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Solo in Time (Critique)

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avec : Savion Glover,  Mar­shall Davis et des musi­ciens de flamenco
com­po­si­tion orig­i­nale des cla­que­ttes : Savion Glover
“Improvog­ra­phy » : Gre­go­ry Hines & Jim­my Slyde

RYTHMES PURS
Anom­alie ou rareté, il n’y a qu’un Savion Glover. Danseur de cla­que­ttes et choré­graphe, gran­di sous les sun­lights de Broad­way – il y démarre en 1982, à l’âge de 9 ans, dans la comédie musi­cale The Tap Dance Kid –, Savion Glover a don­né ses let­tres de noblesse au tap-danc­ing dans la lignée des fig­ures légendaires comme celles des Nico­las Broth­ers. Mais encore, il a su lui don­ner une urgence con­tem­po­raine. Après Bare Soundz, man­i­feste de per­cus­sions dan­sées, présen­té en 2010 au Théâtre de la Ville, il revient à la charge et dou­ble la mise avec SoLo iN TiME. Il y rap­proche avec justesse les cla­que­ttes et le fla­men­co dont le zap­atea­do (claque­ments des pieds) fait crépiter une gamme sonore toute en nuances. Épaulé par son com­plice Mar­shall Davis Jr., une chanteuse et per­cus­sion­niste fla­men­co-pop, ain­si que par deux autres musi­ciens, Savion Glover croise le fer dans tous les sens du terme et invente un nou­v­el homme-orchestre nom­mé danseur. Il signe aus­si en douze tableaux, un hom­mage à la vir­tu­osité. Pure exci­ta­tion de la décou­verte et du risque, pure jouis­sance aussi.
Jeanne Liger

Notre avis : Dès le début de la représen­ta­tion le spec­ta­teur, qui se croit tran­quille­ment assis sur son fau­teuil, se retrou­ve plongé dans un univers fasci­nant, hyp­no­tique et n’au­ra de cesse d’être saisi durant les qua­tre vingt dix min­utes de spec­ta­cle. Savion Glover pos­sède un pou­voir rare, celui de faire voy­ager à l’u­nis­son une salle grâce à son agilité, son endurance, son sens du rythme et la musique. Et lorsque deux musi­ciens fla­men­co vien­nent le rejoin­dre, l’os­mose est par­faite et totale entre les trois artistes. Riche idée que de mari­er les cla­que­ttes, mod­ernes, dynamiques, vire­voltantes, avec une tra­di­tion musi­cale que l’on peut atten­dre partout sauf ici. Que l’on regarde les pieds du danseur, sa gestuelle, son vis­age, tout fascine. Sa manière de faire des cla­que­ttes asso­cie puis­sance et finesse, la maes­tria ne l’emporte jamais sur le plaisir pur. Et lorsque le danseur est rejoint par Mar­shall Davis, ils offrent un duo des plus éton­nants, ils s’é­coutent, se répon­dent puis enchainent des pas dont la com­plex­ité n’échap­pera à per­son­ne. Lorsque l’on pense que le numéro arrive à son apogée et à sa final­ité, il repart de plus belle. En magi­cien sur­doué, comme en transe, Savion Glover sait à coup sûr tran­scen­der la danse, son art. Autant dire que, une fois le spec­ta­cle achevé, il est dif­fi­cile de quit­ter son siège ! Un spec­ta­cle extra­or­di­naire à voir absolument.

Lien du théâtre de la ville.