Accueil Talent à suivre Pascal Bolantin, Mark Marian et Olivier Ruidavet — Juste une mise au point

Pascal Bolantin, Mark Marian et Olivier Ruidavet — Juste une mise au point

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Pascal Bolantin © Mathias Bord
Pas­cal Bolan­tin © Math­ias Bord

Qu’est-ce ce que les années 80 évo­quent pour vous ?
OR : Mon éveil au ciné­ma ! J’ado­rais aller seul au ciné et je dévo­rais plusieurs fois par semaine de la pel­licule encore et encore ! c’est aus­si l’époque où j’é­tais man­nequin vedette pour Yves Saint-Lau­rent alors for­cé­ment ces années sont à jamais mythiques pour moi ! j’é­tais déjà un nou­veau roman­tique à l’époque !

MM : Comme ça sans réfléchir je dirais sans hésiter Julie Piétri ! J’avais une fas­ci­na­tion incroy­able pour cette chanteuse, elle m’hyp­no­ti­sait totale­ment. J’a­chetais tous ses dis­ques. J’as­so­cie donc tout naturelle­ment cette époque à elle. Les années 80, c’est Grease, ma pre­mière approche de la comédie musi­cale anglo-sax­onne, c’est Star­ma­nia : un choc, une révéla­tion ! C’est aus­si les débuts de Jean-Jacques Gold­man et de Céline Dion…

PB : Je dirais des sons noyés dans des réverbs hal­lu­ci­nantes, des boîtes à rythmes, et des paroles plutôt faciles, qui ne se pre­naient pas au sérieux. Moins de pré­ten­tion qu’aujourd’hui !

Quelle musique écoutiez-vous à cette époque ?
PB : J’avais 4 ans en 1980, donc j’é­coutais surtout ce qu’é­coutait mon frère : on avait les 45 tours de Gold, Jeanne Mas, Gold­man et Balavoine…

OR : Hormis Schu­bert, Stravin­s­ki et Mal­her, j’ai décou­vert la var­iété française, celle que l’on a le bon­heur intense de décou­vrir et redé­cou­vrir grâce aux Nou­veaux roman­tiques ! Je me sou­viens de Jeanne Mas, de François Feld­man, de Corynne Char­by, des albums de Cham­fort et de Sheila. J’é­coutais la radio et con­som­mais peu de dis­ques. Je regar­dais la télé, je ne ratais aucune émis­sion de var­iétés, les Guy Lux, Car­pen­tier et autres me doivent beau­coup en ter­mes d’audience !!

MM : J’é­tais très var­iétés. J’é­coutais surtout des chanteuses et chanteurs français : Thier­ry Haz­ard, Jeanne Mas, Julie Piétri, Télé­phone, les Rita Mit­souko. En fait, j’é­coutais beau­coup de choses, j’é­tais curieux de tout, sauf qu’à l’époque tout ce qui était anglais m’in­téres­sait un peu moins, car mon anglais était très moyen, je n’ar­rivais pas à vrai­ment com­pren­dre les paroles. Il y a tout de même une excep­tion à la règle, j’ai écouté pen­dant des mois en boucle le 45 tours de Pia Zado­ra et Jer­maine Jack­son « When the rain begins to fall » !

Y a‑t-il une chan­son qui vous a mar­qué et pourquoi ?
PB : « Eve, lève toi » m’a mar­qué car Julie Pietri fumait une cig­a­rette sur la pochette du 45 tours.

OR : Je me sou­viens par­ti­c­ulière­ment de « D’amour et d’ami­tié » de Dion ou de « Mon ami m’a quit­té » ! Ne me deman­dez pas pourquoi, c’est trop intime et douloureux !

MM : Sans réfléchir, je réponds tout de suite : « The pow­er of love » de Céline Dion. C’est avec ce titre que j’ai com­mencé à m’in­téress­er à elle. La pre­mière fois où j’ai enten­du ce titre, j’ai été lit­térale­ment transporté.

Con­naissiez-vous le réper­toire des nou­veaux romantiques ?
OR : Par coeur ! Je suis, avec Stéphane Ly-Cuong, le mon­sieur qui nous a mis en scène, le seul à con­naître aus­si bien ce réper­toire. Enfin, je dois avouer que « Nuit d’amour » de Kova Réa et « Garçons hin­dous » de Lau­rie Lannes m’avaient échappé !

