Not’en bulles 2009 : une dernière en beauté

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notenbulles2009Par­lez-nous de vos deux créa­tions de cette 17e édition.
Nous présen­tons deux œuvres peu con­nues du grand pub­lic, Gian­ni Schic­chi de Puc­ci­ni, et Best Side Sto­ries — Les mon­des imag­inés de Bern­stein. Pour l’un comme pour l’autre, nous avons voulu nous éloign­er des clichés :  du Puc­ci­ni drôle, du Bern­stein autre que West Side Sto­ry. Ces deux spec­ta­cles ont aus­si en com­mun le mélange des gen­res. Notre adap­ta­tion de l’opéra de Puc­ci­ni mêle joyeuse­ment cabaret, lyrique et mar­i­on­nettes, le spec­ta­cle Bern­stein mêle pro­fes­sion­nels et ama­teurs, musi­ciens jazz et clas­siques, chanteurs et comédiens.
J’ai con­fié l’écri­t­ure du spec­ta­cle Bern­stein à deux jeunes met­teurs en scène : Marc Sol­l­o­goub et Thomas Hore­au. Je réalise moi-même la mise en scène du spec­ta­cle Puccini.
Gian­ni Schic­chi est un opéra-bouffe en un acte. Notre com­pag­nie en pro­pose une mise en scène orig­i­nale où les per­son­nages sont représen­tés par des mar­i­on­nettes manip­ulées à vue par les chanteurs. La troupe réu­nit de jeunes chanteurs issus du Con­ser­va­toire Nation­al Supérieur de Paris, du CNIPAL de Mar­seille, du Jeune Choeur de Paris, etc. Ces jeunes artistes, déjà solistes dans de nom­breuses pro­duc­tions lyriques, seront, pour ce pro­jet, for­més à la manip­u­la­tion de mar­i­on­nettes par Antonin Lebrun, le créa­teur des « créa­tures », jeune diplômé de l’In­sti­tut Inter­na­tion­al de la Mar­i­on­nette à Charleville- Mézières.

Cette édi­tion de Not’en bulles sera aus­si la dernière. Quelle en est la raison ?
Avec une aug­men­ta­tion de 30 % du pub­lic ces dernières années (6 à 7 000 spec­ta­teurs sur qua­tre jours), et un auto finance­ment passé de 29 à 40 % , ce fes­ti­val est un vrai suc­cès,  sans « stars » et avec une pro­gram­ma­tion loin des sen­tiers battus.
Alors, pourquoi s’arrêter, puisque ça marche bien ? Parce que, pour main­tenir la diver­sité et la richesse de la pro­gram­ma­tion, tous les bénév­oles ont tra­vail­lé «au-delà» d’un investisse­ment « nor­mal », per­suadés que les élus seraient alors con­va­in­cus qu’il y avait là un pro­jet cohérent et une équipe dévouée qui méri­taient un sou­tien important.
A notre con­nais­sance, aucun fes­ti­val de cette impor­tance n’est dirigé par une équipe entière­ment bénév­ole. Mais un suc­cès pub­lic et une renom­mée main­tenant nationale ne suff­isent pas pour intéress­er cer­tains élus.
Les sub­ven­tions perçues par Orphée Théâtre sont réelles, mais cepen­dant en « décalage » total avec l’importance du pro­jet, son pro­fes­sion­nal­isme recon­nu et les nom­breuses actions cul­turelles. Lorsqu’il a été créé il y a 17 ans, le fes­ti­val était réelle­ment pio­nnier, et l’un des seuls (le seul ?) à défendre le théâtre musi­cal sous toutes ses formes. Depuis, d’autres événe­ments sont apparus, et la Bre­tagne en par­ti­c­uli­er voit naître de nom­breuses créa­tions. Les élus préfèrent dis­pers­er l’ar­gent vers tous, plutôt que de per­me­t­tre à l’un de se dévelop­per réellement.
Alors… Tristesse et décourage­ment d’une équipe qui n’a pour­tant pas ménagé ses efforts pen­dant 17 ans ! Ceci dit, nous n’ar­rê­tons pas com­plète­ment : notre com­pag­nie va se con­cen­tr­er sur ses pro­pres créa­tions, et le prochain spec­ta­cle a déjà reçu de nom­breux sou­tiens et par­ti­ra en tournée après le festival.

Quels sou­venirs gardez-vous de cette aventure ?

Bien sûr, nous gar­dons de superbes sou­venirs et il est bien dif­fi­cile de choisir, tant les expéri­ences ont été rich­es et différentes.
Des pre­mières années, je retiendrai L’Homme de la Man­cha, que nous avons mon­té avec un bud­get plus que ridicule, mais une équipe de jeunes artistes superbes (français et alle­mands), un orchestre de quinze musi­ciens. J’avais osé met­tre en scène ET jouer Don Quichotte/Cervantès, ce qui n’est pas très mod­este après Jacques Brel ! L’ac­cueil du pub­lic a été incroy­able, avec stand­ing ova­tion à la fin des représentations.
Même suc­cès quelques années après avec Un vio­lon sur le toit.
En opéra aus­si, de mer­veilleux sou­venirs : beau­coup des jeunes chanteurs « décou­verts » ici com­men­cent main­tenant de très belles car­rières et chantent sur les grandes scènes nationales. Nous sommes fiers de les avoir accom­pa­g­nés dans leurs débuts.
Par­al­lèle­ment à nos créa­tions, nous avons invité de nom­breuses com­pag­nies, 60 ou 70 en 17 ans. L’an passé, j’é­tais très heureux d’ac­cueil­lir Le Cabaret des hommes per­dus. Pour les quinze ans, la noce tzi­gane qui a rassem­blé près de 1 000 per­son­nes qui dan­saient avec la troupe en buvant de la vod­ka… nous a d’abord fait un peu peur mais a été un moment inoubliable !
Et puis Les Epis Noirs, Les Joyeux Urbains, La Crevette d’aci­er, l’Opéra Théâtre de Lyon avec une Vie Parisi­enne dans une armoire, les con­certs en plein air sur le vieux port, les goûters au pied des HLM, les chants impro­visés dans les rues par des cen­taines d’a­ma­teurs,  et surtout la fan­tas­tique com­plic­ité avec une équipe de 40 à 50 bénév­oles, dévoués et courageux, et les joyeux délires de tous les artistes venant en rési­dence créa­tion chaque été !
Main­tenant , une nou­velle his­toire commence…

Pour plus d’in­fos, ren­dez-vous sur le site du fes­ti­val.