Richard Charest — Beau comme le soleil

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Richard Charest ©DR
Richard Charest ©DR
La « Québec Con­nec­tion » a encore frap­pé ! « C’est vrai, con­cède, amusé, Richard Charest, ce soir, toute la dis­tri­b­u­tion mas­cu­line est québé­coise. Pour nous, c’est un heureux hasard. Pour ceux qui sont venus nous voir, j’e­spère que ce sera une belle décou­verte ». Pour ce jeune auteur-com­pos­i­teur qui se révèle égale­ment bril­lant inter­prète, « il y a peut-être un aspect géopoli­tique dans tout ça ! A cause de notre sit­u­a­tion, nous devons for­cé­ment être des bat­tants. Et dans notre façon de chanter, nous avons cette émo­tiv­ité et cette human­ité très mar­quées ». Comme pour se dédouan­er, il ajoute aus­sitôt : « Mais bon, il y a plein d’artistes d’ex­pres­sion française qui ne sont pas québé­cois… Patrick Fiori par exem­ple ! « .

Des chaus­sures à la bonne pointure 

Si le nom de Patrick Fiori lui vient naturelle­ment aux lèvres, c’est bien sûr parce que, depuis quelques mois, il partage le rôle de Phoe­bus avec ce dernier. Un con­te de fées auquel il a encore un peu de mal à croire. « J’avais eu vent, comme tout le monde, de cet incroy­able suc­cès. Et l’idée que j’aimerais faire par­tie de la troupe a com­mencé à ger­mer en moi. Au print­emps dernier, mon man­ag­er a ren­con­tré Luc Pla­m­on­don et l’a con­va­in­cu de m’en­ten­dre ». Les audi­tions pour suc­céder à terme à la troupe orig­i­nale étaient alors en phase finale. Et pour­tant, Richard s’im­pose immé­di­ate­ment. « Ma vie a bas­culé en l’e­space de qua­tre jours. Et depuis, Phoe­bus existe en moi. Quand je suis mon­té sur scène, j’avais déjà toute la cathé­drale en tête ! « . Il faut dire que, par­mi tous les inter­prètes de Notre Dame de Paris, Richard est l’un des rares à avoir lu « la brique de Vic­tor Hugo. Je suis très admi­ratif de Luc qui a su, au milieu de ces 600 pages, aller chercher l’essen­tiel et saisir la sub­stance du roman. Il y est par­venu avec une grande clarté, avec une économie de moyens et de mots qui fait que tout le monde peut com­pren­dre ».

Quand on lui demande com­ment il peut mar­quer le rôle de son empreinte après la défer­lante Fiori, il répond en riant : « Met­tre les chaus­sures de Patrick, ce n’é­tait pas évi­dent, d’au­tant que nous n’avons pas la même poin­ture ! J’ai donc envis­agé mon per­son­nage dif­férem­ment : c’est un salaud qui veut avoir toutes les filles. J’es­saie de faire dis­paraître toute trace d’hu­man­ité de lui ». Dans l’his­toire du show-biz, Richard n’est pas le pre­mier gen­til à jubil­er à l’idée d’in­ter­préter un méchant.

La fatal­ité a joué un rôle 
Comme il a vécu le phénomène de l’ex­térieur avant d’en­tr­er ain­si dans la légende Notre Dame, il a encore des éton­nements d’ingénu. « Les pre­miers soirs, au moment de la chan­son « Belle », je me dis­ais : mais oui, c’est bien Daniel Lavoie qui est à côté de moi ! Comme inter­prète, je ne sais pas si on ren­con­tre beau­coup de moments comme ça dans une car­rière ! « .

Mais cela ne l’empêche pas de porter un regard lucide sur les raisons d’un tel suc­cès… « C’est vrai, c’est une belle his­toire, une vraie tragédie grecque. Il y a de belles mélodies, des textes qui vont droit au but, une mise en scène qui tranche avec ce qui se fait d’habi­tude, et des inter­prètes forts. Mais surtout, j’aime à penser que la fatal­ité y est aus­si pour quelque chose. Quoiqu’il en soit, je suis très heureux de faire par­tie de la deux­ième étape de cette aven­ture ».

Ce jeune homme sage qui garde la tête froide réflé­chit donc déjà à l’après Notre Dame. « En fait, j’ai com­mencé avant à réfléchir à l’après », explique-t-il en souri­ant. Après un pre­mier album, il était en effet en pleine redéf­i­ni­tion de sa car­rière : nou­veau man­ag­er, nou­velle équipe de pro­duc­tion et nou­velle mai­son de dis­ques… quand le rôle de Phoe­bus lui a été offert. « J’ai l’im­pres­sion d’un inter­mède de luxe avant la sor­tie de mon deux­ième album. Comme je suis auteur-com­pos­i­teur, je trou­ve tou­jours un moment dans la journée pour y tra­vailler. Ce que je n’avais pas prévu au départ, c’é­tait d’at­ta­quer le marché français. Evidem­ment, comme on dit chez nous, main­tenant, j’ai envie d’aller taquin­er le pois­son de ce côté-ci de l’At­lan­tique ! « .

Québec Con­nec­tion ou pas, nul doute que Richard Charest va vite fer­rer les plus beaux poissons !