Rencontre avec Leo Hurley, compositeur de Paris Through The Window

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Leo Hurley (c) DR
Leo Hur­ley © DR

Leo Hur­ley, quel est votre par­cours ? Com­ment avez-vous com­mencé à vous intéress­er au théâtre musical ?
Je me suis intéressé au théâtre musi­cal et à l’opéra très jeune. J’ai égale­ment étudié le piano clas­sique et fait par­tie de plusieurs choeurs. Cepen­dant, l’écri­t­ure a tou­jours été ma pas­sion. A l’u­ni­ver­sité, j’ai étudié la com­po­si­tion clas­sique, mais en dernière année, j’ai été sélec­tion­né pour être le com­pos­i­teur d’un court-métrage musi­cal « Zom­Rom­Com », une comédie roman­tique zom­bie ! Je suis retombé amoureux du théâtre musi­cal et là, j’avais acquis les out­ils pour en écrire. J’ai donc démé­nagé à New York et j’ai com­mencé à tra­vailler sur dif­férents pro­jets dont une adap­ta­tion musi­cale, off-Broad­way, du Cer­cle de Craie Cau­casien de Bertolt Brecht, un opéra rock sur Lucifer, Dieu et la bataille pour le par­adis, une adap­ta­tion du Con­te d’Hiv­er de Shake­speare et bien sûr Paris Through The Win­dow.

Quels sont vos auteurs et com­pos­i­teurs de théâtre musi­cal préférés ?
Il y a les préférés habituels : Gersh­win, Bern­stein et Sond­heim. Je pense que l’équipe qui a écrit The Book of Mor­mon a réus­si quelque chose de génial. Je suis aus­si amoureux de la par­ti­tion de l’adap­ta­tion musi­cale de Lord of The Rings. Elle a été écrite par une équipe de com­pos­i­teurs com­prenant un com­pos­i­teur indi­en, un groupe folk fin­landais et une com­pos­i­teur anglais. Je n’ai jamais vu le spec­ta­cle mais c’est sur ma liste des choses à faire avant de mourir !

Pou­vez-vous nous par­ler de votre musi­cal Paris Through The Win­dow ? Com­ment est né le pro­jet ? Com­ment définiriez-vous votre style musical ?
Paris Through The Win­dow m’a été présen­té pour la pre­mière fois en août 2013 sous la forme d’une pièce en trois actes écrite par Charles Osborne, un cama­rade de la Uni­ver­si­ty of North Car­oli­na School of the Arts. Son inspi­ra­tion était sim­ple, il voulait écrire un spec­ta­cle qui par­le d’e­spoir, du pou­voir guéris­seur de l’art, et surtout, de Paris. Il a com­mencé à écrire une his­toire fic­tive à laque­lle se mêlaient des événe­ments et des per­son­nages his­toriques dont Cha­gall, Mon­et et la Pre­mière Guerre Mon­di­ale. Tout a changé quand il a décou­vert le poète améri­cain Alan Seeger : son voy­age à Paris, son engage­ment dans la Légion Étrangère et sa mort lors de la Bataille de la Somme ont don­né vie à notre per­son­nage prin­ci­pal et une recon­nais­sance à un homme qui a tout sac­ri­fié pour la ville qu’il aimait. Je n’avais jamais rien lu de tel et j’ai su aus­sitôt que je voulais faire par­tie du projet.
Nous avons pris la pièce orig­i­nale et au cours des vingt derniers mois, nous l’avons trans­for­mée en un musi­cal qui suit le par­cours d’Alan Seeger dans l’écri­t­ure de son plus célèbre poème « J’ai ren­dez-vous avec la mort » tout en y mêlant des élé­ments de fic­tion que nous décriri­ons comme « magiques ».
La par­ti­tion a des har­monies rich­es et des styles var­iés inspirés par la musique clas­sique et pop­u­laire de cette époque (1913–1916) mais je ne peux pas non plus renier l’ap­port du dernier siè­cle de théâtre musi­cal. Mon objec­tif était que la musique reste sincère avec les per­son­nages et événe­ments qui se déroulent dans le spec­ta­cle, plutôt que de leur impos­er ce que je voulais. Une des choses ingénieuses que Charles a fait avec son livret, c’est son util­i­sa­tion des thèmes, qui revi­en­nent de façon inat­ten­due, ce qui m’a poussé à faire de même avec ma musique. Tout au long de la par­ti­tion, vous enten­drez des thèmes et des har­monies qui évolu­ent et apporteront un éclairage dif­férent sur un per­son­nage ou une sit­u­a­tion, sans toute­fois oubli­er le tra­jet qui a déjà été par­cou­ru dans l’his­toire. De nom­breux extraits vont être inter­prétés à Broad­way au Car­ré. Venez au con­cert et vous la décou­vrirez directement !

Vous êtes actuelle­ment à Paris pour présen­ter votre tra­vail. Quels sont vos pro­jets ici ?
Nous étu­dions toutes les pos­si­bil­ités. Charles et moi aime­ri­ons revenir prochaine­ment pour présen­ter Paris Through The Win­dow en con­cert. Nous sommes en plein cen­te­naire de la Pre­mière Guerre Mon­di­ale et notre pro­jet hon­ore Alan Seg­ger, ain­si que chaque homme qui s’est bat­tu et est mort pour défendre la France. Il n’y a pas mieux que de le faire dans la ville qui l’a inspiré comme aucune autre !

The Songs of Leo Hur­ley, le 1er avril à 19h30 au Car­ré Parisien, 1 rue du Général Beuret (Paris 15).