Rue de la chute — Cie Royal de Luxe — Paris quartier d’été — (Critique)

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Affutez vos éper­ons, ajustez vos hol­sters, pré­parez vos flèch­es et vos calumets : Roy­al de Luxe con­fronte ses colts aux canons des Invalides. Car revoici à Paris la plus facétieuse des com­pag­nies de rues, réu­nis­sant des machines folles et des humains pas moins fous, con­ciliant l’énorme qui en met plein la vue et les petits détails qui font l’inoubliable. Dans la pous­sière du mois d’août, ils pro­posent une nou­velle créa­tion tournée vers le Far West, et sur laque­lle règne encore le silence des grandes plaines…

Notre avis :

Le spec­ta­cle s’ou­vre avec la recon­sti­tu­tion du tour­nage d’un west­ern, avec Indi­ens et méchants blancs colonisa­teurs. Il est ques­tion d’un ani­mal mythique : un cheval pen­du. Mais le chef opéra­teur, après qu’un coup de revolver non chargé fut tiré, s’effondre comme si une balle lui sor­tait du cœur. Nous plon­geons ensuite dans l’Ouest améri­cain, le vrai (enfin revu par Roy­al de luxe qui s’amuse des clichés véhiculés par les œuvres qu’il a inspiré) pour résoudre une dou­ble énigme : celle du fameux cheval pen­du, qui était en fait car­ni­vore (et son maître a dézin­gué alle­gret­to homme, femme, enfant pour nour­rir l’animal) et le mys­térieux revolver qui a un effet retard, le tout entre deux ville : Fall street et Big town. Le saloon ambu­lant avec les filles de joie, le juge, le sher­iff, le peau rouge qui reçoit trois vœux de la part d’une divinité,… Tout se mélange et se com­plique à loisir, la troupe enchaî­nant des morceaux ryth­més la musique (beau­coup d’emprunts à Mor­ri­cone, aux musiques de west­ern jusqu’à… Dal­i­da),  les explo­sions, des effets grand guignolesques…

La sauce prend-elle ? A vrai dire pas totale­ment. En effet les deux heures de spec­ta­cle man­quent de struc­ture nar­ra­tive et le show sem­ble hésiter sans cesse entre grand foutoir sym­pa­thique et ten­ta­tive de racon­ter une his­toire, ou plutôt des his­toires. Mais dif­fi­cile de s’y retrou­ver. Une plus grande rigueur aurait été bien­v­enue pour hiss­er le spec­ta­cle à un autre niveau. D’autant que, sou­vent, les con­cep­teurs se réga­lent de blagues déjà vues. Roy­al de Luxe est une troupe telle­ment excep­tion­nelle que l’on met tou­jours la barre très haut. Mal­gré cette décep­tion les moments savoureux ne man­quent pas et la troupe ne ménage pas ses efforts pour courir dans tous les sens, endoss­er plusieurs iden­tités, jouer, chanter, dis­tribuer le jour­nal… Un spec­ta­cle diver­tis­sant, donc, à défaut d’être inoubliable.

N’hésitez pas à con­sul­ter la page du fes­ti­val et le site de la Cie Roy­al de Luxe.