René-Richard Cyr : un touche-à-tout

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René-Ricahrd Cyr ©Laurence Labatt
René-Ric­ahrd Cyr ©Lau­rence Labatt

Vous êtes met­teur en scène, comé­di­en, auteur, etc. Laque­lle de ces fonc­tions vous pas­sionne le plus et pourquoi ?
Je pense que c’est la mul­ti­plic­ité, c’est-à-dire de pou­voir pass­er d’un  média à l’autre. Si je n’étais que comé­di­en ou met­teur en scène, il pour­rait y avoir non pas une cer­taine las­si­tude mais un côté plus rou­tinier car ce serait tou­jours le même aspect du tra­vail. Alors, en me bal­adant sur scène ou der­rière la scène, à écrire ou autre, cela ajoute à la par­tic­u­lar­ité de mon travail.

Vous êtes très act­if dans le domaine artis­tique au Québec. Où trou­vez-vous votre énergie ?
Dans les autres… (rires). Je ne veux pas dire que je suis un  « grap­pilleur » d’énergie mais, lorsque je me retrou­ve par­mi les gens,  je con­state que c’est la sit­u­a­tion la plus moti­vante car je  ne ressens pas de fatigue dans ce que je fais. Et, dans ce sens, cela répond aus­si à votre pre­mière ques­tion. Si je ne fai­sais qu’une seule chose, à un cer­tain moment, il y aurait une fatigue. Donc, de cette façon,  je suis tou­jours sol­lic­ité par dif­férents aspects de mon méti­er et c’est ce qui me per­met d’en faire beaucoup.

Cet été, vous allez présen­ter la reprise de L’Homme de la Man­cha, à Joli­ette. Pourquoi refaire cette pièce plutôt qu’une autre ?
Par­mi tous les spec­ta­cles que j’ai faits,  un peu plus d’une cen­taine, c’est celui qui a obtenu le plus de suc­cès ! Il y a des gens qui revi­en­nent le voir, notam­ment une dame que j’ai ren­con­trée et qui en était à sa huitième fois ! Cette pro­duc­tion rassem­ble autant les amoureux de théâtre musi­cal que  ceux de Jacques Brel, puisque c’est lui qui en a fait la tra­duc­tion. C’est un spec­ta­cle qui réu­nit les gens, qui les fait rire et les émeut.

Retrou­verons-nous la dis­tri­b­u­tion originale ?
Oui, c’était la con­di­tion. Cela fait env­i­ron trois ans que nous désiri­ons le repren­dre. Ce qui était essen­tiel pour moi, c’est que tous les inter­prètes du début  puis­sent le refaire. Ce spec­ta­cle a quand-même été présen­té plus de 150 fois avec cette troupe. Alors, toutes les con­di­tions ont été réu­nies, cette fois-ci, pour l’été. Par con­tre,  il n’y aura que 30 représentations.

L’après-Joliette, pour L’Homme de la Man­cha, se présente de quelle façon ?
À chaque fois, nous espérons que ce spec­ta­cle ne mour­ra pas mais, cette fois-ci, je pense vrai­ment, à moins d’un revire­ment incroy­able, que ce spec­ta­cle tire sa révérence.  Il aura fait, mal­gré tout, près de deux cents représentations.

Lorsque vous étiez le directeur artis­tique du volet esti­val du Cen­tre cul­turel de Joli­ette, vous y avez présen­té quelques spec­ta­cles musi­caux qui ont très bien fonc­tion­né. Pou­vons-nous espér­er un retour à cette tradition ?
Déjà l’an prochain, j’ai un pro­jet avec le chanteur québé­cois Daniel Bélanger, sur Les Belles-Sœurs de Michel Trem­blay. Cette pièce sera présen­tée dès mars 2010 au Théâtre d’Aujourd’hui et ensuite, à Joli­ette, à l’été 2010.

En par­lant des Belles-Sœurs, où en êtes-vous avec cette production ?
Tout est com­posé ; tout est écrit ; tout est prêt finale­ment. Nous avons eu une pre­mière lec­ture et nous retra­vail­lons quelques pas­sages en faisant de petites cor­rec­tions. Les répéti­tions pour ce nou­veau spec­ta­cle débuteront en jan­vi­er 2010.

René-Richard Cyr, Michel Tremblay, Daniel Bélanger ©Valérie Remise
René-Richard Cyr, Michel Trem­blay, Daniel Bélanger ©Valérie Remise

Et en êtes-vous satisfait ?
Présen­te­ment je suis très sat­is­fait. Et, même si je ne l’étais pas, je ne vous le dirais pas (rires).

Croyez-vous au théâtre musi­cal au Québec ?
Absol­u­ment ! Les spec­ta­teurs savent qu’ils vont y retrou­ver de la musique, du théâtre ain­si que de la danse. À mon avis, c’est un spec­ta­cle plus com­plet et plus divertissant !

Si vous aviez une pièce à faire décou­vrir au pub­lic québé­cois, laque­lle serait-ce ?
J’ai des pro­jets mais, je ne peux pas en par­ler immé­di­ate­ment. C’est dif­fi­cile d’élaborer et de pro­duire des spec­ta­cles dans les con­di­tions finan­cières que nous con­nais­sons actuelle­ment.  Dans nos recherch­es, nous retrou­vons beau­coup de spec­ta­cles à grand déploiement avec au moins soix­ante comé­di­ens sur scène, ce qui est impos­si­ble à faire ici. Alors, c’est rel­a­tive­ment dif­fi­cile de trou­ver des œuvres à notre mesure. Nous en avons tout de même en banque… et je ne vous les cit­erai pas (rires).

Vous avez mis en scène deux opéras, Don Gio­van­ni, et Mac­beth pour l’Opéra de Mon­tréal.  Allez-vous con­tin­uer cette collaboration ?
Oui, absol­u­ment ! Si les œuvres pro­posées m’intéressent, oui,  avec plaisir. C’est un milieu de tra­vail ent­hou­si­as­mant et motivant.

Avec quelle per­son­nal­ité aimeriez-vous tra­vailler ? Et du côté musical ?
J’avoue que ce n’est pas tant les gens mais le rôle qui déter­mine avec qui j’ai envie de tra­vailler. Dites-moi le rôle et je vais vous dire qui je ver­rais dedans. Aus­si, cela peut pren­dre des mois avant de pou­voir décider à qui don­ner le rôle. Je n’ai pas vrai­ment d’idole. En ce moment, je tra­vaille avec ceux avec qui j’ai envie de col­la­bor­er et j’en suis bien heureux ! Lorsque j’accepte un pro­jet, je n’accepte pas qu’on m’impose quelqu’un. Si c’était le cas, je quit­terais ce pro­jet sans hésiter.