Opéra crée en 1928, musique de Kurt Weill, livret de Bertold Brecht
Direction Musicale : Jean-Marc Spinosi
Mise en scène : Olivier Desbordes, Eric Perez
.Avec : Christophe Lacassagne, Jean-Pierre Descheix, Béatrice Burley, Christine Tooci, Eric Demarteau, Flore Boixel, Agnès Bove.
Voici une approche rafraîchissante de L’Opéra de Quat’sous de Kurt Weill et Bertold Brecht. Le texte est en français et sonne bien. La tonalité du décor est d’un rouge orangé incandescent. Les costumes ont des couleurs pimpantes et parfois électriques, ils ressemblent à ceux portés par les vilains des films Batman ou Dick Tracy. Bref, loin du misérabilisme habituel concédé à ces mendiants et truands, le parti pris est de rajeunir la mise en scène en s’inspirant d’images de cirque (un monsieur loyal, une fosse aux lions) et de cinéma. Dans l’ensemble, les acteurs et chanteurs tiennent bien leur rang dans les scènes dialoguées. Néanmoins, quelques petits réglages apporteraient un supplément de clarté à quelques endroits.
Cette mise en place suffirait déjà à une soirée plaisante. Mais il y a une cerise sur le gâteau : un orchestre aux sonorités canailles qui ne néglige pas la volupté. La direction musicale est splendide et fluide, et sert les chanteurs avec une ironie mordante. Texte et musique s’accordent chaleureusement dans cette grande fresque qui enchaîne les trois actes sans interruption.
Sans disposer des moyens fastueux de l’Opéra de Paris par exemple, la compagnie Opéra Eclaté continue dans sa volonté d’offrir un plus large accès à l’opéra. Avec cette lecture colorée et attachante de l’oeuvre-phare de Kurt Weill et Bertold Brecht, il n’y a pas à hésiter !