L’île du rêve (Critique)

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L_ile_du_reveOpéra de Rey­nal­do Hahn

livret d’An­dré Alexan­dre et Georges Hart­mann d’après Pierre Loti

direc­tion musi­cale Julien Mas­mon­det

mise en scène Olivi­er Dhénin

avec: Mar­i­on Tas­sou, Enguer­rand de Hys, Eléonore Pan­crazi, Safir Behloul, Ronan Debois et l’Ensem­ble vocal Dyon­isos

Résumé: En 1872, Julien Viaud fait escale sur l’île de Tahi­ti, à la recherche d’une descen­dance de Gus­tave, ce frère aîné trop tôt dis­paru. Il y décou­vre un nou­v­el Éden, retrou­vant alors ces pre­miers temps du monde où l’amour n’est qu’extase lan­goureuse. On le bap­tise du nom de Loti comme son frère fut appelé Rouéri. Il devient l’amant de la jeune Mahenu. Mais l’Éden ne peut être éter­nel, la sépa­ra­tion se doit d’avoir lieu et Loti de repar­tir.

Notre avis: Rey­nal­do Hahn avait seule­ment 17 ans quand il a com­posé L’Ile du rêve. Cette pre­mière œuvre manque un peu de relief, mais a le charme de la jeunesse et on a plaisir à la décou­vrir. Ni le livret adap­té du roman de Pierre Loti Le Mariage de Loti, ni la musique grande­ment inspirée par celle de son pro­fesseur Jules Massenet ne lais­sent de sou­venirs impériss­ables, et ce sont surtout les presta­tions vocales des artistes sur scène qui don­nent de l’intérêt au spec­ta­cle. Eléonore Pan­crazi dans le dou­ble rôle de Téria et d’Oréna et Mar­i­on Tas­sou dans celui de Mahénu sont excel­lentes tant sur le plan scénique que sur le plan musi­cal, leurs voix chaleureuses don­nent beau­coup de con­sis­tances à leurs per­son­nages. Enguer­rand de Hys inter­prète avec douceur et sincérité le rôle de Loti. Le chœur est très homogène et les chants tra­di­tion­nels polynésiens sont par­ti­c­ulière­ment réus­sis.

La mise en scène sim­ple et effi­cace s’attache à créer une atmo­sphère onirique. Dans un décor sobre et esthéti­sant, jouant avec des pan­neaux mobiles et des pro­jec­tions, les gestes sont sou­vent lents et pré­cis. Pour les cos­tumes, de longues robes noires font office de tenue tra­di­tion­nelle, ce qui passerait sans prob­lème si ces polynésiens n’étaient pas affublés de chaus­sures vernies en sim­ili cuir jurant avec le reste. L’orchestre dirigé par Julien Mas­mon­det est dynamique et équili­bré même s’il accuse par moments quelques prob­lèmes de justesse.