MM : A env­i­ron 70 %, je dirais oui. Mais je ne peux pas lut­ter con­tre des cham­pi­ons comme Olivi­er ou Stéphane qui sont incol­lables sur toute cette péri­ode ! Pour­tant je défie quiconque de me dire qui chan­tait à l’époque « La chas­se aux mecs » et qui pour­tant est une de nos chan­sons fétich­es dans notre spectacle.

PB : Je con­nais­sais unique­ment les tubes : « En rouge et noir », « Mise au point », « Real­i­ty », « Ma déc­la­ra­tion », « A cause des garçons », « Désir, désir »…

En quoi ce spec­ta­cle apporte-t-il une dimen­sion nou­velle à ces chansons ?
OR : Ce sont des chan­sons sim­ples pour la plu­part mais dev­enues inou­bli­ables grâce aux tal­ents de Pas­cal, Chris­tine, Mark et Anand­ha. Sans les syn­thés de l’époque, elles con­nais­sent une nou­velle jeunesse bien méritée ! Les salles pleurent de plaisir et de joie grâce aux Nou­veaux roman­tiques ! Nous avons des con­fes­sions de spec­ta­teurs boulever­santes qui sont ressor­tis ébran­lés par ce spec­ta­cle gai et touchant le coeur, si on en a un…

MM : Le tra­vail que Stéphane a effec­tué quant aux choix des chan­sons, et la place qu’elles pren­nent dans le spec­ta­cle par rap­port aux sit­u­a­tions, est admirable. Du coup, un air comme « Béréz­i­na » de Sophie Marceau ou « Hélène et les garçons » prend un sens nou­veau et on en redé­cou­vre le texte avec un sourire aux lèvres. De plus, Pas­cal a fait un énorme boulot sur les arrange­ments. On se demandait tous, par exem­ple, com­ment la chan­son « J’veux pas ren­tr­er chez moi » pour­rait exis­ter sans boîte à rythmes. Nous avons tous été sur­pris du résul­tat. Les ver­sions piano-voix per­me­t­tent de redé­cou­vrir des titres « dans leur plus sim­ple appareil ».

PB : Ce sont des chan­sons sans pré­ten­tion, mais, en piano voix, dépouil­lées de leur son années 80, elles se lais­sent écouter comme des tranch­es de vie, avec des mots simples.

Qu’est-ce qui dif­féren­cie Les nou­veaux roman­tiques des autres spec­ta­cles de repris­es selon vous.
PB : La spé­ci­ficité des Nou­veaux roman­tiques, pour moi, c’est le découpage astu­cieux des textes, qui per­met aux per­son­nages, à la fois de se car­ac­téris­er et de dia­loguer. Ce découpage intè­gre les chan­sons dans la logique du spec­ta­cle et évite l’écueil du tour de chant !

MM : L’o­rig­i­nal­ité des Nou­veaux roman­tiques, c’est ce sec­ond degré récur­rent pen­dant tout le spec­ta­cle qui nous a per­mis de détourn­er, en toute impunité, les dif­férentes chan­sons pour ali­menter des per­son­nages et une his­toire. Le pub­lic redé­cou­vre des textes hal­lu­ci­nants, alors qu’il les fre­donnait il y a vingt ans de cela sans pren­dre vrai­ment con­science du texte. Et puis, Les nou­veaux roman­tiques n’est pas un tour de chant ordi­naire, c’est un spec­ta­cle musi­cal à la sauce Ly-Cuong. C’est aus­si la réu­nion de plusieurs comédiens/chanteurs issus du court-métrage désor­mais célèbre Par­adis­co de Stéphane. Une vraie famille musi­cale qui réalise chaque soir le bon­heur de pou­voir se retrou­ver ensem­ble sur scène.

Les nou­veaux roman­tiques se rap­porte à la fois au chant et au jeu théâ­tral (et à la musique pour Pas­cal). Quel est votre
parcours ?

OR : Je me fais tou­jours pay­er pour les inter­views et, comme vous avez mis le prix fort, sachez que j’ai fait beau­coup de théâtre dans ma jeunesse et que je fais de plus en plus de spec­ta­cles musi­caux, Anges et démons, Créa­tures, Boule­vard du musi­cal et tous les autres qui arrivent…

