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Nicolas Pélacy — Un conte musical disco !

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Nicolas Pélacy ©DR
Nico­las Péla­cy ©DR

Pourquoi Ricky la banane ?
Nous voulions faire un spec­ta­cle pour enfants parce qu’il existe très peu de comédies musi­cales pres­tigieuses pour le jeune pub­lic. Notre objec­tif est que cela plaise aux enfants et aus­si aux adultes. Il fal­lait trou­ver un con­te fédéra­teur et l’adapter en créant un spec­ta­cle suff­isam­ment déjan­té pour que les enfants puis­sent aimer sans avoir le côté trop « rose » des con­tes de fées. Il s’ag­it donc d’une reprise de Riquet à la houppe de Charles Per­rault. C’est l’un des con­tes les moins con­nus et il a le mérite de ne pas avoir été adap­té en dessin animé.

Com­ment l’aven­ture a‑t-elle démarré ? 
J’ai tra­vail­lé autre­fois avec le théâtre Le Tem­ple et le directeur avait envie d’un spec­ta­cle pour enfants qui ne soit pas « clas­sique ». L’idée était certes de tra­vailler ensem­ble mais, avant tout, il fal­lait qu’on s’a­muse. Grâce au Tem­ple et à Fred Colas, le com­pos­i­teur, le pro­jet a débuté. On a com­mencé à écrire le livret ensem­ble avec un petit « fea­tur­ing » Richard Cross.

Pourquoi avoir accep­té la dif­fi­cile tâche de réalis­er un spec­ta­cle pour enfants ? 
A l’époque où j’é­tais danseur, je tra­vail­lais beau­coup avec des enfants. Du coup, ce n’é­tait pas un monde incon­nu pour moi et, quand le directeur du Tem­ple m’a pro­posé ce pro­jet, c’é­tait pour moi quelque chose de naturel. La com­mande ne m’a pas été imposée : si j’avais voulu faire autre chose, il n’y aurait eu aucun souci. Mais main­tenant, le pub­lic adulte est devenu dif­fi­cile en matière de comédie musi­cale. Les enfants, quant à eux, pren­nent tout en pleine fig­ure et s’é­cla­tent. L’idée était de faire un spec­ta­cle « bar­jo » où l’on puisse taper des pieds, faire des choré­gra­phies débiles, avec des per­son­nages un peu sur­réal­istes et décalés. En effet, les enfants sont presque plus tolérants que les adultes : ils vont aimer un per­son­nage même s’il est moche.

Com­ment vous y êtes-vous pris pour réalis­er un spec­ta­cle pour enfants qui plaise aus­si aux parents ?
Il y a deux niveaux d’écri­t­ure et d’hu­mour. Le per­son­nage prin­ci­pal, Ricky, est sim­ple pour que les enfants puis­sent com­pren­dre facile­ment et iden­ti­fi­er le héros. En out­re, il y a d’autres per­son­nages un peu plus hys­tériques, comme la reine, qui ont un humour un peu décalé que seuls les adultes peu­vent saisir.

La troupe sem­ble être une vraie famille. Tra­vaillez-vous ensem­ble depuis longtemps ?
Il y a eu qu’un seul cast­ing pour le rôle du prince Mata­mor, joué par Gré­go­ry Amsis. On voulait éviter les audi­tions et « rester en famille ». J’avais tra­vail­lé avec Sébastien Morin, qui joue Ricky, avec Katia Markozy qui joue la fée dis­co et avec Fred Colas, le com­pos­i­teur, sur une comédie musi­cale qui s’ap­pelle Les mots d’amour, que nous avons jouée l’an­née dernière à l’E­space Cardin. Je tra­vaille avec Edwige Chan­de­lier, qui joue aus­si la fée dis­co, sur du coach­ing vocal pour Richard Cross. Gré­go­ry s’est tout de suite inté­gré à la troupe. Nous ne pou­vions pas per­dre de temps à nous adapter les uns aux autres. Pour faire dis­paraître nos inhi­bi­tions et faire les fous sur scène, il fal­lait se con­naître. Même si les comé­di­ens sont très pro­fes­sion­nels, la com­plic­ité ne s’in­vente pas. Le spec­ta­cle évolue donc sans cesse grâce à cela. Les gri­maces sont tout le temps dif­férentes et les vannes changent constamment.

Il s’ag­it de votre sec­onde expéri­ence dans le monde de la comédie musi­cale. Avez-vous tou­jours baigné dans cet univers ?
Je suis fan de comédie musi­cale depuis que je suis tout petit. Mes deux références sont Hair et All that jazz. J’ai ensuite décou­vert Cabaret. Au début je n’é­tais que danseur, mais j’ai dû arrêter. J’ai donc trou­vé un autre moyen de m’ex­primer. J’avais fait du piano au con­ser­va­toire et, à tra­vers des ren­con­tres, je me suis mis à écrire des chan­sons avec Daniel Jean-Louis et ça a tout de suite col­lé. Mais je suis ouvert à toutes sortes d’écri­t­ures : le théâtre, la comédie musi­cale, les chansons…

Pou­vez-vous nous par­ler de vos pro­jets futurs ? 
J’ai écrit deux comédies, que j’aimerais beau­coup met­tre en scène… à voir.

Com­ment a été accueil­li Ricky la banane lors du show­case de juin dernier ?
Les enfants ont retenu les chan­sons… et les adultes aus­si. Comme les enfants chantent con­stam­ment les chan­sons, les par­ents nous en veu­lent un peu. La musique a très bien fonc­tion­né. Et le plus drôle, c’est que les enfants n’ont pas seule­ment repris les chan­sons, mais aus­si les mim­iques. Tout a donc marché comme on le désirait.

Com­ment vous sen­tez-vous à trois semaines de la première ?
Nous pou­vons tou­jours faire plus mais on a rem­pli notre con­trat, grâce à la lib­erté que nous a don­née Le Tem­ple. Ceci dit, les enfants sont telle­ment imprévis­i­bles : même si la représen­ta­tion de juin a été un suc­cès, j’ap­préhende tout de même la première.

Que diriez-vous aux spec­ta­teurs afin de les con­va­in­cre de venir au voir le spectacle ?
Argu­ment 1 : « cela fait du bien de retomber en enfance ». Argu­ment 2 : « venez car c’est un spec­ta­cle où il n’y a pas de mes­sage ». Argu­ment 3 : « le spec­ta­teur peut avoir 12 ans d’âge men­tal car les gens qui sont sur scène ont, eux aus­si, 12 ans d’âge men­tal… comme les créateurs ».