
Quel fut votre premier contact avec la comédie musicale ?
Mon souvenir le plus marquant reste Chantons sous la pluie. Je voue une admiration sans borne à des vedettes comme Debbie Reynolds, Fred Astaire car ce sont des artistes positifs, rayonnants et motivants !
Qu’est-ce que la comédie musicale vous apporte en plus ?
J’aime les comédies musicales tout d’abord par le biais de la danse, discipline que je pratique depuis l’enfance. Quand j’avais 17 ans, j’ai monté au lycée une comédie musicale : Le voyage, quelque chose d’assez énorme pour l’époque ! Je vous avoue que les acteurs se contentaient de faire du play-back, mais ils jouaient et dansaient. J’adore Charlie Chaplin et avais choisi pour sujet Charlot qui emmène une petite fille à travers le temps et lui fait découvrir la danse. Le spectacle commençait à la préhistoire, comme Au petit bonheur ! Je jouais Charlie Chaplin, nous avions un public de 700 personnes…
Ensuite, j’ai fait du théâtre. Je chante pour m’amuser. Je suis une grande fan de Madonna et des spectacles qu’elle a fait dans les années 80, très mis en scène. Aujourd’hui, j’aime les shows à l’américaine, je travaille dans ce sens-là, j’aime surtout l’exigence professionnelle des américains. Dans ce pays, les différentes disciplines sont liées, ce qui n’est pas le cas en France où l’on a trop volontiers tendance à coller une étiquette aux gens. Si on se présente en disant que l’on sait chanter, danser et jouer la comédie, immanquablement on va nous répondre que l’on est forcément moins bon dans un de ces domaines… Pour dire la vérité, si l’on veut devenir danseur, il faut compter 8 heures de pratique par jour : difficile d’y ajouter des heures en supplément pour faire du chant et jouer. Mais bon, regardez Gene Kelly, il savait tout faire et c’est vers cette diversité des talents réunis en une seule personne qu’il faut tendre.
Votre parcours débute donc par la danse.
J’ai commencé la danse à 5 ans, en classique, ce qui ne me passionnait pas. Je n’étais sans doute pas assez assidue. Vers 13 ans, ma découverte du modern jazz a tout changé. Comme cela se rapproche du music hall, je me suis vite trouvée dans mon élément ! J’ai été bercée par Maritie et Gilbert Carpentier dans mon enfance : Dalida et ses danseurs, Claude François m’ont fascinée.
Quelle est la genèse du spectacle ?
Tout est parti d’un groupe. La rencontre de la compagnie l’Art Brabulle, en 1999 pour le spectacle : Appelle Achille, il va pas bien, a tout déclenché. Au départ, je remplaçais une comédienne et une amitié est née avec toute cette troupe. On s’amusait beaucoup. Ce désir de faire une comédie musicale était sous-jacent dans le délire que nous partagions tous. En 2001, j’ai accepté d’écrire une comédie musicale pour les dix membres de la compagnie. Petit détail, aucun d’entre eux ne chantait ni ne dansait… Il a donc fallu tout leur apprendre. Les cours de chant ont commencé en 2002. Nous avons énormément travaillé, certains se sont découragés devant l’exigence que représente le travail pour une comédie musicale et je peux être une véritable despote ! Nous nous sommes retrouvés à neuf. A l’époque, j’avais un rôle dans le spectacle. Grâce au Théâtre de la Jonquière, dans lequel nous étions en quelque sorte en résidence, nous avons pu monter le spectacle durant la première quinzaine de janvier 2003. Ces représentations avaient pour but de trouver un producteur, mais les gens du métier ne se sont pas déplacés. Ensuite, nous avons eu la chance au mois de mars que l’on nous prête le Théâtre du Gymnase où nous avons fait une énorme représentation vue par les professionnels. Un grand moment pour nous tous, mais pas de producteurs, malgré une seconde représentation aux retours toujours très positifs. En novembre, Marie Fabry de l’Essaïon m’a proposé de jouer le spectacle. A l’époque, des soucis avec le groupe d’origine nous ont empêchés d’y aller. Cela faisait plus de deux ans que nous nous battions pour ce spectacle, certains étaient fatigués, avaient perdu la motivation. J’en parle d’ailleurs dans le spectacle. J’étais moi aussi épuisée. Marie m’a relancée, notamment en avril dernier et j’ai accepté à condition de réécrire, de m’enlever de la scène, de tout resserrer. Même si j’aime jouer, me retrouver dans la peau du metteur en scène m’a beaucoup plu puisque j’ai pu vraiment coacher les comédiens et mettre en avant leurs performances. Entre temps, j’ai rencontré d’autres groupes, je joue en ce moment dans la pièce Les laskards du show biz. Aujourd’hui me voilà donc metteur en scène sur un spectacle, comédienne dans un autre, cela me convient parfaitement !
D’où est venue l’idée du spectacle ?
L’idée d’une ballade dans le temps, déjà abordée dans Le voyage, me plaisait bien. Lorsque je vais au spectacle, j’aime en avoir plein les yeux. Je souhaitais donc des changements de costumes et d’époque dans mon spectacle. Dans le même temps, je suis très sensible à la veine comique, je suis donc partie dans cette direction. Tout cela mélangé m’a amené à créer cette compagnie qui rame pour y arriver. Tout ce qui a nourri le spectacle ressort d’expériences que nous avons tous, au sein de la troupe, vécues à un moment ou un autre. De l’animation à Romorantin aux histoires de couples ! Sur le spectacle précédent : Appelle Achille…, nous avons eu les mêmes déboires avec un producteur arnaqueur qui est presque parvenu à faire exploser la troupe. Par ailleurs, la compagnie est composée de personnalités loufoques, je m’en suis bien entendu servi…
Parlez nous de votre co-auteur…
Michael Chaize m’a aidée pour structurer le spectacle, composé de sketches. Quand j’ai écrit les paroles des chansons, il fut mon premier lecteur. En fonction de ses réactions, on recadrait, il apportait également son humour, sa touche personnelle. Pour la réécriture, j’ai davantage travaillé seule. Différents tableaux ont été complétés pour l’Essaïon. Michael mettait la touche finale aux sketches. En revanche, je suis l’auteur des chansons, de A à Z. Emmanuel Touchard, le compositeur, a beaucoup travaillé sur des spectacles musicaux pour enfants. Il a fait un énorme effort puisque je lui ai demandé des choses difficiles : écrire une musique sur la préhistoire, ou sur Louis XIV avec à chaque fois une originalité. Pour le tableau Michel, inspiré un peu de Sardou, il devait composer « à la manière de », en évitant la parodie facile. Cela doit évoquer sans imiter. Ses musiques collent parfaitement à mes textes. Je suis heureuse d’avoir été entourée par ces deux garçons. Arnaud Schmidt m’a assistée pour la mise en scène. Il jouait lors de la création, mais des engagements professionnels l’ont empêché de poursuivre sur scène. Nous avons donc continué à travailler ensemble sur la mise en scène.
Comment se passent les choses aujourd’hui ?
L’équipe est ravie, la salle est pleine chaque soir grâce au dynamisme du théâtre. Après le showcase, le spectacle prend véritablement son envol. Je salue le tour de force de la troupe : pendant plus d’une heure aucun n’a une seconde de répit… Quatre d’entre eux jouent dans une pièce juste avant, Electrocardiodrame : il faut une belle énergie pour assurer les deux représentations ! Ce spectacle, et les conditions dans lesquelles il se joue correspondent à ce que je rêvais.
Quelle suite aimeriez-vous donner à votre carrière ?
Je souhaite que l’on joue