Michel Dussarat — Drôle de zèbre !

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Michel Dussarat ©DR
Michel Dus­sarat ©DR
Com­ment avez-vous ren­con­tré Jérôme Savary ?
J’é­tais dans une troupe anglaise qui s’ap­pelait Kiss. C’é­tait en 1971. On était à Aix-en-Provence et le Mag­ic Cir­cus (la troupe de Savary) est venu y jouer. Je suis allé les voir et j’ai trou­vé ça nul mais ils avaient l’air de s’é­clater à fond ! Après, on a joué dans le même fes­ti­val, je suis allé voir Savary qui ne dit jamais non. J’ai tout quit­té pour mon­ter à Paris et j’ai dû faire mon trou en faisant ce que tout le monde ne voulait pas faire : les costards, le cul du zèbre (mon pre­mier rôle au Mag­ic Cir­cus !), la poursuite…

Les cos­tumes, c’est venu par hasard ou était-ce déjà présent auparavant ?
Ce n’est pas du tout par hasard. J’ai tou­jours fait les deux. J’ai fait les Beaux-Arts entre autres. J’avais une soeur aînée qui avait un ate­lier de cou­ture et elle me gar­dait de temps et temps et je sup­pose que ça doit mar­quer. J’ai tou­jours fait les deux, le théâtre c’est vrai­ment un artisanat.

De toutes ces années passées avec Savary, y‑a-t-il un spec­ta­cle qui vous ait mar­qué plus qu’un autre ?
Dis­ons que le spec­ta­cle qu’on a fait sur l’his­toire du Mag­ic Cir­cus, Nina Strom­boli, était très touchant. Ca ne veut pas dire que c’é­tait le meilleur mais c’é­tait très touchant parce qu’on s’est retrou­vés avec quelques piliers du Mag­ic. Je représen­tais toutes les filles, comme Ute Lem­per, qui étaient passées au Magic !

Quelles sont vos références en matière de théâtre musical ?
Pen­dant très longtemps, ça a été le théâtre musi­cal anglo-sax­on. Et puis, ça m’a un petit peu passé parce que je me suis ren­du compte qu’on avait en France un réper­toire totale­ment mécon­nu qui n’est pas du tout util­isé… On appelle ça « opérette » mais c’est du « musi­cal » aus­si : tout le réper­toire des revues, tout ce qui s’est fait dans les années 30… Mais avant tout, pour moi, la référence, c’est Gersh­win, pour la richesse musi­cale, l’o­rig­i­nal­ité des mélodies, des thèmes, des arrange­ment, des paroles. J’aime aus­si Kan­der et Ebb dont on a fait Cabaret.

Quels sont vos autres projets ?
J’ai un pro­jet avec Chris­tiane Legrand. C’est un spec­ta­cle sur les rap­ports qu’il y a entre mère et fille. On a cher­ché des textes et des chan­sons qui pou­vaient se rap­porter au sujet. Il y a des let­tres de Mme de Sévi­gné, de Demy bien sûr. Ensuite, on a fait un mon­tage pour un spec­ta­cle d’une heure env­i­ron. J’aimerais bien faire un spec­ta­cle pour moi égale­ment, un spec­ta­cle sur l’am­bi­gu­i­té, du cabaret, du music-hall avec des change­ments de cos­tumes, de personnages…