Liliane Montevecchi — On The Boulevard back in London

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Liliane Montevecchi ©DR
Lil­iane Mon­tevec­chi ©DR
Par­lez-nous de votre spectacle…
Je pars sur la base de mon act : Back On The Boule­vard, mais en inté­grant les dix ans qui se sont écoulés depuis sa créa­tion. J’ai donc nom­bre de nou­velles his­toires à racon­ter, des anec­dotes qui croustil­lent, des nou­velles chan­sons. Et quelque chose d’in­croy­able, d’i­nouï (à tel point que j’ai du mal à réalis­er que j’ai choisi cette option) : je serai habil­lée… sim­ple­ment ! Je suis très « less is more » actuelle­ment. Il me faut du velours, for­cé­ment, mais avec une forme qui me per­me­tte de pou­voir pos­er mon pied sur le piano en faisant un grand étire­ment si j’en ai envie. Vous com­prenez : avec une robe c’est tout bon­nement impos­si­ble. Donc je pars d’une base ves­ti­men­taire aus­si sobre que pos­si­ble, mais je me con­nais : je vais bien rajouter des fan­fre­luches, des trucs et des machins par-dessus. Je suis mes idées et suis prête à lancer une nou­velle mode d’habits de scène !

Et l’ac­com­pa­g­ne­ment musical ?
Je suis fidèle à mon superbe pianiste anglais : Nathan Mar­tin qui est d’une beauté ren­ver­sante et qui, en plus, chante divine­ment. Un vio­loniste fera égale­ment son appari­tion. Je suis cer­taine que le pub­lic voy­ant un, puis deux musi­ciens, ne pour­ra que penser : « mais elle va être accom­pa­g­née par un orchestre sym­phonique. » Oh well, on peut tou­jours rêver. En tout cas, ce qui est très pra­tique dans ce spec­ta­cle seule, c’est que je peux chang­er comme bon me sem­ble. J’ai ma trame, mais je brode d’une représen­ta­tion à une autre. Autant dire qu’elles sont toutes dif­férentes : je réagis en fonc­tion de ce que me ren­voie le pub­lic, j’adore cette liberté.

Quelles sont les nou­velles his­toires ou chan­sons que vous allez incor­por­er au spectacle ?
L’un des grands sou­venirs de ces dernières années reste le rôle de Mist­inguett que m’a offert Jérôme Savary. Ce ne sont pas les anec­dotes qui man­quent, tant lors de la fab­ri­ca­tion du spec­ta­cle que durant les représen­ta­tions. Toute­fois com­prenez-moi bien : je vais m’employer à faire rire mon audi­toire, mais pas unique­ment. Et j’ai beau­coup de respect pour les gens avec qui j’ai tra­vail­lé, qui m’ont fait con­fi­ance. Je ne suis pas là pour me moquer, ce n’est pas mon style.
« Hel­lo dar­ling ! Mais qu’il est beau, non ? » [NDRL : Lil­iane vient de voir appa­raître sur son écran de télévi­sion Barack Obama].

Et par­mi les chansons ?
Je vais met­tre plus en lumière « I nev­er do any­thing twice » de Sond­heim. En fait, lorsque je pré­parais Fol­lies, la chan­son « Ah, Paree » m’a don­né énor­mé­ment de fil à retor­dre. La présence de Sond­heim me glaçait. Après chaque ten­ta­tive, il me dis­ait : « Lil­iane, vous ne faîtes jamais deux fois la même chose quand vous inter­prétez cette chan­son, ça ne va pas. » Ce à quoi je répondais « Stephen dar­ling, je ne fais jamais deux fois la même chose, c’est un principe » et lui de répon­dre : « dans ce cas, Lil­iane, soyez gen­tille et ne le refaites plus jamais ! », sous-enten­du : ne chantez plus jamais cette chan­son. What a choc. Enfin je m’en suis vite remise. Out­re le fait que j’ac­quiers une sagesse, l’âge me rend plus sage. Enfin from time to time.

Com­ment définiriez-vous le pub­lic de Londres ?
Je l’adore, il est exquis. A chaque fois que je suis venue en Angleterre, soit à Piz­za On The Park ou pour Divorce Me Dar­ling à Chich­ester, j’ai reçu un accueil chaleureux. Des gens sophis­tiqués, atten­tifs, élé­gants. J’e­spère aus­si que des Français vien­dront me voir. Je suis là pen­dant deux semaines, prof­itez-en ! Le seul sou­venir pénible que je con­serve avec Lon­dres remonte à Grand Hotel. Nous jouions le spec­ta­cle au Domin­ion The­atre, pas du tout adap­té à ce musi­cal. Mod­erne, sans âme, ce théâtre a fichu le spec­ta­cle en l’air. Dommage.

Pourquoi ne don­nez-vous pas ce spec­ta­cle en France ?
Je suis heureuse de refaire mon act à Lon­dres, du coup je vais sans doute le repren­dre pour quelques dates à New York au Man­hat­tan Room. Le spec­ta­cle est prin­ci­pale­ment en anglais, il faudrait donc le traduire. Et je ne sais pas si le pub­lic en France serait intéressé… Je me tâte. Enfin, dans le même temps, si on m’en­chaîne au piano à Lon­dres ou à New York parce que ce sera un tri­om­phe tel qu’on refusera de me laiss­er par­tir, je penserai à l’ex­porter vers Paris. C’est vrai que j’aimerais bien refaire quelque chose en France, j’at­tends les propo­si­tions ! Enfin je dis ça, mais je ne suis pas libre avant fin 2010… Enfin, je ne sais pas si vous avez eu l’oc­ca­sion de regarder la céré­monie des Oscars à Hol­ly­wood, mais j’ai été sub­juguée par le numéro mené par Hugh Jack­man, c’é­tait divin et son mes­sage : « the musi­cal is back » me plaît !