Les Musicals, Premières Rencontres du Théâtre Musical — Premier festival de théâtre musical français

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Les Musicals ©Alfrédo Lopez
Les Musi­cals ©Alfré­do Lopez

Quel est votre parcours ?
Mon pre­mier con­tact artis­tique, je l’ai eu à l’âge de cinq ans : je voulais faire du cirque. Il a fal­lu que j’at­tende deux ans avant d’en­tr­er dans l’é­cole d’An­nie Fratelli­ni. Elle m’a pris sous son aile durant les trois années d’en­seigne­ment. Le mime me plai­sait par­ti­c­ulière­ment. A l’is­sue de la sco­lar­ité, nous avons fait un petit feuil­leton : Matthieu, appren­ti clown. J’ai enchaîné avec une audi­tion pour la Comédie Française. J’ai joué Médée d’Euripi­de dans la cour du Palais des Papes en Avi­gnon en 1981. J’en garde un sou­venir ému puisque François Mit­ter­rand était venu nous voir. Sou­venir de France, tou­jours au sein du Français, m’a per­mis de jouer dans divers théâtres. Je devais être le fils de Miou-Miou dans un film, mais la pro­duc­tion a capoté. A l’ado­les­cence, ma péri­ode « comé­di­en » s’est ter­minée puisque j’ai fait une école de com­merce, dans laque­lle je me sen­tais comme un extra-ter­restre. A peine sor­ti, à 21 ans, j’ai réal­isé mon rêve le plus fou : faire le tour du monde. Trois semaines avant mon départ je me suis entouré d’un pho­tographe de l’a­gence Gam­ma et d’un jour­nal­iste-réal­isa­teur de France 3, en me fix­ant pour objec­tif de dénich­er les col­lec­tion­neurs les plus fous aux qua­tre coins de la planète. Nous avons tra­ver­sé en voiture 48 pays en 2 ans : un record qui fig­ure dans le Guin­ness ! De nom­breuses pho­tos de ce périple ont été pub­liées, autour d’ar­ti­cles parus dans la presse. Jean-Marie Cava­da nous a même pro­posé de tir­er un doc­u­men­taire de cette aven­ture, qui fut dif­fusé dans « La Marche du Siècle ».

J’ai du rede­venir sérieux : me voilà con­sul­tant en com­mu­ni­ca­tion, un méti­er que j’ai exer­cé quelques années. En 1999, j’ai pro­duit et dis­tribué le film Swamp qui reste le plus petit bud­get du ciné­ma européen : 10 000 euros ! Le long-métrage est sor­ti face à Star Wars, un chal­lenger qui a beau­coup amusé la presse. Du coup, Canal + et TPS l’ont acheté : cet argent a per­mis de pay­er les 78 per­son­nes de l’équipe qui avaient toutes tra­vail­lé en par­tic­i­pa­tion. Par la suite, j’ai eu l’op­por­tu­nité de diriger un cab­i­net de con­sul­tants, une préoc­cu­pa­tion éloignée du cirque de mon enfance… Cela m’a per­mis d’a­cheter ma mai­son. Ensuite, j’ai croisé Ned Gru­jic, met­teur en scène d’Oliv­er Twist à l’époque comédie musi­cale inter­prétée piano/voix dans laque­lle jouait Mag­a­li Dieux, ma com­pagne. J’ai sen­ti le poten­tiel du spec­ta­cle et nous avons vu plus grand. 15 000 spec­ta­teurs sont venus durant les deux mois et demi de représen­ta­tion au Tri­anon. Les moyens ne nous ont pas per­mis d’avoir des musi­ciens sur scène, mais un orchestre a enreg­istré sur bande la par­ti­tion écrite par Thérèse Wern­ert et arrangée par Gilles Tinayre. A la suite de cela, j’ai pas mal réfléchi. Ce qui me plairait le plus serait de mon­ter un fes­ti­val où le genre que je préfère le plus au monde, la comédie musi­cale, puisse être stim­ulé. Cela donne donc les pre­mières ren­con­tres du théâtre musi­cal, du 20 au 23 jan­vi­er 2005 à Béziers.

