Accueil Critique Les contes de la rue Broca — La sorcière du placard aux balais

Les contes de la rue Broca — La sorcière du placard aux balais

0

De Pierre Gri­pari, avec Del­phine le Moine ou Faus­tine Tour­nan, Marie Isser­mann ou Ade­line Chag­neau, Alex­is Mon­ceaux ou Sébastien Cor­reia Da Sil­va, Philippe Delau­nay ou François Pâtissier, mise en scène de Guy Grim­berg, créa­tion décors et cos­tumes de Guy Grim­berg, musique de Mar­tine Nou­v­el (paroles), Guy Grim­berg (musique) , Serge Léonar­di (arrange­ments), pro­duit par la Com­pag­nie C’est pour de rire.

Pierre Gri­pari est sans con­teste l’un des auteurs cultes de la lit­téra­ture enfan­tine et il n’est pas rare de retrou­ver ses per­son­nages sur scène. La com­pag­nie C’est pour de rire a décidé, pour sa part, de pro­pos­er un dip­tyque de l’au­teur. On assiste donc à deux spec­ta­cles dis­tincts : d’abord, L’in­specteur Toutou, l’u­nique pièce de l’au­teur, puis l’un des fameux Con­tes de la rue Bro­ca : La sor­cière du plac­ard à bal­ais.

Alors que la com­mu­ni­ca­tion autour du spec­ta­cle met exlu­sive­ment en avant la Sor­cière, la pre­mière pièce est indu­bitable­ment la plus aboutie. L’in­specteur Toutou, aidé du miroir mag­ique de la belle-mère de Blanche-Neige, aide plusieurs clients célèbres et per­turbe les con­tes tra­di­tion­nels de notre enfance : ain­si, Blanche-Neige, en ne mangeant pas la pomme, se retrou­ve femme de ménage éter­nelle chez les 7 nains ou encore le Prince char­mant, ayant mal for­mulé sa demande, se trompe de mai­son et épouse la grand-mère du Chap­er­on rouge. Cette comédie-enquête spé­ci­fique­ment écrite pour les enfants ent­hou­si­asme petits et grands, même s’il faut pos­séder préal­able­ment la cul­ture des con­tes pour pou­voir com­pren­dre les par­o­dies. Drôle, ryth­mé et orig­i­nal, L’in­specteur Toutou est donc une bonne sur­prise et per­met de décou­vrir une oeu­vre mécon­nue de Gripari.

On com­prend moins bien le traite­ment réservé au sec­ond spec­ta­cle, qui ne dure qu’une ving­taine de min­utes et paraît quelque peu bâclé. L’adap­ta­tion théâ­trale du texte fait dis­paraître la sub­stance du texte orig­inel. L’ac­tion est min­i­mal­iste et qua­si­ment réduite à la chan­son récur­rente de Bachir. Et, si le traite­ment « boule­vard » du pre­mier spec­ta­cle s’adap­tait par­faite­ment à l’en­quête de l’in­specteur Toutou, la scéno­gra­phie un peu pau­vre et la mise en scène con­v­enue gom­ment la fan­taisie du con­te. Cepen­dant, pour être hon­nête, les appari­tions de la sor­cière font mouche auprès des jeunes spec­ta­teurs qui réagis­sent avec ent­hou­si­asme ou crainte, selon leur âge. Alors, même si les adultes regret­teront l’iné­gal­ité de traite­ment des deux pièces, ce dip­tyque con­stitue une bonne pre­mière approche de l’u­nivers de Gri­pari, avant de se rep­longer dans ses livres.