Les Nouvelles Métamorphoses (Critique)

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Les Nouvelles Métamorphoses
© Jean Combier

Dans le cadre du fes­ti­val la Tour Pas­sagère 2016 (Lyon)

MUSICIENS : Stéphanie Varner­in (sopra­no), Romain Bock­ler (bary­ton), François Cos­ta (vio­lon), Mar­i­on Hély (tra­ver­so), Nol­wenn Le Guern (vio­le de gambe), Franck-Emmanuel Comte (clavecin)
COMÉDIENS : Franck Pitiot, Jacques Chambon

Les Méta­mor­phoses d’Ovide sont une source inépuis­able d’inspiration pour les artistes baro­ques : de Mon­tever­di à Glück, ils se sont inspirés de l’oeuvre du poète latin dans la com­po­si­tion de leurs opéras et de leurs can­tates. Avec des sketch­es de Jacques Cham­bon intro­duisant chaque moment musi­cal, redé­cou­vrez trois grands mythes de la lit­téra­ture antique. Entre humour et poésie musi­cale, ce con­cert théâ­tral­isé sera l’occasion de mari­er les mélo­manes aver­tis avec les fans de Kaamelott…

Notre avis :

Les Nou­velles Méta­mor­phoses est un des pre­miers spec­ta­cles lançant la deux­ième édi­tion du fes­ti­val La Tour Pas­sagère à Lyon. Cette œuvre est représen­ta­tive de l’é­tat d’e­sprit du fes­ti­val créé en 2015, faisant fi des fron­tières sup­posées entre dif­férentes dis­ci­plines artistiques.

Le spec­ta­cle Les Nou­velles Méta­mor­phoses s’in­spire des textes d’O­vide. Des extraits de l’Orphée de Rameau, d’Apolle e Dafne d’Haen­del et d’Enée et Didon (André Cam­pra) sont joués et chan­tés par des artistes du Con­cert de l’Hos­tel Dieu. Ces his­toires d’amour trag­iques sont judi­cieuse­ment présen­tées avec humour par les comé­di­ens Jacques Cham­bon et Franck Pitiot. Les deux com­plices (cf. Kaamelott entre autres) inter­prè­tent un vig­ile et un éclairag­iste assis­tant à la répéti­tion d’un spec­ta­cle et échangeant leurs points de vue sur le baroque, la mytholo­gie, les œuvres jouées… Ces sketch­es per­me­t­tent de don­ner un ton plus léger à ce con­cert théâ­tral­isé. Les musi­ciens et chanteurs eux-mêmes pren­nent un plaisir non dis­simulé à écouter les inter­ven­tions décalées des comé­di­ens. On aura d’ailleurs prob­a­ble­ment rarement vu un orchestre baroque ayant aus­si sou­vent le sourire voire le rire aux lèvres !

Les séquences humoris­tiques n’in­ter­vi­en­nent heureuse­ment pas au détri­ment des can­tates qui sont jouées avec ent­hou­si­asme par le Con­cert de l’Hos­tel Dieu dirigé par Franck Emmanuel Comte (clavecin). La sopra­no Stéphanie Varner­in et le bary­ton Romain Bock­ler for­ment des duos har­monieux dans chaque œuvre présen­tée. Le théâtre élis­abéthain instal­lé pro­vi­soire­ment à Lyon dans le cadre du fes­ti­val con­stitue quant à lui tou­jours un mer­veilleux cadre pour accueil­lir ce type de représentations.