Pourquoi un fes­ti­val autour de la comédie musicale ?
C’est un genre que j’adore. Bizarrement, je ne m’y suis intéressé pro­fes­sion­nelle­ment que très tard. Ado­les­cent, j’é­coutais en boucle La révo­lu­tion française. La comédie musi­cale me fait vivre des émo­tions beau­coup plus intens­es que n’im­porte quelle forme artis­tique. J’ai égale­ment le sen­ti­ment que la pro­fes­sion ne prof­ite pas des pos­si­bil­ités inouïes du genre, sous exploitées et sous val­orisées. Les tal­ents exis­tent, mais ils sont éclatés, rien ne les fédère. Aucune struc­ture ni vit­rine n’ex­is­tent. A ce titre, je pense qu’un fes­ti­val est le moyen le plus rapi­de et le plus sûr d’ac­com­pa­g­n­er un développe­ment de pro­jets, atten­dus par des mil­lions de spec­ta­teurs poten­tiels qui aiment la comédie musi­cale. Enfin, peut-être est-ce ma moti­va­tion prin­ci­pale, je suis con­va­in­cu que nous sommes à l’aube d’une révo­lu­tion dans le domaine de l’écri­t­ure de la comédie musi­cale. Aujour­d’hui, elles sont diver­tis­santes, par­fois un peu sages, demain une mul­ti­tude de formes musi­cales, de formes d’écri­t­ures et de pro­duc­tion seront util­isées. Il manque le catal­y­seur pour que tout explose !

Com­ment fonc­tionne le festival ?
Il repose sur deux axes. Tout d’abord des ren­con­tres inter­pro­fes­sion­nelles, et ensuite professionnelles/public. Un lieu d’échange avec en par­al­lèle une com­péti­tion. Sur trois jours, mon but est que les pro­fes­sion­nels se ren­con­trent, se par­lent et repar­tent avec des pro­jets. Der­rière tout cela, l’en­vie de fédér­er per­siste, de manière à ce que d’autres choses se créent, sans pour autant que j’en sois le maître d’ou­vrage. D’autre part, le pub­lic pour­ra décou­vrir entre 10 et 15 des plus belles créa­tions du moment, avec par­mi ces spec­ta­cles des oeu­vres des­tinées au jeune pub­lic. Autour de cela, un cer­tain nom­bre de débats, de ren­con­tres seront organ­isés pour stim­uler la créa­tion française.

Est-ce que les ama­teurs peu­vent participer ?
Toute per­son­ne qui con­tribue au développe­ment de la comédie musi­cale est la bien­v­enue à ce fes­ti­val. Le con­cours est ouvert à tous. Pour canalis­er un peu les envies, trois dis­po­si­tions majeures sont mis­es en place. Tout d’abord une sélec­tion offi­cielle : j’in­vite toute per­son­ne auteur, com­pos­i­teur ou pro­duc­teur d’une comédie musi­cale à se man­i­fester. En sec­onde posi­tion vien­nent les prix. Deux prin­ci­paux : le prix SACD va hon­or­er un livret par­mi 10 sélec­tion­nés. Tous les auteurs sont donc invités à con­courir. Le prix Claude-Michel Schön­berg récom­pensera la meilleure chan­son de comédie musi­cale sélec­tion­née par le maître en per­son­ne. Toute per­son­ne auteur d’une comédie musi­cale est donc con­viée à nous envoy­er ses chansons.

Quels sont les critères de sélection ?
On va ten­ter de mon­tr­er toutes les pos­si­bil­ités qu’of­fre le théâtre musi­cal : aucun style n’est priv­ilégié. Les spec­ta­cles présen­tés au pub­lic seront choi­sis par­mi les deux dernières saisons. Une sélec­tion de pro­jets « en devenir » per­me­t­tra de pro­pos­er, en pre­mière par­tie des spec­ta­cles « offi­ciels » des extraits d’oeu­vres encore en écri­t­ure, sous forme de show­case. Le critère numéro un reste la qualité.

Et le jury ?
Il sera com­posé de cinq per­son­nal­ités, pas toutes issues du théâtre musi­cal, car l’un des buts est égale­ment de faire des ponts avec le ciné­ma et la télévi­sion. Cette pre­mière année, l’écri­t­ure sera mise en avant. Il est clair que des livrets écrits pour le théâtre peu­vent s’adapter au ciné­ma, voire même à la télévi­sion, ce qui serait une pre­mière en France ! Pour moi, la prési­dence reve­nait à Claude-Michel Schön­berg. Il sera aux Etats-Unis en jan­vi­er 2005, mais a accep­té de par­rain­er et de pren­dre la prési­dence d’hon­neur de ce fes­ti­val et de don­ner son nom à un prix qu’il remet­tra depuis Min­neapo­lis, en direct.

