Accueil Shopping Quatre Garçons dans le vent

Quatre Garçons dans le vent

0

Ce film de 1964 a con­fir­mé aux Bea­t­les leur statut de stars plané­taires. Un mot rapi­de sur la trame : le groupe pré­pare un con­cert et leurs déplace­ments sont suiv­is par des hordes de fans, avec lesquels ils sont con­traints de jouer à cache-cache. Ces qua­tre fameux garçons incar­nent une jeunesse décon­trac­tée qui fait de la musique et pra­tique l’hu­mour en défi­ant la morgue de l’époque. C’est là le point fort du film de présen­ter les Bea­t­les en jeunes gens ordi­naires en butte à la société anglaise austère. À tra­vers quelques sit­u­a­tions sig­ni­fica­tives, la sévérité des années 60 (d’a­vant 68) est évo­quée à en avoir froid dans le dos.

Les vieux adultes appa­rais­sent sévères dans le genre « vous la jeunesse, il vous faudrait une bonne guerre ». Cette doc­trine va à l’en­con­tre des valeurs que por­tent les Bea­t­les et leurs fans, et qui pré­fig­urent « l’amour plutôt que la guerre ». La mise en scène de Richard Lester four­mille de traits d’hu­mour mais qui ramenés à leur époque représen­tent plus que cela : la charge irrévéren­cieuse d’une jeune généra­tion con­tre une société crispée. Le film se joue du fos­sé entre les vieux et la jeunesse chevelue assoif­fée de vie.

Avec le recul, le film apporte quelques-unes des clés pour com­pren­dre les révo­lu­tions de la jeunesse à venir : les grandes man­i­fes­ta­tions des cam­pus améri­cains et mai 68. Mais si notre film n’en est pas encore là, il instille néan­moins une tonal­ité de rup­ture avec la généra­tion des aînés. La bande-son four­mille de titres légendaires (« A Hard Day’s Night », « And I Love Her », « Can’t Buy Me Love » …). Elle est représen­ta­tive de son époque.

L’in­sou­ciance des pro­tag­o­nistes, et surtout leur musique en ont fait finale­ment des emblèmes de leur décen­nie. George, John, Paul et Ringo sont devenus les porte-parole et la con­science d’une généra­tion qui veut vivre hors de l’om­bre des guer­res passées et présentes. C’est beau­coup pour ce film, si acces­si­ble au pre­mier abord, mais qui, vision­né comme un doc­u­men­taire, livre des tré­sors d’in­for­ma­tion sur son époque.

L’édi­tion est riche­ment dotée d’un deux­ième DVD : un mak­ing-of de 35 mn « Autour du film » très intéres­sant avec l’équipe créa­trice (hormis les Bea­t­les) ; « Autour des Bea­t­les » un recueil moins intéres­sant de témoignages ; le scé­nario au for­mat PDF, un livret de 16 pages en français sur le tour­nage et l’ac­cueil du pub­lic français, et bien d’autres petites choses même super­flues pro­pres à sat­is­faire les fans exigeants.