Rencontre avec Nikos Tsakalakos

0
211
Nikos Tsakalakos (c) Luke Redmond
Nikos Tsakalakos © Luke Redmond

Nikos Tsakalakos, pou­vez-vous nous par­ler de votre parcours ?
Je suis un chanteur, auteur, com­pos­i­teur, de New Brunswick, dans le New Jer­sey, et j’ai des orig­ines grec­ques, d’ailleurs, j’ai vécu trois ans à Athènes quand j’é­tais au lycée. Quand j’avais une ving­taine d’an­nées, je jouais dans le cir­cuit rock de Los Ange­les, avec mon groupe de rock indé, Saint Fri­day, avec mes frères et mon meilleur ami. C’é­tait une expéri­ence dingue. Ensuite, mon désir d’élargir ma palette de com­pos­i­teur m’a amené vers le monde du théâtre musi­cal, dans lequel je pou­vais écrire pour des per­son­nages fasci­nants, avec des tim­bres de voix dif­férents, dans des con­textes orig­in­aux et stim­u­lants. J’ai pris la déci­sion de revenir vers la Côte Est en 2006 pour suiv­re les cours de la Tisch School of the Arts de NYU en Ecri­t­ure de Théâtre Musi­cal. C’est là que j’ai com­mencé à tra­vailler avec mon men­tor, William Finn, auteur, com­pos­i­teur et gag­nant de deux Tony Awards. Son sou­tien pour mon tra­vail m’a ouvert des oppor­tu­nités dans le monde du théâtre musi­cal, en région et à New York.

En 2010, un musi­cal que j’ai écrit avec Janet Allard, Pool Boy, a été créé à Bar­ring­ton Stage Com­pa­ny, avant d’être créé à New York (par une pro­duc­tion étu­di­ante). On dit qu’il faut écrire sur ce qu’on con­naît, c’est ce que j’ai fait avec Pool Boy, basé sur mes pro­pres aven­tures à l’Hô­tel Bel-Air de Los Ange­les, à l’époque où j’é­tais « pool boy » et que les clients étaient le prince de Brunei et d’autres célébrités. Moi, je cher­chais ma voie en tant qu’auteur-compositeur.

Je tra­vaille main­tenant sur un nou­veau musi­cal avec Janet, Alexan­der Super­tramp, basé sur le livre de John Krakauer, Into the Wild (qui a égale­ment été adap­té au ciné­ma par Sean Penn). Cette aven­ture nous a fait tra­vers­er tout le pays, jusqu’en Alas­ka où Christo­pher McCan­d­less, le per­son­nage réel de l’his­toire, a vécu ses derniers jours. Cette œuvre est une vraie his­toire améri­caine à réso­nance uni­verselle, qui par­le des par­ents en quête de leurs enfants perdus.

En par­al­lèle, je tra­vaille aus­si avec un auteur tal­entueux, Peter Sinn Nachtrieb. Nous écrivons un musi­cal rock, éco­lo, sur le sujet du réchauf­fe­ment glob­al, Fall Springs: A Musi­cal Dis­as­ter, à pro­pos d’une ville qui est en train de s’en­fon­cer dans la terre. Per­son­ne ne veut le croire, à part un groupe de mar­gin­aux, qui en se sauvant, vont sauver la com­mu­nauté entière.

Enfin, un des grands avan­tages d’être à New York, c’est d’avoir l’oc­ca­sion de présen­ter mes chan­sons, inter­prétées par des chanteurs tal­entueux, lors de con­certs, revues ou cabarets. En jan­vi­er 2014, accom­pa­g­né par les incroy­ables musi­ciens de Kinky Boots et des chantreurs de Broad­way, j’ai sor­ti mon pre­mier album solo The First Snow assor­ti d’un con­cert au 54 Below.

Com­ment définiriez-vous votre tra­vail, votre style ? Quels sont vos goûts en matière de musique ?
Mon son a été influ­encé par le rock clas­sique, le rock alter­natif et le rock indé. J’ai un pen­chant par­ti­c­uli­er pour des grands song­writ­ers comme Simon & Gar­funkel, John Lennon, Led Zep­pelin, Bil­ly Joel, Elton John. Rajoutez  Muse, U2, Phish, les pop bands bri­tan­niques, Dami­an Rice et je serai heureux ! Je suis sûr que le tra­vail des grands com­pos­i­teurs grecs, Mikis Theodor­akis et Manos Chatzi­dakis, ont dû se gliss­er dans ma tête quand j’é­tais enfant. J’ai gran­di dans une famille qui aimait beau­coup la musique, et les chan­sons grec­ques, avec leurs belles mélodies et leurs paroles poé­tiques, étaient chan­tées par mes par­ents et ma fratrie lors des fêtes famil­iales. Quant au théâtre musi­cal, j’aime Bern­stein, Sond­heim, Finn et bien sûr, Rodgers et Ham­mer­stein. On peut dire que mon style est mar­qué par la voix, avec une emphase mélodique forte et des nuances per­cus­sives. Même si ma musique a un côté pop-rock dans son écri­t­ure, je pense que mes chan­sons s’ef­for­cent d’ex­primer le per­son­nage et la sit­u­a­tion dra­ma­tique du moment.

Que ressen­tez-vous à l’idée que vos chan­sons soient inter­prétées à Paris ?
Je suis ravi que mon tra­vail soit présen­té à Paris pour la pre­mière fois. C’est un rêve qui devient réal­ité. Et je suis épaté par la qual­ité de ce que j’ai enten­du, de ce que Lisan­dro Nesis et son équipe sont en train de pré­par­er. Je suis par­ti­c­ulière­ment ent­hou­si­aste à l’idée de partager une chan­son inti­t­ulée « Moon In Times Square » que j’ai écrite avec ma femme Angelique Mouyis, une com­positrice for­mi­da­ble. Nous avons tou­jours voulu aller à Paris ensem­ble mais ne l’avons pas encore fait. Main­tenant, avec cette chan­son, d’une cer­taine manière, nous pou­vons dire que nous l’avons fait.

Plus d’in­fos sur Niko Tsakalakos