Musique de Kurt Weill, livret de Bertold Brecht.
Interprété par la troupe du Chameau.
La Troupe du Chameau s’est lancée dans l’ambitieux projet d’interpréter L’Opéra de Quat ‘Sous au format de poche: petite scène du Tambour Royal, un unique piano pour l’accompagnement, des décors réduits au minimum. Mais comme pour compenser ce dépouillement apparent, c’est l’enthousiasme maximum du coté de la troupe. Les textes et les chansons sont bien sûr en francais (rappellons que la version originale créée en 1928 est en allemand). Bref il y a là matière à une bonne surprise.
Si effectivement la soirée s’avère plaisante, tout n’est pas parfaitement en place cependant. L’accompagnement au piano sonne timidement, on l’aimerait plus canaille. Les voix sont peu assurées (hormis Sylvie Do dans le rôle de Lucy), un chef de choeur pourrait aisément améliorer la situation avec un peu de travail: le merveilleux duo de Polly et Lucy dans la prison atteste qu’un beau résultat est à la portée. Enfin une mise en scène plus cynique autour du personnage de Peachum renforcerait encore la cruauté du texte. Du coté des points positifs: le spectacle fonctionne plutôt agréablement. Bien dans sa partie parlée, il comporte quelques réserves sur la partie chantée. C’est déjà beaucoup comparé aux moyens de la troupe. La Polly de la soirée (représentation du 21 mai) tient son rôle avec passion (mais sa voix souffre un peu pendant les chansons). Le Peachum de Ian Fenelon, et les mauvais garçons autour de Mackie montrent une belle présence comique. L’oeuvre, que le grand opéra a tendance à confisquer, est trop rare pour passer à coté. Cette attachante représentation dans un théâtre populaire au format de poche vaut bien de lui consacrer une soirée.