Béziers deviendrait donc LA ville du théâtre musical ?
Béziers met à notre dis­po­si­tion toute une infra­struc­ture théâ­trale impor­tante, la ville est ent­hou­si­as­mée par le pro­jet. Durant trois jours, les pro­fes­sion­nels ont la pos­si­bil­ité de se ren­con­tr­er, sans par­ler des nom­breux pro­gram­ma­teurs qui seront présents, leur car­net de com­man­des à la main ! Béziers doit égale­ment être un marché. Ce fes­ti­val, je l’e­spère, se péren­nis­era en s’ou­vrant sur l’Eu­rope puis vers l’in­ter­na­tion­al. Dès la sec­onde édi­tion du fes­ti­val, j’aimerais que des grands clas­siques du théâtre musi­cal soient mon­tés. Je rêve des Mis­érables ou de Miss Saigon dans des ver­sions adap­tées, une manière pour que les gens décou­vrent ces oeu­vres incon­tourn­ables et sources d’inspiration.

En pra­tique, com­ment participer ?
En tant que délégué général des Musi­cals, Pre­mières Ren­con­tres du Théâtre Musi­cal, j’in­vite tout por­teur de pro­jet et toute com­pag­nie et tout pro­duc­teur à s’in­scrire (voir coor­don­nées ci-dessous) pour faire par­tie de la sélec­tion officielle.

Liste des prix :
— Le prix Claude-Michel Schön­berg : prix de la meilleure chan­son de comédie musi­cale française.
— Le prix SACD du meilleur livret
— Le prix de la meilleure musique
— Le prix du meilleur spec­ta­cle de théâtre musical
— Le prix jeune public
— Les prix d’in­ter­pré­ta­tion mas­cu­line et féminine
— Le prix décou­verte (issu des lec­tures ou des show cases)
— Le prix du public
— Le prix décerné par les professionnels.

Quelques pré­ci­sions pour par­ticiper aux dif­férents concours :
— Tous les prix sont attribués aux spec­ta­cles sélec­tion­nés, à l’ex­cep­tion cepen­dant du Prix Claude-Michel Schön­berg-Prix de la meilleure chan­son de comédie musi­cale. Ce prix est ouvert à toute chan­son, pourvue qu’elle soit issue d’une oeu­vre com­plète. Les pré­ten­dants à ce prix (auteurs et com­pos­i­teurs) doivent faire par­venir aux MUSICALS (c/o Magloo Pro­duc­tions 14 rue Cavé 75018 Paris) un CD com­por­tant une à trois chan­sons max­i­mum par oeu­vre, accom­pa­g­né des textes des chan­sons et de l’oeu­vre com­plète (de manière à jus­ti­fi­er que ces chan­sons appar­ti­en­nent bien à une oeu­vre exis­tante, du moins écrite en entier).

- le prix SACD-LES MUSICALS récom­pensera un livret écrit pour une comédie musi­cale. Les livrets (à faire par­venir en trois exem­plaires dont deux anonymes avec un titre, une note d’in­ten­tion) sont à envoy­er avant le 30 octo­bre 2004. Les libret­tistes retenus seront invités à présen­ter leur oeu­vre plus en détail à un jury. Un piano sera mis à dis­po­si­tion des auteurs qui désirent illus­tr­er en direct leur livret (max­i­mum un pianiste et deux inter­prètes par livret). Dix livrets seront retenus pour faire l’ob­jet de lec­tures lors des 1ères Ren­con­tres du théâtre musi­cal. Un livret recevra le prix SACD/LES MUSICALS. Ren­seigne­ments com­plé­men­taires sur le site www.sacd.fr

Pour accéder au festival :
Deux manières d’ac­céder au fes­ti­val : soit en tant que pro­fes­sion­nel (pro­gram­ma­teurs, pro­duc­teurs, auteurs, inter­prètes, etc..). Une demande d’ac­crédi­ta­tion pour­ra être faite en ce sens. Soit en tant que spec­ta­teur. Des pass seront disponibles dans les bil­let­ter­ies habituelles (fnac, vir­gin, etc.)

Rap­pel des coor­don­nées pour l’en­voi des oeu­vres, pro­jets et demande d’accréditation :
LES MUSICALS
14, rue Cavé 75018 Paris,
Con­tact : info@lesmusicals.org