
Au regard de votre actualité, on peut croire que vous avez succombé à la mode du « travailler plus… » ?
Disons que l’accumulation du moment est plutôt le fait d’un hasard de calendrier. Pas mal de choses s’étaient enclenchées à l’époque d’Epouse-moi au Méry en début d’année dernière et toutes se concrétisent maintenant. Pour compliquer un peu le tout, je dois faire face à un changement de distribution prévu pour les actrices des Filles de Babayaga, un spectacle qui tournait déjà depuis quelque temps à Versailles. Comme par un fait exprès, la nouvelle troupe commence la veille de la première de Dragons et merveilles ! Si l’on ajoute deux dates exceptionnelles en novembre d’un troisième spectacle, Sans tambour ni trompette, pour une reprise officielle en janvier, le panorama de mon actualité est complet.
Pouvez-vous nous parlez des Filles de Babayaga, déjà à l’affiche au Théâtre des Variétés ?
Il s’agit d’un conte musical de Catherine Théveneau, une histoire fantastique inspirée de légendes russes et portée par des mélodies slaves et chants traditionnels, une sorte de Cendrillon dans la Russie du XIXe siècle, avec des sorcières cannibales en plus. Camille Turlot en a composé la musique. Il s’agit en fait d’une commande par la compagnie du Grenier de Babouchka qui voulait célébrer ses origines russes. C’est fondamentalement un spectacle pour enfants — Catherine Théveneau est une spécialiste puisqu’elle écrit des pièces destinées à être jouées dans les écoles — mais les personnages ont suffisamment de profondeur pour passionner aussi les adultes… et le metteur en scène ! Je me suis pris au jeu du romantisme mélancolique russe et des exubérances de cosaques buveurs de vodka. Je me suis beaucoup amusé avec les anachronismes présents dans la pièce, comme ce réfrigérateur dans lequel certains protagonistes se cachent et dont j’ai voulu faire un personnage à part entière. Ce n’est pas une comédie musicale, mais la musique, entièrement interprétée au piano [NDLR : sur enregistrement dans cette première production], est intégrée à l’action. On peut venir nous applaudir jusqu’au 4 janvier.
Avec Dragons et merveilles, on reste dans le fantastique et le légendaire pour les enfants…
C’est l’histoire d’un prince indien et d’une princesse chinoise qui refusent leur mariage forcé respectif. Ce faisant, ils attirent l’attention de dragons d’essence divine et magiciens qui s’en amourachent et, en s’en doute, finiront par les rassembler par-delà les frontières. Le spectacle est destiné aux enfants, mais le thème, l’amour, est universel et parlera à tous. Du point de vue de la mise en scène, je ne fais aucune différence entre spectacle pour adultes ou enfants ; j’ai la même ambition de façonner des personnages crédibles, faits de chair et de sang. Le spectacle est une pièce de théâtre agrémentée de musique et de quelques chorégraphies, un amalgame dont je pourrais difficilement me passer. Là encore, j’ai travaillé avec l’équipe d’Epouse-moi — Virginie Bracq et Camille Turlot — comme interprètes et en charge des arrangements musicaux. Je me rends compte chaque jour un peu plus de ma chance d’avoir rencontré ce groupe plein de talents.
Vous n’avez pas fini de collaborer avec eux puisqu’Epouse-moi reprend.
Effectivement, on sera au Théâtre Douze à partir du 13 novembre, pendant un mois. Un an après sa création, le spectacle a pas mal tourné, il est désormais parfaitement rodé. Eric Szerman, Camille Turlot et moi avons modifié quelques petites choses qui n’allaient pas et les rôles ont mûri, notamment parce qu’Isabelle Turschwell ? Mathilde, la jeune promise en proie au doute dans la pièce ? a eu un bébé dans la vraie vie. Le travail de création étant derrière nous, nous consacrons aussi un peu plus de temps à la promotion. Récemment, une représentation a été organisée au Palais-Royal, pour la presse, les distributeurs et les tourneurs associés susceptibles de monter une tournée en province, et l’accueil a été très bon, ce qui est de bon augure pour la reprise.