MM : J’ai, comme beau­coup de monde, com­mencé à chanter du clas­sique dans un choeur pen­dant deux ans au Con­ser­va­toire de Châtil­lon. Ca m’a per­mis d’é­du­quer mon oreille et de chanter avec un orchestre clas­sique. Je suis, ensuite, par­ti aux Etats-Unis pen­dant un an pour me for­mer « vocale­ment » à la comédie musi­cale anglo-sax­onne dans une uni­ver­sité améri­caine. De retour à Paris, je savais que je devais absol­u­ment pren­dre des cours d’art dra­ma­tique. J’ai suivi qua­tre ans de cours au Stu­dio Alain de Bock où j’ai tra­vail­lé avec des gens mer­veilleux, tout en con­tin­u­ant à tra­vailler vocale­ment avec dif­férents pro­fesseurs de chant dont Cécile Bonar­di et Jas­mine Roy. J’ai égale­ment fait un pas­sage à la Man­u­fac­ture Chan­son. Puis j’ai décroché un rôle dans une comédie musi­cale qui s’est jouée à Tokyo pour Noël et qui m’a ouvert les portes de ce pays où je retourne chanter très régulière­ment. Ma ren­con­tre avec Philippe Lof­fre­do sur La Valse du Dia­ble (qui ne s’est hélas jamais mon­té) m’a ouvert quelques portes à Paris et c’est comme ça que j’ai ren­con­tré Stéphane Ly Cuong.

PB : Moi, j’ai com­mencé par la musique, puis le théâtre ama­teur et le chant. Mais pour moi, tout est lié, être sur scène est un mode de vie com­plet, une recherche, une explo­ration per­ma­nente, et pro­gress­er sur le plan artis­tique est aus­si impor­tant que faire car­rière. On est tou­jours débutant.

Par rap­port à ce que vous aviez déjà fait, qu’est-ce que ce spec­ta­cle vous apporte ?
OR : C’est la pre­mière fois que je tra­vaille avec autant de con­nais­sances et c’est assez agréable !

PB : Comme dans chaque spec­ta­cle, cha­cun reçoit la générosité et le tal­ent de ses parte­naires, ce qui est chaque fois super enrichissant. Et puis, on se con­naît chaque fois un peu mieux soi même, artis­tique­ment. Cela per­met de mieux savoir ce qu’on peut et veut apporter au public.

MM : Tra­vailler avec Stéphane et Patrick Alluin (l’as­sis­tant met­teur en scène) a été très enrichissant pour moi, car l’un comme l’autre sont très exigeants et savent exacte­ment ce qu’ils veu­lent. Je n’ai jamais encore tra­vail­lé avec une telle pré­ci­sion ! Chaque mou­ve­ment de tête est réglé au mil­limètre près et je crois que le spec­ta­cle doit beau­coup son suc­cès à cela. Le tra­vail de danse avec la choré­graphe, Myr­i­am Fer­ren­bach, a été très instruc­tif, car elle créait au fur et à mesure des répéti­tions en s’in­spi­rant de nos per­son­nages. C’é­tait très jouis­sif de tra­vailler comme cela…

Vous avez d’autres projets ?
OR : je peux vous dire que je vais devenir socié­taire de l’Es­saion car je vais y chanter égale­ment du 12 au 22 octo­bre avec Tralala. C’est un quatuor vocal com­posé de Kate Com­bault, Chris­t­ian Abart et Julien Doumen­jou. Nous reprenons des chan­sons des années 30 à 60, les frères Jacques, Ray Ven­tu­ra. C’est un régal !

MM : Je souhaite vrai­ment que mon album Com­ment faire pour être heureux ? voie le jour avant la fin de l’an­née. D’une façon ou d’une autre, je con­tin­ue à don­ner régulière­ment des con­certs à Paris. Pas­cal, qui est sur tous les fronts, m’ac­com­pa­gne ain­si que The­cle Jous­saud, une vio­lon­cel­liste. Je suis égale­ment sur un pro­jet de comédie musi­cale qui devrait voir le jour l’an­née prochaine, Marie, où j’in­ter­prète le per­son­nage de Joseph. J’ai, ensuite, un pro­jet pour le Japon que je n’ai pas encore le droit d’ébruiter.

PB : Main­tenant que je com­mence à trou­ver mes com­po­si­tions accept­a­bles, je pré­pare mon tour de chant. Mais je suis telle­ment exi­gent que je peaufine, je peaufine, et le temps passe. Je suis trop perfectionniste !

Qu’e­spérez vous pour Les nou­veaux roman­tiques ?
PB : Faire pass­er un bon moment à un max­i­mum de spec­ta­teurs, à Paris et en province !

MM : Une tournée à tra­vers la France !

OR : Une longue vie et plein d’en­fants et à titre per­son­nel que mon humour soit enfin révélé à la terre entière !!