Sinan Bertrand, flamboyant prédateur

0
302
Sinan Bertrand dans Le Bal des Vampires © VBW Brinkhoff / Mögenburg
Sinan Bertrand dans Le Bal des Vam­pires © VBW
Brinkhoff / Mögenburg

Sinan Bertrand, Le Bal des Vam­pires a désor­mais pris sa vitesse de croisière. Com­ment vous sentez-vous ?
On est plus con­fort­able, plus déten­dus. On s’a­muse, on respire. Les gens qui ont pu voir la cou­turière et qui sont revenus récem­ment nous dis­ent que c’est le jour et la nuit. Il faut aus­si savoir qu’aux avant-pre­mières, on a un pub­lic invité, plus ou moins ten­dre, mais aujour­d’hui, on est avec un pub­lic qui paie sa place et qui a envie de décou­vrir le spec­ta­cle : un pub­lic très chaleureux et qui nous porte beau­coup. Du coup, on surfe sur cette vague de réac­tions et ça joue aus­si sur la qual­ité du spectacle.

Par­lez-nous du tra­vail avec Roman Polanki.
C’é­tait fasci­nant. Au départ, c’est un fac­teur intim­i­dant de tra­vailler avec lui, mais au bout d’une minute, on est dans le tra­vail, dans le con­cret : il bom­barde d’in­for­ma­tions, de direc­tives, de pré­ci­sions… Bom­barder, c’est le terme car il n’ar­rête pas. S’il a l’oc­ca­sion de tra­vailler sur une scène, il y a tou­jours quelque chose à refaire avec lui. Il teste beau­coup de choses, c’est assez agréable car on s’est retrou­vé dans un tra­vail de « créa­tion » plutôt que de repro­duc­tion, de « fran­chise ». Même si le spec­ta­cle ne change pas du tout au tout avec les ver­sions précé­dentes, il y a quand même un tra­vail d’a­juste­ment des rôles, c’est très agréable du point de vue des interprètes.

Quelles étaient ses direc­tives con­cer­nant Her­bert, votre personnage ?
Par rap­port aux autres ver­sions, Her­bert reste une folle tor­due mais peut-être un peu plus couil­lue qu’a­vant. Dès l’au­di­tion, Polan­s­ki dis­ait d’Her­bert : « on sait qu’il est gay, ça se voit, ce n’est pas l’essence du per­son­nage, ça n’a pas d’in­térêt de jouer son homo­sex­u­al­ité, ce qu’il faut jouer, c’est que c’est un per­son­nage amoureux, roman­tique, lyrique, pas­sion­né, séduit. Il faut d’abord avoir ça et ensuite, le reste devient drôle. » Et j’ai aimé qu’il par­le d’abord de l’essence même du per­son­nage plutôt que de la car­i­ca­ture ou la périphérie : c’é­tait la preuve pour moi qu’il était un bon directeur d’acteurs.
Il dis­ait aus­si qu’il ne faut pas oubli­er qu’Her­bert est dan­gereux, et si on oublie ça, son exubérance n’est pas drôle. Il faut trou­ver un équili­bre entre son côté pré­da­teur et sa flamboyance.

Quels sont les moments forts du spec­ta­cle pour vous ?
En tant qu’in­ter­prète, ce sont ceux où je suis sur scène, vu que j’at­tends déjà une heure avant de mon­ter ! (rires)

Juste­ment, ce n’est pas un peu frustrant ?
C’est un peu par­ti­c­uli­er au niveau de l’én­ergie mais ce n’est pas frus­trant parce que j’ai un par­cours sym­pa­thique à jouer. J’aime ce per­son­nage et les tableaux que j’ai à défendre, et je suis plutôt con­tent quand on me dit qu’on ne me voit pas assez sur scène. C’est telle­ment mieux que le con­traire. Après, il y a des tableaux que j’aime regarder, comme le réveil des vam­pires. J’aime beau­coup faire le final, même s’il n’a pas l’air de trou­ver son pub­lic en France, mais moi, je l’aime beaucoup.

Que peut-on vous souhaiter ?
D’ar­riv­er vivant à la fin de ce périple ! C’est un spec­ta­cle éprou­vant physique­ment et vocale­ment : on est tous au taquet, c’est une qual­ité rock, donc il faut y aller. Mais l’équipe est vrai­ment top et on prend beau­coup de plaisir.

Lire aus­si notre cri­tique du spectacle
Notre inter­view de David Alexis
Notre inter­view de Rafaëlle Cohen
Notre inter­view de Stéphane Métro
Notre compte-ren­du de la con­férence de presse
Voir notre
inter­view vidéo de Roman Polanski