Rencontre avec J. Anthony Crane, le Scar de The Lion King (tournée nord-américaine)

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J.Anthony Crane (Scar) dans la tournée nationale The Lion King © Joan Mar­cus — Disney

J. Antho­ny Crane, com­ment en êtes-vous venu à obtenir le rôle de Scar dans The Lion King ?
J’avais déjà joué quelques rôles au théâtre, à New York, et j’avais alors été remar­qué par un directeur de cast­ing. Ce dernier m’a demandé de venir audi­tion­ner pour ce rôle lorsque celui-ci s’est libéré. C’était un proces­sus d’audition fasci­nant inclu­ant chan­sons, textes, entre­vues et maîtrise du masque, que j’u­tilise encore d’ailleurs.

Est-ce plus dif­fi­cile de jouer un rôle de « méchant » ?
Le défi de jouer le méchant est de ne jamais per­dre de vue son human­ité, de ne jamais le juger. Dans cette his­toire, son péché est grand. Alors, vous devez con­sid­ér­er ses raisons d’être toutes aus­si grandes. De plus, il est admirable. On se doit d’admirer quelqu’un qui est si motivé. Mais j’ai aus­si essayé de le ren­dre sym­pa­thique dans une cer­taine mesure. Je veux que les spec­ta­teurs éprou­vent divers sen­ti­ments envers lui.

Com­ment abor­de-t-on un rôle comme celui-là ?
Il y a dif­férents aspects du rôle à appréhen­der à chaque fois. Il y a le per­son­nage, naturelle­ment, mais aus­si la manip­u­la­tion du masque que j’ai eu à maîtris­er. Il y a aus­si quelques exi­gences de chants assez sig­ni­fica­tives. Je ne suis nor­male­ment pas un acteur qui chante, non pas que je n’aime pas l’oc­ca­sion, mais j’ai dû trou­ver la voix, l’ac­cent, la pos­ture, la démarche, l’esprit… : toutes ces choses qui ren­dent le rôle le plus pré­cis possible.

Quels sont vos moments préférés dans le spectacle ?
J’aime le moment de mon change­ment d’humeur, lorsque je décou­vre, enfin, qu’il y a un moyen de par­venir à mes désirs pro­fonds pour la couronne. Tout se passe dans une scène, avec le jeune Sim­ba, et vous pou­vez observ­er com­ment Scar se déplace du dés­espoir à l’e­spoir et, finale­ment, à la joie.

Après une année entière en tournée avec The Lion King, que retenez-vous de cette expérience ?
La patience, la cohérence, la con­fi­ance et l’endurance.

Jouer un rôle sur une aus­si longue péri­ode, n’y a‑t-il pas un risque d’uniformité ?
Il y a un risque, en effet, mais chaque jour est une expéri­ence dif­férente. De nou­velles choses se pro­duisent à chaque spec­ta­cle. Le pub­lic est dif­férent et les acteurs peu­vent apporter quelque chose de dif­férent aus­si. Bien que je sois un pro­fes­sion­nel, si je ne suis pas heureux ce jour-là, Scar sera un cha­ton un peu en colère. Mais, d’un autre côté, une bonne journée rend l’ex­péri­ence amu­sante. C’est le plaisir du théâtre en direct.

Avec un horaire aus­si chargé, prenez-vous le temps de vis­iter un peu les villes de tournée ?
Oui, je prends tou­jours le temps de vis­iter cha­cune des villes. C’est, en fait, LA rai­son pour laque­lle j’ai accep­té ce rôle. J’ai été élevé avec une pas­sion pour les voy­ages et les voy­ages en voiture ont tou­jours été une de mes façons préférées de décou­vrir le pays. Je cherche tou­jours quelque chose d’in­téres­sant dans chaque ville vis­itée. J’y recherche des indices, des excur­sions dans de nou­veaux quartiers. C’est une par­tie essen­tielle de la tournée.