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Of Thee I Sing — Une satire électorale toujours d’actualité

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Of Thee I Sing ©DR
Of Thee I Sing ©DR

Séré­nade élec­torale de George Gershwin
Livret : George Kauf­man et Mor­rie Ryskind
Paroles : Ira Gershwin

Créa­tion
A Broad­way, le 26 décem­bre 1931, au Music Box The­atre (441 représentations).

Chan­sons
« Win­ter­green for pres­i­dent », « Because, because », « Love is sweep­ing the coun­try », « Of thee I sing », « Here’s a kiss for Cin­derel­la », « Who cares ? », « Hel­lo, good morn­ing », « The ille­git­i­mate daughter ».

L’in­trigue
En pleine cam­pagne élec­torale, le doute gagne le men­tal des poli­tiques. Arnold Ful­ton, le mag­nat de la presse, pro­pose de com­mu­ni­quer sur une nou­velle idée : l’Amour. Un con­cours « Miss Mai­son Blanche » est organ­isé à Atlantic City ; la gag­nante devien­dra la pre­mière dame des Etats-Unis. Mais le can­di­dat prési­dent John Win­ter­green préfère la secré­taire du concours…

L’oeu­vre
La par­ti­tion se com­bine par­faite­ment avec l’ac­tion et deux chan­sons devien­dront des stan­dards : « Who Cares » et « Love Is Sweep­ing The Coun­try ». Le spec­ta­cle se joue 441 fois et revient deux ans plus tard pour une brève reprise à l’Im­pe­r­i­al Theatre.
A la sur­prise générale, il rem­porte le Prix Pulitzer, devant des oeu­vres apparem­ment mieux placées pour le recevoir, notam­ment Le Deuil sied à Elec­tre d’Eugène O’Neill. Cer­tains s’indignèrent qu’on donne un prix lit­téraire à une comédie musi­cale, d’autres recon­nurent la nou­veauté et le renou­velle­ment du genre. Un cri­tique en don­na un joli résumé : « Of Thee I Sing apporte quelque chose de frais et de spon­tané dans le théâtre améri­cain, quelque chose gorgé d’ac­tu­al­ité et en même temps intem­porel. Cette oeu­vre est plus proche d’Aristo­phane que O’Neill n’a jamais été d’Euripide.»

L’oeu­vre a été peu remon­tée depuis sa créa­tion. On peut citer une pro­duc­tion à l’Are­na Stage de Wash­ing­ton en 1992, une ver­sion con­cert en 1998 dans le cadre de Los Ange­les Reprise ! avec Gre­go­ry Har­ri­son et Mau­reen McGov­ern, une tournée du Britain’s Opera North égale­ment en 1998 avec Kim Criswell. Et c’est en 1999 qu’Of Thee I Sing a été joué pour la pre­mière fois à Lon­dres dans un théâtre Off West End pro­posant régulière­ment d’ex­cel­lentes et inat­ten­dues pro­duc­tions musi­cales : The Bridewell.

L’his­toire der­rière l’histoire
C’est la pre­mière comédie musi­cale à recevoir le pres­tigieux prix Pulitzer, même si Gersh­win ne fut pas men­tion­né, parce que com­pos­i­teur (le prix est attribué à une oeu­vre littéraire).
En 1933 une suite ver­ra le jour : Let ’em eat cake, avec la même équipe tant dans l’écri­t­ure que dans l’in­ter­pré­ta­tion. Cette satire du monde des dic­ta­teurs, trop con­fuse dans son écri­t­ure, ne restera que quelques mois à l’af­fiche con­traire­ment à Of thee I sing, classé en troisième posi­tion des meilleurs scores pour un musi­cal dans les années 30.

Ver­sions de référence
Of thee I sing — Capi­tol OC Angel 65025 (1952)
Sony 42522 (1987)