nées de Franck Jeuf­froy et Tol­gay Pekin, don­nent vie à dif­férents per­son­nages aux des­tins mul­ti­ples. C’est une femme prête à se jeter par la fenêtre, une autre désor­mais seule car enceinte, un homme bien décidé à pren­dre sa revanche sur la vie et à devenir star de bas­ket ou encore un cou­ple qui après des années de sépa­ra­tion réalise en se retrou­vant qu’ils sont faits l’un pour l’autre.
C’était une gageure de mon­ter cette œuvre con­tem­po­raine aux morceaux musi­caux très divers, et dont les thèmes ne sont pas d’un ent­hou­si­asme déli­rant. Même si le cadre mod­este et l’ambiance feu­trée de l’Auguste sont par­faite­ment prop­ices à ces réc­i­tals d’un genre par­ti­c­uli­er, per­me­t­tant aux artistes d’interpréter ce « cycle de chan­sons » au plus près du pub­lic, la mise en scène n’aide pas à alléger des textes déjà graves. Et c’est un peu dom­mage, car mal­gré l’indiscutable tal­ent vocal des inter­prètes, il en ressort une ambiance un peu som­bre, éclairée toute­fois par la sub­lime inter­pré­ta­tion de « Christ­mas Lul­la­by » de Can­dice Parise. Une sup­pli­ca­tion par­ti­c­ulière­ment émou­vante, tout comme l’est « Fly­ing home » la chan­son finale de Tol­gay Pekin. Prê­tant sa voix à un sol­dat mourant qui s’apprête à rejoin­dre le ciel, il impose un silence recueil­li dans la salle. Avant que l’atmosphère par­ti­c­ulière qui entoure cette présen­ta­tion de Songs for a New World ne s’allège heureuse­ment et que la musique ne s’emballe avec une ultime chan­son tein­tée de gospel : « Hear my song ». Un appel à nous lancer nous aus­si vers un nou­veau monde et vers de nou­velles aven­tures, comme AMT Live le fait en pro­mou­vant les comédies musi­cales étrangères avec le suc­cès que l’on sait.