Mademoiselle Maya en ut intégral (Critique)

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mademoiselle-maya-en-ut-integralTextes : Char­lotte Grenat.
Musiques : Jean-François Varlet.
Avec : Char­lotte Grenat & Zofia Rieger.

Com­plète­ment hors du con­texte, décalée, Made­moi­selle Maya nous entraîne dans une hila­rante plongée dans le music-hall d’antan.

Entre chan­sons orig­i­nales, coquines ou réal­istes, et vraies fauss­es let­tres d’écrivains inédites (Vic­tor H., Alphonse D., etc.) Made­moi­selle Maya, en ut inté­gral, vous invite à la décou­vrir toute… Sans fausse note !

Notre avis: C’est un réc­i­tal tout en gam­bettes, en opérettes et en belles let­tres qu’offre Made­moi­selle Maya. Un réc­i­tal auda­cieux, tant l’équilibre est frag­ile entre les paroles légères de ses chan­sons et l’intensité des mots de grands auteurs qu’elle livre au public.
Dans un 19ème siè­cle roman­tique, elle a vu Mau­pas­sant, Daudet, Mus­set ou Vic­tor Hugo lui déclar­er leur flamme. Ressus­ci­tant leur style et leur phrasé à tra­vers de vraies-fauss­es let­tres enflam­mées « à la manière de », il n’en faut pas plus pour embras­er cette coquine de la Belle Époque et lui rap­pel­er des sou­venirs évidem­ment brûlants. Salons parisiens, amants dans le plac­ard et week-ends à la cam­pagne… de mul­ti­ples sit­u­a­tions ressur­gis­sent alors en chan­sons. Il y est ques­tion d’amour, mais le plus sou­vent de gour­gandines et de jupons, de flûtes, de ham­pes et de gour­man­dis­es en tout genre ; un véri­ta­ble fes­ti­val de la bagatelle ! La chose, abor­dée à l’envi, n’est jamais directe­ment citée. Ce ne sont qu’allusions, dou­ble sens, et autres sous-enten­dus, plus ou moins fins et sub­tils, mais facile­ment visu­al­is­ables, le tout sur des airs pop­u­laires en mode can­can ou opérette.
Si cer­tains trou­veront lourde cette dou­ble-lec­ture poussée à l’extrême, l’écriture de Char­lotte Grenat est pour le moins recher­chée, les mis­sives des écrivains plutôt éton­nantes, et l’ensemble inédit, léger, et orig­i­nal. Cette créa­tiv­ité et cette imag­i­na­tion sur les textes con­trastent hélas franche­ment avec les tran­si­tions, qui man­quent de souf­fle et de richesse. Un décalage sur­prenant, comme l’est la choré­gra­phie dite du « papil­lon », scène assez déli­rante, dont on cherche encore à com­pren­dre l’intérêt. On préfèr­era de loin retenir l’excellent hom­mage au réal­isme de Zola avec la chan­son « Marie Madeleine », et l’évocation mélan­col­ique et poé­tique de l’absinthe et de ses vertus.