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Marjorie Ascione — Le flamenco dans la peau

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Marjorie Ascione ©DR
Mar­jorie Ascione ©DR

Quelle est votre formation ?
J’ai com­mencé la danse à Lyon dont je suis orig­i­naire. Ma mère est espag­nole et mon père ital­ien et je pas­sais le plus clair de mes vacances en Espagne. Le goût pour le fla­men­co m’est venu très jeune. J’ai com­mencé la danse d’une façon très banale en prenant des cours de jazz dans une école de quarti­er. Un des pro­fesseurs m’a repérée et m’a prise sous son aile. J’ai ain­si par­ticipé à divers stages de danse notam­ment avec Reda et à 16 ans, je suis ren­trée au Cen­tre de danse d’Alain Asti­er tout en pour­suiv­ant mes études.

Com­ment a com­mencé votre par­cours professionnel ?
Après avoir obtenu ma maîtrise en lit­téra­ture, j’ai pris la déci­sion de me lancer. C’é­tait très dur car mes par­ents n’y étaient pas très favor­ables et parce que ce milieu m’ef­frayait. J’ai com­mencé en inté­grant une petite troupe à Lyon, puis celle de Bruno Van­del­li à Cannes où je suis restée cinq ans. C’est finale­ment Red­ha qui m’a poussée à mon­ter à Paris, ce qui me fai­sait très peur. A l’oc­ca­sion d’une audi­tion pour Bian­ca Li j’ai ten­té ma chance, et j’ai été retenue. L’aven­ture com­mençait… J’ai con­tin­ué les stages et de fil en aigu­ille, je me suis con­stru­it un réseau intéres­sant. J’y ai notam­ment ren­con­tré un pro­fesseur qui réal­i­sait des choré­gra­phies pour les émis­sions de Michel Druck­er et grâce à lui, j’ai com­mencé à tra­vailler pour les émis­sions TV.

Com­ment avez-vous ren­con­tré Kamel Ouali ?
C’est au cours d’un de ces stages que j’ai ren­con­tré Kamel Ouali en tant que danseur. On s’est ensuite retrou­vé sur un pro­jet : Le fes­ti­val de la mode, ce qui nous a don­né l’oc­ca­sion de mieux nous con­naître. Alors qu’il était l’un des choré­graphes de French Can­can [NDLR : spect­cale aux Folies Bergère], il m’a pro­posé de pass­er les audi­tions et tout s’est enchaîné. Il m’a con­tac­tée pour Les 10 com­man­de­ments comme danseuse cap­i­taine. C’est égale­ment par son inter­mé­di­aire que j’ai don­né des cours de fla­men­co à la Star Acad­e­my et par­ticipé à quelques primes.

Vous êtes abon­née aux comédies musi­cales à gros budget !
Effec­tive­ment, j’ai par­ticipé à Autant en emporte le vent et Glad­i­a­teur dans lequel j’é­tais l’as­sis­tante de Stéphane Loras (que j’avais ren­con­tré à Lyon). Certes le suc­cès com­mer­cial ne fut pas au ren­dez-vous, mais cette expéri­ence fut très enrichissante car nous avons tra­vail­lé sur un reg­istre con­tem­po­rain. Je suis ensuite par­tie au Japon mon­ter Les Dix Com­man­de­ments, cette fois-ci en tant que choré­graphe — autant dire une grande pre­mière pour moi — et je suis actuelle­ment danseuse cap­i­taine sur Le Roi Soleil. J’es­saye néan­moins de con­tin­uer à par­ticiper à des oeu­vres plus modestes.

Juste­ment, quel rap­port entretenez-vous avec le flamenco ?
Je n’ai jamais pris de cours de fla­men­co. Pour moi, cette danse fait par­tie de ma cul­ture, de mon sang. La musique a été très présente dans mon édu­ca­tion. Ce que j’aime dans le fla­men­co c’est qu’il faut « l’habiter » pour le danser. Au-delà de tous les mou­ve­ments tech­niques, le fla­men­co est avant tout une émo­tion particulière.

Com­ment est né le spec­ta­cle Flamenka ?
Karen Ruimy est à l’o­rig­ine de ce pro­jet. Ayant des racines maro­caines, juives et espag­noles, elle avait envie de con­stru­ire un spec­ta­cle de danse autour de ses orig­ines. Cette mul­ti­plic­ité nous a don­né l’idée et l’en­vie de mélanger le fla­men­co tra­di­tion­nel au fla­men­co plus mod­erne. Manuel Gutier­rez Cabel­lo a conçu les moments de fla­men­co tra­di­tion­nels et Jérôme Zer­bi et moi avons pris en charge l’aspect plus mod­erne et la mise en scène du spec­ta­cle. Nous voulions y apporter une his­toire et éviter la suc­ces­sion de tableaux. Au final, quinze artistes se parta­gent la scène : cinq musi­ciens, et dix danseurs.

Avez-vous des pro­jets, des envies ?
Je vais par­tir en Espagne pren­dre des cours de tan­go argentin, j’ai envie d’ex­plor­er ces dans­es si proches de mes racines. J’aimerais beau­coup con­tin­uer à tra­vailler avec Kamel Ouali, car c’est quelqu’un que j’aime beau­coup. J’ai beau­coup de respect pour son tra­vail, sa réus­site et j’ap­pré­cie beau­coup son humil­ité : il est resté le même que celui que j’ai con­nu il y a quinze ans. J’aimerais égale­ment beau­coup retra­vailler avec Stéphane Loras dans un reg­istre plus contemporain.