Not’en Bulles 2005 — La Bretagne sous le signe du théâtre musical

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Festival Not'en Bulles 2005 ©DR
Fes­ti­val Not

Jean-Michel Fournereau, pourquoi avez-vous créé ce festival ?
Au départ, nous avons voulu créer un fes­ti­val de théâtre musi­cal car nous trou­vions que ce genre était sous-représen­té. Je reve­nais d’Alle­magne où j’avais décou­vert des formes musi­cales très var­iées, alors qu’i­ci, la comédie musi­cale a mau­vaise répu­ta­tion. Tout est très cloi­son­né. Nous avons voulu mon­tr­er qu’il pou­vait y avoir des comédies musi­cales « sérieuses » en mon­tant Un vio­lon sur le toit qui par­le des pogroms, ou encore L’Homme de La Man­cha qui évoque l’In­qui­si­tion espag­nole. Pour l’opéra, c’est l’ef­fet inverse, pour le grand pub­lic, c’est con­sid­éré comme étant « chi­ant ». Nous avons voulu mon­tr­er des opéras très drôles, sur des sujets actuels. Nous avons pro­posé des oeu­vres qu’on ne voit pas for­cé­ment ailleurs. Enfin, ce fes­ti­val est aus­si né du désir de faire bouger ma ville !

Com­ment ce fes­ti­val a‑t-il évolué depuis 13 ans ?
Nous avons tout créé sans sub­ven­tions au départ. Nous avions peu de spec­ta­cles et que des petits bud­gets. Au bout de la cinquième année, nous avons eu le sou­tien du Départe­ment, puis celui de la Région et de la DRAC au bout de la huitième. Le fes­ti­val s’est donc étof­fé d’an­née en année. Nous avions une moyenne de 30 spec­ta­teurs par soir la pre­mière année mais nous en sommes à 500 aujour­d’hui, sans par­ler des spec­ta­cles de rue qui peu­vent réu­nir plus de 1.000 spec­ta­teurs par soir.

Com­ment faites-vous votre sélection ?
Nous essayons de pro­pos­er un pro­gramme riche en con­trastes et d’avoir au moins un représen­tant dans les caté­gories suiv­antes : lyrique, comédie musi­cale, cabaret / chan­son. Nous priv­ilé­gions les mis­es en scène orig­i­nales. Cette année, nous aurons cinq spec­ta­cles en soirée, un spec­ta­cle jeune pub­lic et une dizaine d’apéros con­certs gratuits.

Vous allez notam­ment met­tre en scène Anges et Démons, de Lau­rent Cou­son et Dorine Hollier.
Tout à fait, et c’est la pre­mière fois que nous avons un spec­ta­cle aus­si lourd et ambitieux. Il y a 13 chanteurs et 15 musi­ciens. Pour cette pro­duc­tion, j’ai voulu tra­vailler une nou­velle mise en espace. Il y aura donc un nou­veau décor, qui est une struc­ture métallique sur deux niveaux sym­bol­isant l’en­fer et le ciel et représen­tant une hor­loge géante. Quant à la dis­tri­b­u­tion, il y a env­i­ron la moitié des chanteurs orig­in­aux qui revi­en­nent. J’avais une vision un peu dif­férente de cer­tains per­son­nages et j’avais envie d’es­say­er d’autres physiques, une autre façon d’abor­der les rôles.

Qu’en­vis­agez-vous pour le futur ?
Nous aime­ri­ons bien qu’Au­ray soit un petit Avi­gnon du théâtre musi­cal, que les pas­sion­nés vien­nent en sachant qu’il y aura un riche éven­tail de la créa­tion musi­cale. Et puis, nous nous ouvrons pro­gres­sive­ment à toutes les formes musi­cales où le chanteur est aus­si acteur et récipro­que­ment, du lyrique à la chan­son théâ­tral­isée. Nous espérons petit à petit avoir des moyens plus impor­tants et se dévelop­per sur plusieurs lieux où le pub­lic pour­ra décou­vrir une ving­taine de com­pag­nies différentes.