Nathalie Joly, Yvette Guilbert à la folie

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Vous présen­tez, après le suc­cès rem­porté par Je ne sais quoi, cet autre spec­ta­cle. Est-ce une suite ?
Je voulais faire un autre épisode sur le per­son­nage et le des­tin d’Yvette Guil­bert, notam­ment sur sa trans­mis­sion du par­lé chan­té et sa sec­onde car­rière. C’est alors qu’une dame d’un cer­tain âge m’a  don­né un ensem­ble de doc­u­ments inédits écrits de la main d’Yvette dont une par­tie con­stituent des témoignages pas­sion­nants de son école des arts du spec­ta­cle à New York avec des par­ti­tions inédites de chan­sons pop­u­laires et mythologiques issues du Moyen Age. En v’là une drôle d’af­faire est donc la suite de notre explo­ration sur Yvette Guil­bert, dans laque­lle j’ai appro­fon­di le tra­vail sur le par­lé chan­té avec la même équipe. Mais on peut voir ce spec­ta­cle sans avoir vu Je ne sais quoi. La mise en scène  de Jacques Verzi­er est très dif­férente. Je ne sais quoi se focalise sur Freud au cabaret, ce sec­ond épisode se passerait plutôt chez Yvette Guil­bert qui livre ses secrets.…

Qu’est-ce qui vous plait le plus chez Yvette Guilbert ?
Sa ténac­ité, son courage, son exi­gence sans con­ces­sion à chercher la « vérité« et l’art au présent. C’est à la fois une artiste et une human­iste, qui porte la parole des femmes et s’en­gage totale­ment. Sa parole est directe, généreuse et franche. On pour­rait la com­par­er à Ari­ane Mnouchkine !

En quoi ce réper­toire est-il intéres­sant aujourd’hui ?
Le par­lé chan­té a été invente par Yvette Guil­bert et m’a tou­jours fasciné, que ce soit chez Kurt Weill ou dans la musique con­tem­po­raine car il laisse un espace libre au jeu d’ac­trice et à l’in­ven­tion vocale. Cette forme mixte se retrou­ve dans le slam et le rap d’au­jour­d’hui. L’autre aspect très con­tem­po­rain de ce spec­ta­cle con­cerne les sujets que les textes par­lés nous livrent d’u­ni­versel sur l’artiste, sa posi­tion face au monde, sa bataille, le courage qu’il doit garder en lui, ses con­tra­dic­tions, ses croy­ances.… « sans les artistes la Nation se meurt! » en est un échantillon.
Enfin les thèmes des chan­sons choisies sont tou­jours actuels car intem­porels. Ce sont à la fois des con­tes et des faits divers. La trans­mis­sion entre femmes est égale­ment très présente.

Com­ment le spec­ta­cle est-il perçu en Avi­gnon ? Des dates sont-elles prévues à Paris et en province ?
Comme a la Tem­pête, le pub­lic sort ent­hou­si­aste et trans­porté ! C’est un vrai régal partagé car il y a plein de décou­vertes, des par­ti­tions totale­ment inédites, des aspects incon­nus de la vie d’Yvette, et une incur­sion sur­prenante dans le kabu­ki qui évoque le japon­isme de l’époque.…
Quant aux dates, nous jouerons à Paris du 28 novem­bre au 31 décem­bre 2012 à la Vieille Grille a 21h, à Mar­seille au Théâtre de Lenche du 16 au 30 mai 2013 dans le cadre d’une carte blanche qui m’a été con­fiée et qui s’in­téressera aux « Diseuses d’hi­er a aujour­d’hui ». Nous serons au TOP à Boulogne Bil­lan­court le 1er et 2 juin 2013 avec les deux spec­ta­cles. Et le reste sera indiqué sur notre site que vous pou­vez con­sul­ter en cli­quant ici.