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Martin Larocque — Traditions

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Martin Larocque dans Un violon sur le toit ©Francois Laplante Delagrave
Mar­tin Larocque dans Un vio­lon sur le toit ©Fran­cois Laplante Delagrave

Mar­tin, nous avons décou­vert votre tal­ent de chanteur lors de la pro­duc­tion Irma la Douce, en 2002. Par­lez-nous de cette pre­mière expérience…
Cela a été extra­or­di­naire. J’ai vrai­ment aimé cela. Surtout que, depuis tou­jours, c’est ce que je voulais faire ! Je suis un enfant de Broad­way, c’est-à-dire que j’aimais tout ce qui se fai­sait, en ter­mes de comédies musi­cales, à la télévi­sion. J’aimais la couleur artis­tique qu’ap­por­taient ces clas­siques alliant chants et danse. J’ad­hère à l’idée que, lorsque ça va mal, les notes d’un vio­lon qui joue nous entraî­nent dans son tour­bil­lon musi­cal et nous porte à l’ac­com­pa­g­n­er en chan­tant. Le résul­tat est que, tout à coup, tout va bien (rires). Un beau matin, j’ai reçu un appel de Denise (Fil­i­a­trault) qui m’of­frait un rôle dans Irma la Douce. Je ne suis pas un chanteur mais je chante. Alors, je me suis lancé et j’ai accep­té le rôle. Cette pre­mière expéri­ence en théâtre musi­cal fût un coup de foudre ! Au point que j’au­rais pu jouer dans ce spec­ta­cle pen­dant quar­ante ans… (rires). Je me rap­pelle très bien des pre­miers pas, des pre­mières notes lancées, au cen­tre de la scène, les deux bras ouverts en chan­tant :  » Peu­ple de France et de Navarre… « . Vous ne pou­vez vous imag­in­er le bon­heur que je ressentais.

Vous par­ticipez désor­mais à Un vio­lon sur le toit. Par­lez-nous de cette pièce…
Un vio­lon sur le toit, une créa­tion de Joseph Stein (livret), Jer­ry Bock (musique) et Shel­don Har­nick (paroles), est tiré du roman de Sholem Ale­ichem inti­t­ulé Tevye et ses filles. Même si cette comédie musi­cale a été créée par des Améri­cains, on y retrou­ve cette belle âme russe. Ils sont allés dans des fêtes juives, avant de com­mencer à écrire, pour observ­er et regarder… La chan­son  » Tra­di­tion  » a été écrite à la toute fin de la créa­tion d’Un vio­lon sur le toit. Toute l’his­toire de cette pièce découle des tra­di­tions ! Voilà pourquoi ils ont décidé de com­mencer le spec­ta­cle avec cette mélodie, pour présen­ter le con­texte, c’est-à-dire un homme qui aime ses tra­di­tions. Elles représen­tent son équilibre…

Pen­siez-vous, un jour, jouer le rôle de Tevye ?
Cela fait près de quinze ans que je par­le d’Un vio­lon sur le toit et que je me dis que c’est un rôle pour moi. Alors j’en ai par­lé autour de moi et j’ai eu le coup de télé­phone que j’at­tendais. Denise Fil­i­a­trault (met­teure en scène) m’a demandé si je con­nais­sais le rôle de Tevye ?  » Quelle ques­tion ! Je peux chanter l’in­té­gral­ité du rôle dès main­tenant « , lui ai-je répondu.

Quelles ont été les moti­va­tions pour accepter ce rôle ?
Je voulais jouer ce rôle d’abord parce qu’il me touche. Il y a cette espèce de regard sur la famille véhiculé dans ce spec­ta­cle. La beauté de ces clas­siques, c’est qu’il n’y a pas, finale­ment, d’époque pré­cise. C’est un peu intem­porel. Tu peux les jouer à dif­férents moments, dans le temps, et le sujet est tou­jours per­ti­nent pour en retir­er un mes­sage uni­versel. En plus, les chan­sons sont si belles et la musique si touchante…

Émilie Josset et Renaud Paradis dans Un violon sur le toit ©Francois Laplante Delagrave
Émi­lie Jos­set et Renaud Par­adis dans Un vio­lon sur le toit ©Fran­cois Laplante Delagrave

Qu’est-ce qui vous touche dans le rôle de Tevye ?
C’est un papa pos­sé­dant une cer­taine fragilité. Ce qui l’amène à par­ler à Dieu. C’est un père con­fron­té aux change­ments soci­aux. Il est obligé de se réadapter. Per­son­nelle­ment, j’en suis arrivé à ce stade-ci, dans ma vie. J’ai vécu cela dans les yeux de mon père et, moi-même, je le vois dans ceux de mes enfants ! Enfin, je remar­que par­fois qu’il y a des choses sur lesquelles je n’ai aucun contrôle.

Vous avez appris ces dans­es juives ?
Oui. Grâce à la col­lab­o­ra­tion de Monik Vin­cent, choré­graphe, qui nous enseigne les pas et les gestes incon­tourn­ables de la danse juive. Par con­tre, puisque je n’ai plus la taille de ma jeunesse (rires), c’est tout un exer­ci­ce que d’as­sim­i­l­er cette dis­ci­pline. Il faut garder cet espèce d’e­sprit juif dans la danse aus­si bien que dans la tête.

Les rela­tions avec vos partenaires ?
Juste­ment, Denise nous dis­ait que, pour la pre­mière fois, elle a sen­ti que nous étions une troupe ! C’est rare car il n’y a pas vrai­ment de troupe de ce genre au Québec. Nous ressen­tons quelque chose de très chaleureux, pour le moment, mais tout peut chang­er (rires)… Plus sérieuse­ment, je sens qu’il y a de la sol­i­dar­ité entre nous. C’est, aus­si un spec­ta­cle  » très gars  » autant du côté écri­t­ure que sur scène… Nous sommes 14 hommes con­tre 6 filles sur scène. Con­cer­nant les filles, je peux déjà vous dire que le pub­lic va ador­er Lin­da Sorgi­ni (Golde). Elle est déli­cieuse, solide et drôle ! Enfin, je pense que la dis­tri­b­u­tion est remar­quable. En plus, ils ont le goût d’avoir du plaisir.

Une tournée pour le Vio­lon sur le toit ?
Non, pas cette fois car mal­heureuse­ment ce serait trop coû­teux. Il ne faut pas oubli­er que nous sommes 20 comé­di­ens sur scène. C’est énorme pour une pro­duc­tion québécoise.