Sandrine Mouras : directrice générale de Stage Entertainment France

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Sandrine Mouras (c) Stéphane Kerrad
San­drine Mouras © Stéphane Kerrad

Quels sont les points forts de Zor­ro qui vous ont tout de suite séduite ?
Quand je suis allée à Lon­dres, j’ai eu un coup de  foudre pour Zor­ro. La mise en scène est spec­tac­u­laire, l’his­toire est extrême­ment forte, mag­ique, les décors sont somptueux. Ce qui nous par­le à nous, « latins », ce sont aus­si ces bal­lets fla­men­co, la musique des Gip­sy Kings… Ca nous emporte, c’est un show anti-morosité. C’est par­fait pour le pub­lic français et j’avais donc envie de l’amen­er sur Paris.

Y aura-t-il des change­ments pour la ver­sion française ?
Le show va en effet être réadap­té au goût du pub­lic français. On garde la même his­toire, la même mise en scène, le même  niveau de qual­ité et d’ex­i­gence artis­tique que le show de Lon­dres, en revanche, on réadapte le pro­jet pour la France. Le met­teur en scène [NDLR : Christo­pher Ren­shaw] est venu sur Paris, a vis­ité la salle des Folies Bergère et a été com­plète­ment inspiré : ça lui a don­né envie de faire des mod­i­fi­ca­tions dans la mise en scène, dans cer­tains aspects du décor, dans la choré­gra­phie, et de rajouter des nou­velles chan­sons des Gip­sy Kings. Donc il y aura une évo­lu­tion, et bien sûr, le spec­ta­cle sera entière­ment réadap­té en français mais ce ne sera pas une sim­ple tra­duc­tion des par­ties comédie et chan­sons, ce sera véri­ta­ble­ment une réadap­ta­tion avec les référents spé­ci­fiques à notre culture.

Zor­ro sera le troisième spec­ta­cle pro­duit par Stage Enter­taine­ment France. Pou­vez-vous déjà nous par­ler des grandes lignes du développe­ment de Stage ?
Stage Enter­tain­ment, d’un point de vue inter­na­tion­al, a des activ­ités à trois niveaux.  Le pre­mier est la direc­tion, la ges­tion,  l’ex­ploita­tion de théâtres privés en Europe, Mogador en étant un. Une des pre­mières phas­es de Stage a été de trou­ver une salle emblé­ma­tique qui ressem­ble aux théâtres lon­doniens ou améri­cains pour abrit­er ce type de très grandes pro­duc­tions inter­na­tionales. Mogador a donc été acheté puis rénové afin d’amen­er en France des musi­cals sus­cep­ti­bles de cor­re­spon­dre au goût des Français. Stage pro­duit au niveau inter­na­tion­al Mam­ma Mia !, Le Fan­tôme de l’Opéra, Cats, Les Mis­érables, etc. On choisit des spec­ta­cles qui peu­vent plaire aux Français et on a donc pro­duit Cabaret, Le Roi Lion, et aujour­d’hui Zor­ro. L’an­née prochaine, on prévoit de dévelop­per deux autres spec­ta­cles : Mam­ma Mia ! prob­a­ble­ment, et un autre dont je ne peux pas encore vous parler.
On est égale­ment en train d’adapter nos spec­ta­cles pour qu’ils puis­sent par­tir en tournée et ren­con­tr­er le pub­lic en province. Jusqu’à présent, Cabaret était rési­dent aux Folies Bergère, Le Roi Lion est un spec­ta­cle sub­lime mais dif­fi­cile­ment trans­portable, voire pas du tout. En revanche, Zor­ro par­ti­ra en tournée. C’est une grande pre­mière et c’est dans l’évo­lu­tion logique de Stage d’avoir plusieurs spec­ta­cles en France et de faire décou­vrir au pub­lic français ce qu’est le musi­cal de Broad­way — ça c’est notre plus grand défi — et leur don­ner des spec­ta­cles de très grande qualité.

Aux Pays-Bas par exem­ple, Stage pro­duit égale­ment des créa­tions « locales », est-ce que ce cas de fig­ure peut être envis­agé en France ?
Je pense que ça peut arriv­er, c’est dans notre souhait. On peut soit par­ticiper à une pro­duc­tion locale en tant que co-pro­duc­teur, soit pro­duire locale­ment nos pro­pres spec­ta­cles. Stage Lon­dres le fait avec Sis­ter Act par exem­ple, en co-pro­duc­tion avec Whoopi Goldberg.
En France, il y a énor­mé­ment de thèmes français qui nous per­me­t­traient de dévelop­per nos pro­pres spec­ta­cles. On y pense !

Est-que vous pensez que le théâtre musi­cal souf­fre de la crise ? Si oui, com­ment vous positionnez-vous ?
On a la chance d’avoir un suc­cès sans précé­dent avec Le Roi Lion. On ne con­naît pas la crise sur ce spec­ta­cle. On  a un bouche à oreille qui est tel que les gens ont envie de le voir. On a 95 % de rem­plis­sage en week-end, 90 % en semaine, c’est énorme. Après il y a des péri­odes creuses, comme cer­tains jours de semaine qui sont dif­fi­ciles pour la plu­part des théâtres privés mais d’une manière générale, on ne souf­fre pas : à par­tir du moment où on offre un spec­ta­cle de qual­ité, ça devient un ren­dez-vous et les gens sont prêts à faire le pas et à dépenser 60 ou 80 €, parce qu’ils savent qu’on ne se moque pas du public.

Retrou­vez Zor­ro, le musi­cal à par­tir du 5 novem­bre 2009 aux Folies Bergère.