Londres — In The Heights (Critique)

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DRMusique et lyrics de Lin-Manuel Miranda
Livret de Quiara Ale­gría Hudes
Mise en scène de Luke Sheppard

Avec David Bedel­la (Kevin), Josie Ben­son (Cami­la), Vic­to­ria Hamil­ton-Bar­ritt (Daniela), Sarah Nau­di (Car­la), Eve Poly­car­pou (Abuela), Lily Fraz­er (Nina), Antoine Mur­ray-Straugh­an (Graf­fi­ti Pete), Joe Aaron Reid (Ben­ny), Cleve Sep­tem­ber (Son­ny), Jade Ewen (Vanes­sa), Sam McK­ay (Usnavi), Jocas­ta Almgill, Court­ney-Mae Brig­gs, Michael Cortez, Gabriela Gar­cia, Reiss Hinds, Alexan­dra Sarmien­to and Spin.

Notre avis : Après un run archi-com­plet il y a presque deux ans au South­wark The­atre, la même équipe artis­tique se réu­nit cette fois de l’autre côté de la Tamise pour nous présen­ter l’une des comédies musi­cales les plus atyp­iques de ces dernières années.
Comme RENT en son temps, In The Heights bous­cule les con­ven­tions et intro­duit des élé­ments jusqu’ici peu vus dans le théâtre musi­cal : rap, sal­sa, hip-hop… toute la cul­ture his­panique de son auteur, Lin-Manuel Miran­da, se ressent dans l’œuvre. Tony Award du meilleur musi­cal en 2008, le spec­ta­cle se jouera plus de mille fois à Broad­way jusqu’en 2011.
L’histoire de déroule à Wash­ing­ton Heights, au nord de Man­hat­tan. Les loy­ers aug­mentent, et les habi­tants du quarti­er lut­tent pour join­dre les deux bouts. Usnavi tient une petite bode­ga, et décou­vre qu’il a ven­du un tick­et de loterie gag­nant (valant 96,000 dol­lars). Tout le monde s’agite à l’annonce de la nouvelle…
Au final, l’intrigue n’est pas le plus impor­tant dans In the Heights ; ce sont les per­son­ages et leurs inter­ac­tions qui définis­sent l’oeuvre.
Sam Mack­ay (Usnavi) n’a rien a voir avec Lin-Manuel Miran­da (créa­teur du rôle), et c’est par­fait ; il ne cherche pas a être ce qu’il n’est pas (en l’occurrence, lati­no) et au con­traire donne une deux­ième vie à ce per­son­nage telle­ment attachant, mais très mar­qué par son inter­prète orig­i­nal. Usnavi a beau être tou­jours de Wash­ing­ton Heights, il a égale­ment un petit air cock­ney par moments qui lui va très bien ! A ses côtés, Jade Ewen (ex-Sug­ababes, un girls band bri­tan­nique) fait une Vanes­sa con­va­in­cante, et rem­place Emma Kingston qui tenait le rôle au South­wark Play­house. Autre addi­tion, Lily Fraz­er est une excel­lente Nina.
Vic­to­ria Hamil­ton-Bar­ritt est encore sur scène pour le moment, mais prob­a­ble­ment plus pour longtemps… Enceinte de six mois, elle con­tin­ue tous les soirs de jouer le rôle de Daniela, la patronne du salon de coif­fure. Après tout, pourquoi pas ? Rien dans l’intrigue ne con­tred­it cela, et au final, le per­son­nage n’en est que plus exubérant ! Son « Car­naval del Bar­rio” est une mer­veille de force et d’émotion !
Et enfin, nous retenons par­ti­c­ulière­ment Sarah Nau­di dans le rôle de Car­la : tout est dans l’attitude, et sa com­plic­ité avec Hamil­ton-Bar­ritt. Avec au final très peu de texte, sa presta­tion est hila­rante et pleine de peps ! D’origine française et mal­taise, elle a écrit et joué dans plusieurs court métrages, et par­le couram­ment français, si jamais vous la croisez après le spectacle !

Côté mise en scène et choré­gra­phie, les grands numéros dan­sés sont tous réglés au quart de tour, avec une quan­tité impres­sion­nante d’artistes sur scène. Ajoutés à une par­ti­tion au punch infati­ga­ble, on obtient un résul­tat d’une effi­cac­ité inébran­lable. En résumé, cour­rez au King’s Cross The­atre, vous ne le regret­terez pas ! Soit, ce n’est pas dans le West End à pro­pre­ment par­ler, mais à env­i­ron cinq min­utes à pied de l’arrivée des trains Eurostar, vous n’avez aucune excuse.
Prof­itez-en pour tester l’un des restau­rants autour de Gra­nary Square (nous vous con­seil­lons Grain Store ou Granger & Co), vous passerez un très bon moment. Et nous vous défions d’arriver à ne pas esquiss­er le moin­dre pas de sal­sa depuis votre siège pen­dant le spec­ta­cle. L’énergie dégagée par la troupe est tout sim­ple­ment incroy­able. ¡No pare sigue, sigue!