
Quelle est votre formation ?
J’ai un parcours plutôt sinueux qui a démarré depuis la tendre enfance. Du fait de mes origines polonaises, j’ai baigné dans un monde de danse folklorique et de chorale et participé à de nombreux spectacles dans des salles des fêtes communales. J’ai rapidement compris que la scène serait mon métier et, après avoir lutté un peu avec mes parents à propos des études, j’ai intégré une classe de seconde « musique option lourde ». Le bac en poche, je suis parti me former au chant aux Etats-Unis à l’Université de Plymouth State College (New Hampshire). J’ai pu développer ma voix et mon aptitude scénique, coaché par un homme à qui je dois beaucoup, Dan Perkins, qui m’a également initié à la culture de la comédie musicale en m’obligeant, par exemple, à prendre le bus pour New York afin de voir Miss Saigon : le choc ! J’ai été repéré durant un « talent show » où je chantais Piaf et Starmania et on m’a proposé le rôle de Rolf dans une petite production régionale de La Mélodie du bonheur, ma première expérience professionnelle. De retour à Paris, j’ai travaillé à mi-temps pour me payer les cours au Studio Alain de Bock pendant quatre ans. J’y ai perfectionné ma voix et surtout ma relation avec le public par de nombreux exercices pratiques dans des cabarets. J’ai complété cette formation par des cours de théâtre dans l’optique d’être pluridisciplinaire et de faire de la comédie musicale !
Quel est votre parcours professionnel ?
En sortie de formation, j’ai été recruté pour une tournée au Japon un peu spéciale : des chants de Noël interprétés par des chanteurs français accompagnés d’artistes japonais de théâtre Kabuki, un art traditionnel très gestuel et symbolique proche du Nô, plus connu. Ce mélange ethnique a si bien fonctionné que le spectacle a eu lieu plusieurs années de suite. Mes échanges avec le Japon continuent d’ailleurs aujourd’hui sous diverses formes. Puis, en 2005, je suis resté cinq mois, au lieu des deux semaines initialement prévues, dans la troupe des Nouveaux romantiques, le spectacle jukebox de Stéphane Ly-Cuong [NDLR : co-rédacteur en chef de Regard en Coulisse] qui fait revivre la variété française des années 80 à travers une trame drôle et attachante. L’année suivante, j’ai décroché mon premier rôle dans une grosse production, celui de Fyedka en remplacement de Frank Sherbourne dans la tournée du Violon sur le toit, une étape très importante pour moi.
Pouvez-vous nous parler de votre nouveau spectacle Made in patchwork ?
Le projet a démarré par une commande passée à Michel Frantz qui fut chef d’orchestre pendant trente ans à la Comédie Française et qui a eu envie de changer franchement de registre, sortir du carcan de l’opérette sans toutefois trahir le public qui le connaît pour ça. Avec Cécile Jacquillat, premier violon à la Comédie Française, ils m’ont appelé pour donner une dimension vocale à leur spectacle musical et rajeunir le répertoire. L’intention était donc de faire un patchwork de courants musicaux, un grand écart entre Debussy et Mika en passant par Serge Lama, entre autres. On a pris soin d’éviter la caricature du tour de chant avec intermèdes de transition parlés, trop fréquente à Paris, en créant une vraie histoire autour des musiques et des chansons : la trame est l’ultime répétition avant un spectacle majeur qui ne se passe pas du tout comme prévu… Co-écrit par David Alexis [NDLR : que l’ on a pu voir dans Cabaret, Dothy et le magicien d’Oz et La Vie parisienne] qui a aussi fait la mise en scène, le spectacle est une confrontation constante entre des univers a priori opposés, opérette et variété pour la musique, Buster Keaton et Tim Burton pour le visuel, burlesque et poésie pour l’atmosphère. Le tout est admirablement mis en lumière par Jean-Pierre Bouchon assisté de l’indispensable Noémie de la Vennat. Pour moi, c’est de la vraie comédie musicale faisant intervenir la musique, le théâtre et l’expression corporelle, le mime en particulier.
Quels sont vos autres projets ?
Je passe régulièrement les castings pour les comédies musicales, en France et en Belgique et j’ai de bons espoirs pour une réponse positive prochainement. Parallèlement, je travaille sur une adaptation française de The Fantasticks que j’ai adoré sur off-Broadway. C’est un spectacle à dimension humaine transposable à Paris sans gros moyens. J’ai également démarré une activité de coach vocal après une formation avec Richard Cross. Enfin, je continue à m’impliquer dans les échanges musicaux avec le Japon. Il faut savoir que la chanson française est un art à part entière là-bas, encore largement inspiré par Piaf et Mireille Mathieu et que l’on cherche à rajeunir. Je participe à l’organisation d’une manifestation « kakehashi » (pont en japonais, en référence aux liens culturels entre le Japon et la France) produite par le cabaret des Trois Baudets. Des vedettes japonaises de « chanson » — comme les Japonais l’appellent — feront un récital avec des artistes français pour la Fête de la Musique, le 21 juin 2010 (à 20h30 aux Trois Baudets, entrée libre). En quelque sorte, un autre patchwork !