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Nathalie Duong — Une fille en or

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Nathalie Duong ©DR
Nathalie Duong ©DR

Quel est votre par­cours artistique ?
J’ai démar­ré dans les années Jack Lang par du théâtre de rue, en ban­lieue, dans les villes nou­velles. On fai­sait des spec­ta­cles absol­u­ment dingues, saltim­ban­ques à la mode Zin­garo. Je touchais déjà à tout à l’époque : comédie, chant et pho­to. Des groupes de jazz, je suis passée aux groupes de rock, puis j’ai cassé la voix et suis passée dans un reg­istre plus lyrique. La suite, c’est le con­ser­va­toire, les écoles de théâtre et la chance incroy­able de côtoy­er des pro­fesseurs comme Alain Mara­trat et Bruce Myers (tous deux ont tra­vail­lé pour Peter Brook) et Anne Alvaro.

Votre pre­mier sou­venir de scène ?
D’aus­si loin que je puisse me sou­venir, j’ai fait de la scène. Déjà avec mes cama­rades de théâtre de rue, on allait régulière­ment « répéter une scène ». Pour une artiste typée eurasi­enne comme moi, il y a bien peu de place à la télévi­sion et au ciné­ma  à part un rôle dans Filles per­dues, cheveux gras, mon seul film  alors que les planch­es m’of­fraient des pos­si­bil­ités infinies, sans stéréo­type ; j’ai même joué Lady Mac­beth et Les Liaisons Dan­gereuses. Plus récem­ment, j’é­tais la dou­blure de De Pal­ma dans Le Chanteur de Mex­i­co au Châtelet, mais je n’ai jamais eu à la rem­plac­er… Heureuse­ment pour elle ? (rires) Dans ce même théâtre, j’é­tais cho­riste dans Can­dide et Véronique. C’est sou­vent pour ma dou­ble com­pé­tence de comé­di­enne et chanteuse que l’on m’en­gage et ça tombe bien, c’est exacte­ment ce qui me plaît.

Dans votre con­cep­tion artis­tique, donc, théâtre et musique vont de pair ?
Dis­ons que j’ai com­mencé ma car­rière au Théâtre Baroque de France, faisant revivre un style où les textes alter­nent avec les bal­lets, comme du temps de Molière. J’aime l’as­so­ci­a­tion, voire le mélange des deux. Un de mes gen­res favoris est le méli-mélo­drame, quand un texte est par­lé sur une musique pour laque­lle il a été spé­ciale­ment conçu. C’est un art qui tire sa saveur de la pré­ci­sion de la syn­chro­ni­sa­tion, le fusion­nel entre texte et musique. C’est aus­si au Théâtre Baroque de France que j’ai ren­con­tré Nathalie Van Parys, créa­trice avec Lise Mar­tin d’Une Fille en Or. Ce spec­ta­cle glisse aisé­ment du texte par­lé à la chan­son dan­sée, qua­si­ment à l’im­pro­viste, ce qui, vous l’au­rez com­pris, m’enchante !

La fille en or du spec­ta­cle, c’est vous ?
D’un point de vue artis­tique et comique, c’est cer­taine­ment moi ! Je me sens par­faite­ment à l’aise dans ce per­son­nage à la lim­ite de l’ab­surde évolu­ant dans un monde plein de sur­pris­es. Les nom­breuses chan­sons d’un réper­toire éclaté des années 30 aux années pop jail­lis­sent sans crier gare, de très loin par rap­port au con­texte direct de l’his­toire. Cela me fait penser aux sit­u­a­tions par­fois cocass­es de la vie réelle, un voy­age avec les barges mélo­manes dans le métro parisien par exem­ple (rires). En tout cas, cet effet spon­tané est le fruit d’un tra­vail rigoureux de toute la troupe, de vir­tu­os­es, car l’in­té­gral­ité du spec­ta­cle est choré­graphié telle une belle mécanique. Vu la qual­ité du résul­tat, je suis cer­taine que le spec­ta­cle de Nathalie Van Parys est par­ti pour dur­er, comme le précé­dent [NDLR : Comme de bien enten­du].