Love For Sale — Une nuit avec Cole Porter (Critique)

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nuit-cole-porterPar Les Colporteurs
Musique et paroles
de Cole Porter
Sous la direc­tion musi­cale de Mathilde et Vladimir Médail
Mise en scène Ari­ane Raynaud
Choré­gra­phie Emma Scherer
Avec Mathilde, Vladimir Médail, Emma Scher­er et Bri­an Papadimitriou
Design sonore Christophe Césaire
Régie Cloé Bernadet

Un spec­ta­cle présen­té par la com­pag­nie Les Rugissants
Durée 1H15

Cole Porter écrivait des chan­sons comme il vivait sa vie : avec aisance et légèreté, mais aus­si une pro­fonde mélan­col­ie. Dandy mil­lion­naire, génie de la musique et des mots, il a tou­jours vécu dans l’obsession de plaire aux femmes en société, aux hommes en secret et, avant tout, de plaire au public.

Sur scène, une chanteuse, un gui­tariste et deux danseurs vous plon­gent dans la fièvre du Paris des années folles, la folie de Broad­way et la fureur d’Hollywood.

Notre avis :
Au Théâtre de Belleville, la salle est pleine pour applaudir la chanteuse Mathilde et les Colporteurs.
Com­ment retrac­er la vie flam­boy­ante de Cole Porter… mis­sion somme toute impos­si­ble. Mais en choi­sis­sant soigneuse­ment une douzaine de chan­sons, les Col­por­teurs ont don­né à ressen­tir un état d’esprit : celui d’un homme, com­pos­i­teur et paroli­er de tal­ent, dont l’œuvre, gigan­tesque, a mar­qué la pre­mière moitié du XXe et per­dure de nos jours.
C’est accom­pa­g­née du gui­tariste Vladimir Medail, sur une scène nue, que Mathilde entre en scène, avec sa voix lan­goureuse et entame le spec­ta­cle dans une ver­sion intimiste et suave de « Love for a sale » (The New York­ers, 1930). Clin d’œil à ce qui serait l’une des chan­sons préférées de son auteur.
Change­ment de style avec « Be A Clown » (The Pirate, 1948) sur laque­lle Emma Scher­er et Bri­an Papadim­itri­ou, les deux danseurs, font leur entrée, clin d’œil aux Nicholas Broth­ers qui accom­pa­g­naient Gene Kel­ly dans le film musi­cal. Emma et Bri­an accom­pa­g­nent le réc­i­tal avec leurs choré­gra­phies amoureuses.
Parce qu’en effet, l’amour est un thème récur­rent du spec­ta­cle : l’amour de Paris, où Cole Porter vécu, au tra­vers des titres tels que « I Love Paris » et « Paris Loves Lovers », toutes deux extraites de Can-Can (1953), l’amour des femmes (ou des hommes) avec ses espoirs et ses désil­lu­sions, l’amour des fêtes hol­ly­woo­d­i­ennes avec des chan­sons extraites de Born To Dance, 1936 (« You’d Be So Easy to Love » et « I’ve got you under my skin » — reprise par Joséphine Bak­er l’année suiv­ante – « C’est si facile de vous aimer » — ou par Frank Sina­tra en 1966), de Kiss Me Kate, 1948 (« Always true to you in my fash­ion »), ou encore de Any­thing Goes, 1934 (« You’re the top »).
Deux chan­sons emblé­ma­tiques vien­nent enfin clore ce spec­ta­cle musi­cal : « Stereo­phon­ic Sound » issue de la comédie musi­cale éponyme qui, en 1955, sera la dernière créa­tion scénique de Cole Porter et « Any­thing Goes » (1934), à not­er que cette dernière vient d’être réin­ter­prétée le duo for­mé de Lady Gaga et Tony Bennett.
C’est donc un joli moment passé où l’on regret­terait toute­fois quelques tran­si­tions un peu longues au détri­ment de quelques titres sup­plé­men­taires qui seraient les bienvenus.