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Simenon et Joséphine

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Comédie musi­cale en deux actes de Stéphane Laporte
et Jean-Louis Grinda
Musique de Patrick Laviosa
Textes de Stéphane Laporte et Jean-Louis Grinda
Lyrics de Stéphane Laporte

Direc­tion musi­cale : Bruno Membrey
Mise en scène : Jean-Louis Grinda
Choré­gra­phie : Bar­ry Collins
Décors : Dominique Pichou
Cos­tumes : Michel Fresnay
Lumières : Jacques Chatelet

Avec Johan­na Manchec, Jean-Bap­tiste Puech, Angélique Rivoux, Liza Michael, René Camoin, Didi­er Clusel, Flavia Man­gani, Jacques Verzi­er, Ray­mon Magdeleine, Chris­t­ian Asse, Scott Emer­son, Jacques Vidal, Jean-Charles Don­nay, Cather­ine Aron­del, Sabine Defourny, Alma de Vil­lalo­bos, Anne-Françoise Lecocq, Amélie Munier, Patience Aboiralor, Ali­cia Ban­ton, Tama­ra McK­oy-Pat­ter­son, Jacqui Zwim­ba, Lau­rent Coderch, Jo Fowler, Eric Nico­las, Thier­ry Walk­er, Simon Archer, Drew Charles, Nick Holmes, Cleo Mar Souza Oliviera, Fabi­en Kisoka.

2003 mar­que le cen­te­naire de la nais­sance de Georges Simenon, écrivain belge et créa­teur du célèbre Mai­gret. Pour com­mé­mor­er cet enfant prodi­ge de Liège, L’Opéra Roy­al de Wal­lonie lui rend hom­mage à tra­vers une comédie musi­cale, Simenon et Joséphine, évo­quant les amours tumultueuses de l’écrivain et de la per­le noire dans le Paris des années folles.

Retrac­er la vie (ou du moins cer­tains épisodes) d’une fig­ure his­torique est tou­jours un exer­ci­ce déli­cat tant il est dif­fi­cile de trou­ver le bon équili­bre entre l’évo­ca­tion de l’Homme — l’artiste — (sa vie, son oeu­vre) et celle de l’homme (ses con­tra­dic­tions, ses failles, ses espoirs). Dans Simenon et Joséphine, les pas­sages dia­logués sont par­fois un peu didac­tiques — même si l’on imag­ine les con­traintes imposées à ce type de com­mande — et entra­vent le rythme de l’action.

Mal­gré cela, on se laisse entraîn­er dans l’his­toire de cet homme partagé entre deux amours, et en l’oc­curence, c’est plus l’homme que l’écrivain qui finit par atten­drir le spec­ta­teur. Et si l’aspect biographique peut par­fois laiss­er indif­férent, Simenon et Josphine en tant que comédie musi­cale est par­ti­c­ulière­ment réussi.
La mag­nifique par­ti­tion de Patrick Laviosa évoque tour à tour le jazz, le charleston, le music-hall, le folk­lore exo­tique (Yma Sumac par exem­ple)… Les orches­tra­tions sont mag­nifiques, tri­om­phantes et scin­til­lantes lorsqu’il s’ag­it de numéros de revues, sen­si­bles et déli­cates pour les chan­sons intro­spec­tives, révélant une riche palette de couleurs et s’ac­cor­dant par­faite­ment aux textes de Stéphane Laporte.

Côté mise en scène, les numéros d’ensem­ble sor­tent du lot. « Men­su­el » est un véri­ta­ble hom­mage à la comédie musi­cale améri­caine des années 50 (on pense notam­ment au « Think Pink ! » du Fun­ny Face de Stan­ley Donen) mené par un tou­jours impec­ca­ble Jacques Verzi­er. Mais dans Simenon et Joséphine, les rôles féminins bril­lent par­ti­c­ulière­ment, cha­cun dans son reg­istre. Johan­na Manchec est une Joséphine pleine d’én­ergie, Angélique Rivoux est par­ti­c­ulière­ment émou­vante en femme trompée mais aimante, et Liza Michael ajoute l’indis­pens­able touche de légèreté et d’hu­mour à l’ensemble.

On espère main­tenant que Simenon et Joséphine, comme Simenon lui même, pour­ra quit­ter Liège pour par­tir à la con­quête de notre cap­i­tale… et que le tan­dem Laporte / Laviosa nous livr­era d’autres perles.