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Pâris ou le bon juge (Critique)

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paris-bon-jugeOpérette en deux actes de Claude Terrasse
Livret de Robert de Flers et Gas­ton-Arman de Caillavet
Direc­tion musi­cale: Nico­las Bercet
Mise en scène: Vio­lette Reale
Lumières: David Fricker
Cos­tumes: Eve Leroux

avec:
Charles Mes­rine (Pâris)
Agnès Alib­ert (Gly­cère)
Valéria Altaver (Vénus)
Mar­tin Davout (Syl­vain)
Camille Gimenez-Lavaud (Junon)
Joan­na Malews­ki (Min­erve)

Résumé : Le berg­er Pâris et la bergère Gly­cère s’ai­ment d’un amour chaste qui les ennuie tous deux. L’ar­rivée de trois déess­es, Vénus, Junon et Min­erve, boule­verse tout.
Gly­cère trem­ble pour la ver­tu de son berg­er et implore la dis­corde qui se man­i­feste sous la forme d’une pomme qui porte ces mots: « j’ap­par­tiens à la plus belle. »
Aus­sitôt revendiquée par les trois déess­es, elle est l’ob­jet d’une querelle qui remonte jusqu’à l’Olympe d’où elle redescend au plus vite, Jupiter déci­dant qu’il reviendrait à Pâris la charge de la régler.
Cinquième col­lab­o­ra­tion de Claude Ter­rasse avec les libret­tistes Robert de Flers et Gas­ton-Arman de Caillavet, Pâris ou le bon juge fut créé le 1er mars 1906 au théâtre des Capucines à Paris.

Notre avis : Présen­té en clô­ture de la pre­mière édi­tion du fes­ti­val d’Opéra-bouffe angevin, Pâris ou le bon juge est une éton­nante décou­verte et une belle réussite.
Cette œuvre de Claude Ter­rasse, créée en 1906 et tombée dans l’oubli depuis presque un siè­cle, révèle une musique très bien écrite accom­pa­g­née d’un livret des plus fins. Le texte de Robert de Flers et Gas­ton-Arman de Caillavet présente une mytholo­gie romaine totale­ment décalée et drôle sans jamais être vulgaire.
Le suc­cès de la ver­sion scénique doit beau­coup à Charles Mes­rine et Vale­ria Altaver qui ne ména­gent pas leurs efforts ni leur tal­ent. Vocale­ment irréprochables, ils présen­tent l’un un Pâris aus­si bête que drôle et l’autre une Vénus aus­si orgueilleuse que séduisante qui débor­dent d’énergie. Ils font de cha­cune de leurs scènes un vrai moment de plaisir théâ­tral. Autour d’eux, les dif­férents per­son­nages exis­tent avec plus ou moins de suc­cès alter­nant des scènes et des airs remar­quable­ment inter­prétés avec d’autres presque inaudi­bles ou sans rythme. Mais l’ambiance générale de fan­taisie et de légèreté demeure et le spec­ta­cle reste très amusant.
Nico­las Bercet dirige avec beau­coup d’élégance l’orchestre et offre au pub­lic une soirée musi­cale de pre­mier ordre.
Souhaitons que cette œuvre qui mérite d’être mieux con­nue pour­ra béné­fici­er d’une plus large dif­fu­sion que les deux seules représen­ta­tions aux­quelles le pub­lic angevin a eu le priv­ilège d’assister.