Présentation à la presse de Roméo et Juliette — La plus belle histoire d’amour prend vie sur scène

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Damien Sargue et Cécilia Cara ©DR
Damien Sar­gue et Cécil­ia Cara ©DR
Un rien ému lors de la présen­ta­tion à la presse de Roméo et Juli­ette, De la haine à l’amour, le pro­duc­teur Gérard Lou­vin a accueil­li ses invités par un reten­tis­sant « Bon­soir »… à 11 heures 30 du matin (le jour même de la Saint-Valentin) ! Mais c’est qu’il est sur le point de réalis­er un rêve : « En 15 ans, j’ai pro­duit une trentaine de spec­ta­cles, sou­vent des comiques, quelque­fois des revues, comme Les Années Twist qui en sont déjà à 1,2 mil­lion de spec­ta­teurs. Mais j’avais tou­jours voulu mon­ter une ‘vraie’ comédie musi­cale ».

Bien­v­enue à Vérone 
Son com­plice Daniel Moyne, l’autre pro­duc­teur du spec­ta­cle, lui par­le donc du pro­jet de son ami Gérard Pres­gru­vic, le célèbre auteur-com­pos­i­teur, entre autres des suc­cès de Patrick Bru­el, qui rêve lui aus­si d’un musi­cal. Mais trou­ver une bonne his­toire n’est pas chose aisée. « Nous avons fait le tour et nous nous sommes dits que la plus grande his­toire d’amour, c’é­tait Roméo et Juli­ette », ajoute Gérard Lou­vin. « Et si des opéras exis­tent déjà, per­son­ne ne l’avait encore adap­té en comédie musi­cale ». West Side Sto­ry excep­té, bien sûr.
Est-il encore besoin d’en rap­pel­er la trame ? Au 16e siè­cle, la paix d’une petite cité ital­i­enne est trou­blée par la haine de deux de ses plus grandes familles, les Capulet et les Mon­taigu. Insen­si­bles au monde qui les entoure, Roméo Mon­taigu et Juli­ette Capulet vont vivre une pas­sion amoureuse qui s’achèvera trag­ique­ment. La réc­on­cil­i­a­tion des deux familles sera à ce prix. Les amoureux de tous âges et de tous pays qui vont chaque année à Vérone s’embrasser sous le célèbre bal­con en ont fait la plus boulever­sante ‘love sto­ry’ de tous les temps.

Un an de tra­vail et 40 mélodies plus tard, le pro­jet a fait du chemin. Gérard Pres­gur­vic a su s’en­tour­er d’une équipe artis­tique de choc. La mise en scène sera assurée par Petri­ka Ionesco, venu du monde de l’opéra et Roumain jusqu’à la pointe de ses mous­tach­es (qu’il a fort longues !). Et le choré­graphe Red­ha veillera à ce que les dans­es soient aus­si décoif­fantes que ses mèch­es décol­orées ! Si des suc­cès récents ont reposé avant tout sur le charisme de leurs inter­prètes et sur de belles mélodies, on sent dans le pro­jet Roméo et Juli­ette la volon­té d’as­sur­er un plus juste équili­bre entre les dif­férents élé­ments qui com­posent une comédie musicale.

Roméo et Juli­ette ont l’âge de leurs rôles
Les comé­di­ens-chanteurs (ou plutôt chanteurs-comé­di­ens) ont tous de très belles voix. Lors de la présen­ta­tion à la presse, ils ont inter­prété 9 titres du spec­ta­cle, de la belle ouver­ture (« Bien­v­enue à Vérone ») aux solos poignants (« Et voilà qu’elle aime » « J’sais plus ») en pas­sant par le ‘bud­dy-song’ cher aux musi­cals améri­cains (« Les rois du monde »). Sans oubli­er bien sûr, le duo cal­i­bré pour car­ton­ner en radio ce print­emps : « Aimer ». Il est inter­prété par Damien Sar­gue, 19 ans bien­tôt et Cécil­ia Cara, même pas 16 ans (mais elle a déjà tout d’une grande, à com­mencer par une lumineuse présence). Quant à Roméo, il a déjà fait ses griffes en dou­blant Gringoire et Phoe­bus dans Notre Dame de Paris. Il est rafraîchissant d’avoir d’aus­si jeunes artistes, encore ado­les­cents, qui con­tribueront ain­si à la crédi­bil­ité de leurs personnages.

On le sait main­tenant, il est par­ti­c­ulière­ment dif­fi­cile pour les musi­cals de Broad­way de réus­sir leur ‘débar­que­ment’ en France. La voie latine, emprun­tée avec suc­cès par Alain Bou­blil et Claude-Michel Schön­berg (Les Mis­érables) et Luc Pla­m­on­don (Star­ma­nia, Notre Dame de Paris), longtemps décriée, sem­ble enfin inspir­er d’autres tal­ents, de Fab­rice Aboulk­er (Les mille et une vies d’Ali Baba) à Gérard Pres­gur­vic donc. Ce dernier n’a-t-il pas déclaré lors de son inter­ven­tion au micro : « Aujour­d’hui, il n’y a pas de rai­son pour que ne naisse pas dans ce pays une vraie cul­ture de la comédie musi­cale ».

D’ailleurs, le pub­lic de ce jour-là ne s’y est pas trompé. Com­posé de pro­fes­sion­nels (pro­duc­teurs rivaux, VIPs des médias), donc de gens très blasés, il n’en a pas moins applau­di debout les artistes à l’is­sue de leur mini-con­cert. Un heureux présage ? Il sem­blerait donc que Roméo et Juli­ette ne soient pas morts en vain…