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Rio Roubaix

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Une comédie de Ben­jamin LEFEBVRE
Mise en scène : Bertrand LIEBERT
Créa­tion décors : Jean-Pierre LARTISIEN
Créa­tion musi­cale : Julien ROULLIER
Créa­tion bande son : Philippe GARAPONT
Pro­duc­tion : Com­pag­nie Rêve de Plaisanterie
Inter­pré­ta­tion : Ben­jamin LEFEBVRE, Véronique DESMADRYL, Char­lotte CLAEYSSEN

Rio-Roubaix tente le pari dif­fi­cile d’en­traîn­er des per­son­nages de comédie dans un grand mélo au pre­mier degré. Ben­i­to est un trav­es­ti brésilien venu en France pour un gala de char­ité, et il croise un clown féminin plein de vie. Cha­cun porte un lourd secret que les événe­ments et l’en­tourage du moment vont faire ressur­gir. Les trois acteurs et actri­ces incar­nent plusieurs rôles. Les acteurs peu­vent étaler une large palette d’ex­pres­sions entre comédie et grav­ité. En par­ti­c­uli­er, l’in­ter­view de Ben­i­to par une jour­nal­iste ch’ti (du départe­ment du Nord) est un régal comique. Le spec­ta­cle est généreux, mais il laisse un sen­ti­ment d’i­nachevé. On passera rapi­de­ment sur les moyens mod­estes du spec­ta­cle : le sys­tème D fonc­tionne et la garde-robe fournie de Ben­i­to tient la route. Le reproche viendrait plutôt d’une sous-util­i­sa­tion de la musique et de la danse qui, bien exploitées, pour­raient installer le spec­ta­cle dans l’in­ten­sité émo­tion­nelle qu’il revendique. À cet égard, la presta­tion d’ou­ver­ture de Ben­i­to est symp­to­ma­tique : il manque une véri­ta­ble choré­gra­phie et un vrai chant pour entr­er dans le spec­ta­cle. Or l’in­vestisse­ment de la troupe est fort et vis­i­ble, la bande-son est soignée et com­porte des références à la comédie musi­cale. Tout cela ali­mente les regrets exposés plus haut. Au final, le spec­ta­cle est attachant, mais sem­ble encore « en cours d’élab­o­ra­tion ». Nous espérons en avoir un jour une ver­sion davan­tage musi­cal­isée pour voir toutes ses promess­es réalisées.