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Patrick Alluin — Babayaga et autres merveilles

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Patrick Alluin ©DR
Patrick Alluin ©DR

Au regard de votre actu­al­ité, on peut croire que vous avez suc­com­bé à la mode du « tra­vailler plus… » ?
Dis­ons que l’ac­cu­mu­la­tion du moment est plutôt le fait d’un hasard de cal­en­dri­er. Pas mal de choses s’é­taient enclenchées à l’époque d’Epouse-moi au Méry en début d’an­née dernière et toutes se con­cré­tisent main­tenant. Pour com­pli­quer un peu le tout, je dois faire face à un change­ment de dis­tri­b­u­tion prévu pour les actri­ces des Filles de Babaya­ga, un spec­ta­cle qui tour­nait déjà depuis quelque temps à Ver­sailles. Comme par un fait exprès, la nou­velle troupe com­mence la veille de la pre­mière de Drag­ons et mer­veilles ! Si l’on ajoute deux dates excep­tion­nelles en novem­bre d’un troisième spec­ta­cle, Sans tam­bour ni trompette, pour une reprise offi­cielle en jan­vi­er, le panora­ma de mon actu­al­ité est complet.

Pou­vez-vous nous par­lez des Filles de Babaya­ga, déjà à l’af­fiche au Théâtre des Variétés ?
Il s’ag­it d’un con­te musi­cal de Cather­ine Théve­neau, une his­toire fan­tas­tique inspirée de légen­des russ­es et portée par des mélodies slaves et chants tra­di­tion­nels, une sorte de Cen­drillon dans la Russie du XIXe siè­cle, avec des sor­cières can­ni­bales en plus. Camille Tur­lot en a com­posé la musique. Il s’ag­it en fait d’une com­mande par la com­pag­nie du Gre­nier de Babouch­ka qui voulait célébr­er ses orig­ines russ­es. C’est fon­da­men­tale­ment un spec­ta­cle pour enfants — Cather­ine Théve­neau est une spé­cial­iste puisqu’elle écrit des pièces des­tinées à être jouées dans les écoles — mais les per­son­nages ont suff­isam­ment de pro­fondeur pour pas­sion­ner aus­si les adultes… et le met­teur en scène ! Je me suis pris au jeu du roman­tisme mélan­col­ique russe et des exubérances de cosaques buveurs de vod­ka. Je me suis beau­coup amusé avec les anachro­nismes présents dans la pièce, comme ce réfrigéra­teur dans lequel cer­tains pro­tag­o­nistes se cachent et dont j’ai voulu faire un per­son­nage à part entière. Ce n’est pas une comédie musi­cale, mais la musique, entière­ment inter­prétée au piano [NDLR : sur enreg­istrement dans cette pre­mière pro­duc­tion], est inté­grée à l’ac­tion. On peut venir nous applaudir jusqu’au 4 janvier.

Avec Drag­ons et mer­veilles, on reste dans le fan­tas­tique et le légendaire pour les enfants…
C’est l’his­toire d’un prince indi­en et d’une princesse chi­noise qui refusent leur mariage for­cé respec­tif. Ce faisant, ils attirent l’at­ten­tion de drag­ons d’essence divine et magi­ciens qui s’en amourachent et, en s’en doute, finiront par les rassem­bler par-delà les fron­tières. Le spec­ta­cle est des­tiné aux enfants, mais le thème, l’amour, est uni­versel et par­lera à tous. Du point de vue de la mise en scène, je ne fais aucune dif­férence entre spec­ta­cle pour adultes ou enfants ; j’ai la même ambi­tion de façon­ner des per­son­nages crédi­bles, faits de chair et de sang. Le spec­ta­cle est une pièce de théâtre agré­men­tée de musique et de quelques choré­gra­phies, un amal­game dont je pour­rais dif­fi­cile­ment me pass­er. Là encore, j’ai tra­vail­lé avec l’équipe d’Epouse-moi — Vir­ginie Bracq et Camille Tur­lot — comme inter­prètes et en charge des arrange­ments musi­caux. Je me rends compte chaque jour un peu plus de ma chance d’avoir ren­con­tré ce groupe plein de talents.

Vous n’avez pas fini de col­la­bor­er avec eux puisqu’Epouse-moi reprend.
Effec­tive­ment, on sera au Théâtre Douze à par­tir du 13 novem­bre, pen­dant un mois. Un an après sa créa­tion, le spec­ta­cle a pas mal tourné, il est désor­mais par­faite­ment rodé. Eric Szer­man, Camille Tur­lot et moi avons mod­i­fié quelques petites choses qui n’al­laient pas et les rôles ont mûri, notam­ment parce qu’Is­abelle Turschwell ? Mathilde, la jeune promise en proie au doute dans la pièce ? a eu un bébé dans la vraie vie. Le tra­vail de créa­tion étant der­rière nous, nous con­sacrons aus­si un peu plus de temps à la pro­mo­tion. Récem­ment, une représen­ta­tion a été organ­isée au Palais-Roy­al, pour la presse, les dis­trib­u­teurs et les tourneurs asso­ciés sus­cep­ti­bles de mon­ter une tournée en province, et l’ac­cueil a été très bon, ce qui est de bon augure pour la reprise.